Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
Cheykh ‘Abdallah Ibn ‘Abdellatîf Âl Cheykh dit dans Dourar As-Saniyya 10/429 :
[من لم يكفر الذين يحكمون بغير ما أنزل الله] وسئل الشيخ عبد الله بن عبد اللطيف، عمن لم يكفر الدولة، ومن جرهم على المسلمين، واختار ولايتهم وأنه يلزمهم الجهاد معه; والآخر لا يرى ذلك كله، بل الدولة ومن جرهم بغاة، ولا يحل منهم إلا ما يحل من البغاة، وأن ما يغنم من الأعراب حرام؟
فأجاب: من لم يعرف كفر الدولة، ولم يفرق بينهم وبين البغاة من المسلمين، لم يعرف معنى لا إله إلا الله، ؛ فإن اعتقد مع ذلك: أن الدولة مسلمون، فهو أشد وأعظم، وهذا هو الشك في كفر من كفر بالله، وأشرك به; ومن جرهم وأعانهم على المسلمين، بأي إعانة، فهي ردة صريحة.
« [Celui qui n’expulse pas de l’Islam ceux qui ne jugent pas d’après la Loi d’Allah ] Le Cheykh ‘Abdallah Ibn ‘Abdellatîf a été interrogé concernant celui qui ne bannis pas l’état (ottoman) de l’Islam ; les aide contre les musulman ; et choisi de leur faire allégeance et s’engage à combattre avec eux ? Et un autre qui ne dit rien de tout cela, mais qui au contraire considère cet état et ceux qui les aident comme étant des musulmans rebelles ; et ne permet d’agir envers eux que ce qu’il est permis de faire avec les musulmans rebelles ; et que tout butin pris aux arabes est illicite ?
Il répondit : Celui qui ne connait pas la mécréance de cet état, et ne fait pas de différence entre cet état et les musulmans rebelles : il ne sait pas ce que signifie « Il n’y a de vrai dieu qu’Allah ». Et si en plus de ça, il pense que c’est un état musulman, c’est encore pire et plus grave ! Cela revient à douter de la mécréance de celui qui mécroit en Allah et Lui donne un associé. Quant à celui qui les aide contre les musulmans ; quelque soit cette aide ; c’est une apostasie évidente ! »
Cette Fatwâ a été prononcé concernant ceux qui jugent le gouvernement Ottoman musulman, malgré que celui-ci jugeait d’après des lois chrétiennes et athées, et des constitutions impies ; nous en avons eu un certain aperçu dans les citations du Cheykh ‘Abdellatîf Âl Cheykh et Soulaymân Ibn Sahmân ; comme l’égalité et la fraternité nationale sans distinction entre les différentes tendances religieuses ; la permission de ce qu’Allah a interdit et l’interdiction de ce qu’Allah a permis, l’abolition de la Chari’a. Et toutes ces choses, sans exception ; se retrouvent dans les constitutions des pays arabes aujourd’hui ; en particulier le Maghreb comme le Maroc, l’Algérie, la Tunisie ; la Lybie ; l’Égypte ; la Jordanie, la Syrie etc.
Celui qui connait les systèmes de gouvernement de ces pays ; et ce que stipulent leurs constitutions ; puis après cela doute ou hésite à savoir s’ils sont encore musulmans ou non ; il est un mécréant comme eux, à l’unanimité des gens de la Qibla.
Ceci car ; ces gouvernements s’érigent ouvertement à l’égalité d’Allah ; et s’attribuent les fonctions du Seigneur ; ils se décrivent comme Allah, s’octroient les même pouvoirs que Lui dans la Législation et l’Obéissance. Celui qui les considère musulmans monothéistes ; c’est qu’il ne pense pas qu’Allah est Le Seul à pouvoir remplir ces fonctions ; ou alors il le pense mais il considère que le faire en dehors de Lui n’est pas du polythéisme : il ne sait donc pas faire la différence entre l’Islam et le Chirk.
Abou Al Housseyn Mouhammad Ibn Ahmad Al ‘Asqalânî [décédé en 377 de l’hégire] a dit dans son livre « At-Tanbîh wa Ar-Radd » page 40 :
معتزلة بغداد و البصرة و جميع أهل القبلة لا اختلاف بينهم أن من شك في كافر فهو كافر لأن الشاك في الكفر لاإيمان له لأنه لا يعرف كفرا من إيمانفليس بين الأمة كلهاالمعتزلة ومن دونهم خلاف أن الشاك في الكافر كافر
« Il n’y a pas de divergence entre les Moutazilites de Bagdad et de Basra, et de toutes les tendances musulmanes de Ahl Al Qibla ; que quiconque doute de la mécréance d’un mécréant est un mécréant. Car celui qui doute sur la mécréance n’a pas de Foi vu qu’il ne sait pas reconnaitre la mécréance de la Foi ; il n’y a donc pas de divergence entre tous les gens de la Qibla ; les Moutazilites comme les autres ; que celui qui doute de la mécréance du mécréant est un mécréant. »
Et Cheykh Al Islâm Ibn Taymiya confirma ce principe ; et l’expliqua lorsqu’il parla de la secte d’Ibn ‘Arabî dans Majmoû‘ Al Fatâwâ 2/368 :
فَهَؤُلَاءِ كُفْرُهُمْ شَرٌّ مِنْ كُفْرِ النَّصَارَى الَّذِينَ قَالُوا : إنَّ اللَّهَ هُوَ الْمَسِيحُ ابْنُ مَرْيَمَ . وَأَمَّا الْأَوَّلُونَ : فَيَقُولُونَ بِالْإِطْلَاقِ . وَيَقُولُونَ : النَّصَارَى إنَّمَا كَفَرُوا بِالتَّخْصِيصِ . وَأَقْوَالُ هَؤُلَاءِ شَرٌّ مِنْ أَقْوَالِ النَّصَارَى وَفِيهَا مِنْ التَّنَاقُضِ مِنْ جِنْسِ مَا فِي أَقْوَالِ النَّصَارَى ؛ وَلِهَذَا يَقُولُونَ بِالْحُلُولِ تَارَةً وَبِالِاتِّحَادِ أُخْرَى وَبِالْوَحْدَةِ تَارَةً فَإِنَّهُ مَذْهَبٌ مُتَنَاقِضٌ فِي نَفْسِهِ ؛ وَلِهَذَا يَلْبِسُونَ عَلَى مَنْ لَمْ يَفْهَمْهُ . فَهَذَا كُلُّهُ كُفْرٌ بَاطِنًا وَظَاهِرًا بِإِجْمَاعِ كُلِّ مُسْلِمٍ وَمَنْ شَكَّ فِي كُفْرِ هَؤُلَاءِ بَعْدَ مَعْرِفَةِ قَوْلِهِمْ وَمَعْرِفَةِ دِينِ الْإِسْلَامِ فَهُوَ كَافِرٌ كَمَنْ يَشُكُّ فِي كُفْرِ الْيَهُودِ وَالنَّصَارَى وَالْمُشْرِكِينَ .
« Ceux-là ; leur mécréance est plus mauvaise que celle des chrétiens qui disent qu’Allah est le fils de Marie. Quant au premier [la secte d’Ibn ‘Arabî] ils ne font aucune restrictions : ils disent que les chrétiens sont mécréant à cause qu’ils ont spécifié cela [à Jésus]. Les doctrines de ces gens là sont pires que les doctrines des chrétiens ; et ils s’y trouve les mêmes genres de contradiction que celles des doctrines chrétiennes. C’est pour ça qu’il disent [qu’Allah] est incarné ou qu’Il ne fait qu’un [avec la création] ou qu’Il est le seul qui existe ; c’est une doctrine complètement contradictoire en soit, et c’est pour ça que leur aspect réel échappe à ceux qui ne les comprennent pas. Et tout ceci est une mécréance intérieure et extérieure à l’unanimité de tous les individus musulmans ; et celui qui doute de la mécréance de ces gens là après avoir pris connaissance de ce qu’ils disent ; et d’avoir pris connaissance de la religion de l’Islam ; c’est un mécréant au même titre que celui qui doute de la mécréance des juifs, des chrétiens et des polythéistes… »
Ibn Taymiya ici juge mécréant celui qui doute de la mécréance des juifs, des chrétiens, des polythéistes et de la secte d’Ibn ‘Arabî à une seule condition : Avoir pris connaissance de leur véritable doctrine. Cela veut dire que : Celui qui sait que la tendance d’Ibn ‘Arabî est de dire qu’Allah est incarné en toute chose, ou encore que toute chose et Allah ne font qu’un, ou encore que seul Allah existe ; puis après cela hésite à dire qu’ils ne sont pas musulman : c’est un mécréant.
Puis il dit que ceci est valable pour celui qui doute de la mécréance des juifs, des chrétiens et des polythéistes. Or ; le polythéiste est : Celui qui donne un égal à Allah. Quiconque sait qu’un homme donne un égal à Allah ; puis après hésite à dire qu’il n’est pas musulman : c’est un mécréant car il ne sait pas faire la différence entre un musulman et un polythéiste.
Et Ibn Taymiya confirma également que le fait d’exclure de l’Islam celui qui donne un associé à Allah est le fondement de la religion de tous les prophètes envoyé par Allah ; il dit dans Majmoû‘ Al Fatâwâ 2/256 :
وَذَلِكَ أَنَّهُ عُلِمَ بِالِاضْطِرَارِ : أَنَّ الرُّسُلَ كَانُوا يَجْعَلُونَ مَا عَبَدَهُ الْمُشْرِكُونَ غَيْرَ اللَّهِ ؛ وَيَجْعَلُونَ عَابِدَهُ عَابِدًا لِغَيْرِ اللَّهِ مُشْرِكًا بِاَللَّهِ عَادِلًا بِهِ جَاعِلًا لَهُ نِدًّا فَإِنَّهُمْ دَعَوْا الْخَلْقَ إلَى عِبَادَةِ اللَّهِ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ ؛ وَهَذَا هُوَ دِينُ اللَّهِ ؛ الَّذِي أَنْزَلَ بِهِ كُتُبَهُ ؛ وَأَرْسَلَ بِهِ رُسُلَهُ ؛ وَهُوَ الْإِسْلَامُ الْعَامُّ ؛ الَّذِي لَا يَقْبَلُ اللَّهُ مِنْ الْأَوَّلِينَ والآخرين غَيْرَهُ
« Ceci car il est connu dans la religion, et c’est élémentaire ; que les messagers considéraient que ce qu’adoraient les idolâtres n’est pas Allah ; et considéraient celui qui adorait ces choses : comme des adorateurs d’un autre qu’Allah, comme des polythéistes qui donnent des associés à Allah et qui Lui donne des rivaux ; ils ont certes appelé les créatures à n’adorer qu’Allah Seul sans associé, et c’est ça la religion d’Allah ; pour laquelle Il fit descendre les Livres Saint ; pour laquelle Il envoya les messagers. Et ceci est l’Islam de général [de tous les prophètes] ; dont Allah n’en accepte aucune autre ni pour les premiers ni pour les derniers. »
‘Abderrahmân Ibn Hassan Âl Cheykh confirme lui aussi ce principe ; dans Dourar As-Saniyya 11/523 :
و هذا يبين حال هذا الرجل : أنه لم يعرف لا إله إلا الله؛ ولو عرف معنى لا إله إلا الله، لعرف أن من شك أو تردد في كفر من أشرك مع الله غيره، أنه لم يكفر بالطاغوت.
« Et ceci nous montre dans quel état se trouve cet homme, et qu’il ne sait pas ce que veut dire « Il n’y a pas de vrai dieu autre qu’Allah » car s’il savait ce que veut dire « Il n’y a pas de vrai dieu autre qu’Allah » il aurait su que celui qui hésite à juger mécréant celui qui associe à Allah un autre que Lui, il n’a pas désavoué le Tâghoût. »
Et Cheykh ‘Abdellatîf Ibn ‘Abderrahmân Âl Cheykh confirme aussi ce principe ; dans Minhâj Ta’sîs page 215 :
و قد قدمنا أن طرد قول العراقي واستدلاله يفيد عدم التأثيم والتكفير في الخطأ في جميع أصول الدين، كالإيمان بوجود الله وربوبيته وإلهيته وقدره وقضائه، والإيمان بصفات كماله الذاتية والفعلية، ومسألة علمه بالحوادث والكائنات قبل كونها، والمنع من التكفير والتأثيم بالخطأ في هذا كله رد على من كفر معطلة الذات، ومعطلة الربوبية، ومعطلة الأسماء والصفات، ومعطلة إفراده تعالى بالإلهية والقائلين بأنه لا يعلم الكائنات قبل كونها كغلاة القدرية، ومن قال بإسناد الحوادث إلى الكواكب العلوية، ومن قال بالأصلين النور والظلمة؛ فإن التزم العراقي هذا كله فهو أكفر وأضل من اليهود والنصارى، وإن زعم أن ثمَّ فرقاً بين هذا وبين مسألة النزاع التي هي دعاء الأموات الغائبين فيما لا يقدر عليه إلا ربّ العالمين فليوجدنا هذا الفرق، وليوجدنا دليلاً على صحته، فإن لم يفعل - ولن يفعل - بطل تقريره وتأصيله، وعلم أهل العلم والإيمان أنه دلس مشبه، ليس من أهل الفقه والدين، ولا ممن يعرف الإسلام والمسلمين، ويفرق بين الموحدين والمشركين، بل هو في ظلمات الطبع والجهل والشرك المبين
« Et nous avons déjà expliqué que si nous appliquions le principe d’Al ‘Irâqî et son argumentation, cela mène à ne prêter aucun péché et de ne pas juger mécréant pour quoi que ce soit des fondements de la religion comme : croire en l’existence d’Allah, en Sa Seigneurie, Sa divinité, Sa puissance et Son décret, ainsi que de croire en les descriptions parfaites de Son Être et de Ses actes, ainsi que Sa connaissance de tous les événements qui existent dans l’univers. Et empêcher de juger mécréant et de prêter un péché dans quoi que ce soit de ces choses est un rejet de la mécréance des athées, et de ceux qui destituent le Seigneur ainsi que ceux qui renient les noms et attributs, et ceux qui abolissent Son Unicité dans le droit d’être adoré, ainsi que ceux qui disent qu’Il ne connait pas les événements tant qu’ils ne se sont pas produits, comme le professent les Qadarîtes extrémistes, ou qui attribue les événements aux astres, ou qui prétend qu’il y a deux origine à l’univers ; la lumière et les ténèbres. Si Al ‘Irâqî adhère à cela, alors il est plus mécréant encore que les juifs et les chrétiens ! Et S’il prétend qu’il existe une moindre différence entre toutes ces choses, et l’objet de divergence entre nous qui est la question d’invoquer les morts et les absents dans des choses que seul le Seigneur des mondes peut exaucer, eh bien qu’il nous trouve cette différence ! Puis qu’il nous trouve la moindre preuve de son exactitude ! Et s’il ne le fait pas – et il ne pourra jamais le faire- tout son principe sera détruit ; et alors les gens de science et de Foi sauront qu’il ne s’agissait que de ruse, et qu’il ne fait pas partie des gens de science et de religion, ni de ceux qui connaissent l’Islam et les musulmans, ni de ceux qui peuvent faire la différence entre les monothéistes et les idolâtres, mais qu’il est au contraire dans les ténèbres de l’ignorance et de l’idolâtrie évidente. »
Dâoûd Ibn Jarjîs Al ‘Irâqî ; hérétique mécréant contemporain du Cheykh ‘Abderrahmân Ibn Hassan ; il permettait l’adoration des morts et prétendait que celui qui commet du grand polythéisme par ignorance ou par erreur d’interprétation ; reste musulman s’il était musulman jusqu’à ce que la preuve lui soit établie.