Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
Quelques règles de base concernant le takfir
Voici quelques règles de base en ce qui concerne le takfir. Avant toute chose il faut savoir que la définition de la Foi chez les ahl as-Sounna wal-Djama’a est la conviction, la parole et l’acte. De ce fait, la mécréance arrive aussi par ces trois moyens.
· En ce qui concerne le fondement de l’Islam, ou le Tawhid, la personne qui l’ignore, en doute, ou le renie, n’a aucune excuse valable, que ce soit l’ignorance, la mauvaise interprétation, l’effort fourni pour arriver à la vérité, ou encore le suivi aveugle. Par exemple, si quelqu’un renie Allah, doute de Son existence, L’insulte, se moque de Lui, Lui donne un associé, ne se désavoue pas des fausses divinités ainsi que des adeptes du Chirk en étant convaincu que leurs religion n’est pas la même, ou encore renie ou doute du Jour de la Résurrection, du Jugement Dernier, du Qadar etc … une telle personne n’a aucune excuse valable. En effet, les savants musulmans sont unanimes qu’on applique le takfir de nom ici-bas, ainsi que le takfir de punition dans l’au-delà sur une telle personne. La divergence se situe dans l’application du takfir de punition dans l’au-delà sur une personne issue des gens de la fatra, c’est-à-dire des gens qui n’ont pas eu accès au Message. Certains savants ont dit qu’une telle personne sera testée par Allah dans l’au-delà, et si elle Lui obéit, elle ira au Paradis, et si elle Lui désobéit, elle ira en Enfer, donc ils se sont retenus de juger cette personne mécréante uniquement dans l’au-delà et non pas ici-bas, car la-dessus il y a unanimité des savants musulmans. Par contre, d’autres savants ont apporté des arguments avec lesquels ils appliquent sur ce genre de personne même le takfir de la punition dans l’au-delà, et ainsi affirment que cette personne sera éternellement en Enfer, en plus d’être mécréante ici-bas. Ceci est la différence entre les deux takfirs connue par les gens de science et dans les livres des anciens.
· En ce qui concerne les sujets nécessairement connus dans la Religion, comme par exemple : L’obligation de faire cinq prières par jour, l’obligation de donner la Zakat, l’obligation de jeûner, l’obligation d’accomplir le Hadjdj, l’interdiction de la consommation d’alcool, l’interdiction de la fornication etc … une telle personne peut dans certains cas précis être excusée. Si elle vit dans une région dans laquelle elle n’a pas accès à cette science, ou encore si c’est une personne nouvelle dans l’Islam, elle peut être excusée de ne pas connaitre ces choses, et sera donc traitée comme étant musulmane ici-bas. Par contre, si cette personne n’est pas nouvelle dans l’Islam et elle a accès à cette science, elle sera mécréante ici-bas et dans l’au-delà, et c’est cela que les savants ont nommé la mécréance par désintérêt de la Religion, ça ne peut arriver qu’à celui qui n’apprend pas et ne prend pas le temps d’apprendre la Religion avec laquelle sont venus tous les Messagers de la part d’Allah.
· En ce qui concerne les sujets ambigus, subtils, ou cachés, comme c’est le cas de certaines innovations, dans ce cas-ci, la personne qui les ignore est excusée même si elle vit parmi les musulmans. Les savants ont dit qu’elle sera traitée de mécréante ici-bas et dans l’au-delà, seulement à partir du moment qu’elle n’aura plus d’ambiguïté, dans une innovation par exemple, mais malgré cela continue à innover dans ce sujet concerné.
Cependant, il est important de noter, et ceci afin de plus ou moins compléter le sujet, que la contrainte, un lapsus, ou une parole involontaire prononcée contre son gré est un empêchement du takfir dans toutes ces situations.
Il est important de distinguer les sujets évidents et les sujets subtiles
Abdallah ‘ibn Abd ar-Rahman abou Battîn, rahimahoullah, a dit :
« C’est pour cela qu’ibn Taymiyya, rahimahoullah, a dit dans « Charh al-Amda » : « Tout rejet d’une information venant d’Allah, ou d’un de Ses ordres, est une mécréance, que cela soit une information subtile, ou une information évidente. Mais, si les informations subtiles qui peuvent échapper à la science de certaines personnes peuvent être excusables, ce n’est pas le cas quand il s’agît des informations ou questions évidentes, ou encore quand il s’agît des enseignements et des prescriptions constituant les piliers de la Religion »
(Source : Ta’ssis at-Taqdis, page 148)