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Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.

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Chapitre 11 : Celui qui ne banit pas un non musulman de l'islam ou doute de sa mécréance devient mécréant 1/2

Chapitre 11 : Celui qui ne bannit pas un non musulman de l’Islam ou doute de sa mécréance devient mécréant 1/2


Sache, qu’Allah te fasse miséricorde, que la clé qui fait entrer l’homme dans l’Islam, c’est la connaissance et la pratique de « Lâ Ilâha illa llah, Mouhammad Rasoûlou llah ».

Celui qui ne connaît pas le sens de ce témoignage, ou ne le pratique pas : il n’est pas possible de le considérer musulman.

Cheykh ‘Abdellatîf Ibn ‘Abderrahmân Âl Cheykh dit :

بل التلفظ بالشهادتين لا يكون مانعا من التكفير إلا لمن عرف معناهما، و عمل بمقتضاهما ، وأخلص العبادة لله، ولم يشرك به سواه؛ فهذا تنفعه الشهادتان. وأما من قالهما ولم يحصل منه انقياد لمقتضاهما، بل أشرك بالله، واتخذ الوسائط والشفعاء من دون الله، وطلب منهم ما لا يقدر عليه إلا الله، وقرب لهم القرابين، وفعل لهم ما يفعله أهل الجاهلية من المشركين، فهذا لا تنفعه الشهادتان; بل هو كاذب في شهادته

« Et même : prononcer les deux attestations de la Foi n’empêche pas de sortir de l’Islam sauf pour celui qui en connaît la signification et agit en conséquence et consacre l’adoration à Allah Seul et de Lui donne aucun associé : c’est à lui que sera utile la prononciation de ces deux attestations. Par contre celui qui les prononce sans qu’il ne se soumette à ce qu’elles entrainent, mais au contraire donne un associé à Allah et prend des médiateurs entre lui et Allah et leur demande des choses que seul Allah est capable de donner, et leur fait des offrandes et pratique ce que faisaient les païens idolâtres : celui là ça ne lui sert à rien de prononcer les deux attestations de la Foi. C’est même un menteur lorsqu’il prétend témoigner [de l’Unicité d’Allah]. » [Majmoû3at Rasâ’il wa Masâ’il An Najdiyya 3/427]

Ce témoignage signifie qu’il n’y a rien, en dehors d’Allah, qui mérite d’être adoré, et Allah ne doit être adoré que d’après l’enseignement de Son messager et dernier prophète Mouhammad, qu’Allah le bénisse et le salue.

 

A partir du moment où cette phrase signifie qu’il n’y a de vrai dieu qu’Allah, on ne pourra pas comprendre la porté de cette phrase tant qu’on ne saura pas ce qu’est un dieu. Cheykh ‘Abdallah Abou Boutayn dit :

وأما الإله، فهو: الذي تألهه القلوب، بالمحبة، والخضوع، والخوف، والرجاء؛ وتوابع ذلك، من: الرغبة، والرهبة، والتوكل، والإستغاثة، والدعاء، والذبح، والنذر، والسجود؛ وجميع أنواع العبادة: الظاهرة والباطنة؛ فهو إله، بمعنى: مألوه؛ أي: معبود؛ وأجمع أهل اللغة: أن هذا معنى الإله،

« Quant au terme « Ilâh » (dieu) c’est ce que les cœurs divinisent, par amour ; humilité, peur et espoir et ce qui s’en suit comme : désir, crainte, dépendance, imploration du secours lors des détresses, l’invocation, le sacrifice, le vœu, la prosternation et toute les formes d’adorations du corps et du cœur, c’est un dieu. Cela signifie : ce qui se fait adoré ; et tout les érudits de la langue arabe sont d’accord pour définir la signification du terme « Ilâh » ainsi. » [Dourar As-Saniyya 2/296].

Celui qui adore un autre qu’Allah de quelque manière que ce soit, en invoquant un autre qu’Allah, en implorant son aide, en lui demandant d’exaucer les prières, en lui demandant d’accorder la subsistance, en se référent à ses lois en dehors de celles d’Allah pour juger des litiges, ou quoi que ce soit comme autres formes d’adoration : il n’est pas musulman car il ne pratique pas « lâ ilâha illa llah ».

Celui qui adore Allah, mais en se référent à un autre prophète que Mouhammad, qu’Allah le bénisse et le salue : il n’est pas musulman car il ne pratique pas « Mouhammad Rasoûlou llah ».

 

Et les savants de l’Islam sont unanimes pour dire que : celui qui trouve qu’on peut être musulman même si on ne pratique pas « lâ ilâha illa llah Mouhammad Rasoûlou llah » : il ne sait ni ce qu’est un musulman, ni ce qu’est l’Islam.

 

‘Abderrahmân Ibn Hassan Âl Cheykh dit :

فلا بد من تكفيرهم أيضا، وهذا هو مقتضى لا إله إلا الله، كلمة الإخلاص؛ فلا يتم معناها إلا بتكفير من جعل لله شريكا في عبادته

« Il faut donc absolument bannir de l’Islam [ceux qui associent à Allah] car c’est ce qu’implique fatalement [le sens de] « Il n’y a de vrai dieu qu’Allah », qui est la parole de la consécration du culte à Allah. Son sens ne se valide pas tant qu’on a pas banni de l’Islam celui qui donne un égal à Allah dans l’adoration. » [Dourar As-Saniyya 2/210]

Le Cheykh nous a dit ici que le Takfîr de celui qui donne un associé à Allah est l’implication inévitable du monothéisme, or selon les juristes lorsque l’implication inévitable d’une chose est absente : cela prouve que la chose elle-même est absente.

Par exemple, nous avons vu dans la définition de la Foi que la pratique religieuse du corps est l’implication de la Foi du cœur, et que lorsqu’un homme ne pratique rien de la religion cela prouve l’absence de Foi dans le cœur.

Eh bien de même : celui qui trouve que quelqu’un qui adore un autre qu’Allah est tout de même musulman : il nous prouve qu’il ne sait pas ce qu’est l’Islam.

 

Les avis des savants de l’Islam à ce sujet :

Abû Bakr Es-Siddîq, qu’Allah l’agrée :

عَن عُبَيْدِ اللهِ بْنِ عَبْدِ اللهِ بْنِ عُتْبَةَ ، قَالَ : لَمَّا ارْتَدَّ مَنِ ارْتَدَّ عَلَى عَهْدِ أَبِي بَكْرٍ ، أَرَادَ أَبُو بَكْرٍ أَنْ يُجَاهِدَهُمْ ، فَقَالَ عُمَرُ : أَتُقَاتِلُهُمْ وَقَدْ سَمِعْت رَسُولَ اللهِ صلى الله عليه وسلم ، يَقُولُ : مَنْ شَهِدَ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللهِ ، حَرُمَ مَالُهُ إِلاَّ بِحَقٍّ ، وَحِسَابُهُمْ عَلَى اللهِ تَعَالَى ؟ فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ : أَنَّى لاَ أَقَاتِلُ مَنْ فَرَّقَ بَيْنَ الصَّلاَةِ وَالزَّكَاةِ ، وَاللَّهِ لأَقَاتِلَنَّ مَنْ فَرَّقَ بَيْنَهُمَا حَتَّى أَجْمَعَهُمَا ، قَالَ عُمَرُ : فَقَاتَلْنَا مَعَهُ فَكَانَ رَشْدًا ، فَلَمَّا ظَفِرَ بِمَنْ ظَفِرَ بِهِ مِنْهُمْ ، قَالَ : اخْتَارُوا مِنِّي خَصْلَتَيْنِ ؛ إِمَّا حَرْبٌ مُجْلِيَةٌ ، وَإِمَّا الْخِطَّةُ الْمُخْزِيَةُ . قَالُوا : هَذِهِ الْحَرْبُ الْمُجْلِيَةُ قَدْ عَرَفْنَاهَا ، فَمَا الْخِطَّةُ الْمُخْزِيَةُ ؟ قَالَ : تَشْهَدُونَ عَلَى قَتْلاَنَا أَنَّهُمْ فِي الْجَنَّةِ ، وَعَلَى قَتْلاَكُمْ أَنَّهُمْ فِي النَّارِ ، فَفَعَلُوا.

« D’après ‘Ubayd Illêhi Ibn ‘Abdilleh Ibn ‘Utbah, il dit : lorsqu’apostasia ceux qui apostasièrent à l’époque d’Abû Bakr, Abû Bakr voulu les combattre, ‘Umar lui dit : Les combats-tu alors que j’ai entendu le messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dire « Celui qui témoigne qu’il n’est de vrai dieu qu’Allah, et que Muhammad est Son messager : ses biens sont inviolables sauf en vertu d’un droit, et c’est à Allah qu’appartient son sort » ? Alors, Abû Bakr dit : Assurément, je combattrai quiconque voudrait faire une différence entre la prière et la Zakât, et par Allah je combattrai certes quiconque fait une différence entre les deux jusqu’à ce qu’il n’en fasse plus. » Après ça, ‘Umar dit : ainsi nous combattîmes avec lui, et ce fut à juste titre.

Puis, une foi qu’il eu triomphé d’eux, il leur dit : « Choisissez entre deux options de ma part : soit la guerre évidente, soit la honte ! » Ils dirent « Cette guerre évidente, nous y avons déjà gouté, alors qu’est ce que cette honte ? »

Il dit : « Témoignez que nos tués sont au paradis, et que vos tués sont en enfer ! » Alors, ils firent ainsi. » [Rapporté par : Ibn Abî Chayba, El Bayhaqî, et El Khalâl.]

Ici, Abû Bakr exigeait de la part des apostats, de témoigner de la mécréance de ceux de leurs rangs, comme condition pour accepter leur repentir et leur retour à l’Islam.

 

Abû ‘Abderrahmân Salmah Ibn Chubayb En-Naysabûrî (247/861) :

من لن يشهد بكفر الكافر فهو كافر

« Celui qui ne témoigne pas de la mécréance du mécréant est un mécréant. »

[Tahdhîb Et-Tahdhîb 2/262, Târîkh Dimachq d’Ibn ‘Asâkir 13/330, ainsi que dans Târîkh Baghdâd 7/365, et Tahdhîb El Kemâl 6/263]

 

Muhammad Ibn Sahnûn Al Mâlikî(202-256/817-870) qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit :

أجمع العلماء على أن شاتم النبي صلى الله عليه و سلم و المتنقص له كافر... و من شك في كفره و عذابه كفر

« Les savants sont unanimes sur le fait que celui qui insulte le prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, ou le rabaisse est un mécréant… Et celui qui doute de sa mécréance et de son châtiment est un mécréant » [Sârim Al Masloûl d’Ibn Taymiya, 1/9 et 1/513.]

 

Abû Al Husseyn Muhammad Ibn Ahmad Al Malatî Al 3Asqalânî(377 H/987 ap. J.C) :

فأما الذي يكفر فيه معتزلة بغداد معتزلة البصرة فالقول في الشاك والشاك في الشاك ومعنى ذلك أن معتزلة بغداد والبصرة وجميع أهل القبلة لا اختلاف بينهم أن من شك في كافر فهو كافر لأن الشاك في الكفر لا إيمان له لأنه لا يعرف كفرا من إيمان فليس بين الأمة كلها المعتزلة ومن دونهم خلاف أن الشاك في الكافر كافر ثم زاد معتزلة بغداد على معتزلة البصرة أن الشاك في الشاك والشاك في الشاك إلى الأبد إلى ما لا نهاية له كلهم كفار وسبيلهم سبيل الشاك الأول وقال معتزلة البصرة الشاك الأول كافر لأنه شك في الكفر والشاك الثاني الذي هو شاك في الشك ليس بكافر بل هو فاسق لأنه لم يشك في الكفر إنما شك في هذا الشاك أيكفر بشكه أم لا فليس سبيله في الكفر سبيل الشاك الأول وكذلك عندهم الشاك في الشاك والشاك في الشاك إلى ما لا نهاية له كلهم فساق إلا الشاك الأول فإنه كافر وقولهم أحسن من قول أهل بغداد

« Quant à la chose pour laquelle les Mou3tazila de Bagdad considèrent ceux de Basra mécréant, c’est au sujet du douteur, et de celui qui doute du douteur.

Ceci veut dire que : il n’existe aucune divergence entre les Mou3tazila de Bagdad et de Basra, ainsi que l’ensemble des gens de la Qibla [c-à-d tous les musulmans. Trad.] que celui qui doute de [la mécréance] d’un mécréant est un mécréant ; car celui qui doute sur la mécréance n’a pas de Foi vu qu’il ne sait pas reconnaître la mécréance de la Foi. Il n’existe donc aucune divergence entre tous les membres de la communauté [musulmane] que ce soit les Mou3tazila ou les autres que celui qui doute [de la mécréance] du mécréant est un mécréant.

Mais les Mou3tazila de Bagdad ont ajouté quelque chose en plus que ceux de Basra : c’est que celui qui doute de celui qui doute, et celui qui doute de celui qui doute jusqu’à l’infini : tous sont mécréants. Et la raison de leurs mécréances est la même que celle du premier.

Alors que les Mou3tazila de Basra, eux, disent que le premier douteur est mécréant car il doute de la mécréance, mais que le deuxième –celui qui doute du douteur- n’est pas mécréant mais bien pervers car il n’a pas douté de la mécréance mais il a juste douté du douteur : a-t-il mécru par son doute ou non ? Ils ne considèrent donc pas la cause de sa mécréance comme étant la même que celle du premier. Et ainsi d’après eux : celui qui doute du douteur et celui qui doute de celui qui doute… Jusqu’à l’infini sont tous des pervers sauf le premier douteur qui lui est mécréant. Et leur avis est meilleur que celui des bagdadiens. » [At-Tanbîh Wa Ar-Radd, édition « El Mektabat Ul Azhariyatu lit-Turâth », inspecté par Muhammad Zâhid Ibn El Hassan El Kawtharî, pp 40, 41]

 

Abû Muhammad ‘Alî Ibn Hazm(384-456 /995-1063) :

وأخبر تعالى عن الكفار فقال ولئن سألتهم من خلقهم ليقولن الله فأخبر تعالى أنهم يعرفون صدقة ولا يكذبونه وهم اليهود والنصارى وهم كفار بلا خلاف من أحد من الأمة ومن أنكر كفرهم فلا خلاف من أحد من الأمة في كفره وخروجه عن الإسلام

« Et Allah nous informa au sujet des mécréants, Il dit alors « Et si tu leur demandais qui les a créé, ils vont certes te répondre « c’est Allah » » Allah a donc annoncé qu’ils admettent sa sincérité et qu’ils ne le démentent pas, et ce sont les juifs et les chrétiens. Et ils sont mécréant sans aucune divergence de la part de qui que ce soit de la communauté. Et quiconque conteste leur mécréance : aucun membre de la communauté ne divergera sur sa mécréance et sa sortie de l’Islam. » [Al Fiçal Fî Al Milal Wal Ahwâ’i Wan Nihal 3/111]

 

Al Qâdhî Abû Al Fadhl 'Iyâdh Al Yahçabî [496-544 H. 1103-1149 ap. J.C] : Il dit au sujet de certains Mou3tazila qui disent qu’Allah n’a pas d’argument contre certains juifs et chrétiens comme ceux qui suivent aveuglements leur peuple :

وقائل هذا كله كافر بالإجماع على كفر من لم يكفر أحدا من النصارى واليهود وكل من فارق دين المسلمين أو وقف في تكفير هم أوشك قال القاضى أبو بكر لأن التوقيف والإجماع اتفقا على كفرهم فمن وقف في ذلك فقد كذب النص والتوقيف أو شك فيه والتكذيب أو الشك فيه لا يقع إلا من كافر

« Et celui qui professe tout ceci est un mécréant à l’unanimité stipulant la mécréance de celui qui ne juge pas un chrétien ou un juif, ou quiconque se sépare de la religion des musulmans mécréant ; ou hésite à les juger mécréant ou doute. Le Qâdhî Aboû Bakr [Ibn Al ‘Arabî] a dit : car il ne fait pas de doute que les textes et l’unanimité sont en accord sur leur mécréance ; et celui qui s’abstient de cela a certes démentit le texte ou en a douter.Or démentir ou douter ne peut provenir que d’un mécréant. » [Ach-Chifâ Bi Ta3rîf Huqûq Al Mustafa 2/281]

 

Puis le Qâdhî ‘Iyâdh dit :

وكذلك وقع الإجماع على تكفير كل من دافع نص الكتاب أو خص حديثا مجمعا على نقله مقطوعا به مجمعا على حمله على ظاهره كتكفير الخوارج بإبطال الرجم ولهذا نكفر من لم يكفر من دان بغير ملة المسلمين من الملل أو وقف فيهم أو شك أو صحح مذهبهم وإن أظهر مع ذلك الإسلام واعتقده واعتقد إبطال كل مذهب سواه فهو كافر بإظهاره ما أظهر من خلاف ذلك

« Et ainsi, il y a eu unanimité pour bannir de l'Islam quiconque rejette un texte claire du Coran, ou détourne le sens d'un Hadîth unanimement et catégoriquement authentifié, et unanimement compris d’après le sens appartenant sans allégorie; comme par exemple en ce qui concerne le Takfîr à l'encontre de ceux qui, parmi les Khawârij, ont rejeté la peine de la lapidation [à l’encontre de l’adultérin marié].

Et c'est pour cela que nous expulsons de l'Islam quiconque ne juge pas mécréant celui qui adopte une autre religion que celle des musulmans, parmi les autres religions, ou hésite à leur sujet ou doute ou encore valide leur religion : même s’il est en même temps persuadé que l'Islam est la vraie religion et qu'il est persuadé que toute autre religion est fausse. Une telle personne est mécréante pour avoir exprimé le contraire de cela. » [Même source 2/286]

 

Yahyâ Ibn Charaf An-Nawawî(631-677/1233-1278) a dit :

من لم يكفر من دان بغير الإسلام كالنصارى أو شك في تكفيرهم أو صحح مذهبهم فهو كافر وإن أظهر مع ذلك الإسلام واعتقده

« Celui qui ne considère pas que ceux qui adoptent une autre religion que l’Islam –comme les chrétiens- sont des mécréants ou qu’il doute sur leur mécréance ou qu’il valide leur doctrine : c’est un mécréant même s’il manifeste en même temps l’Islam et qu’il y croit. » [Rawdhat Ut-Tâlibîn 10/70]

 

Zakariyâ Ibn Muhammad Al Ançârî(826-926/1423-1520) a dit :

أو شَكَّ في تَكْفِيرِ الْيَهُودِ وَالنَّصَارَى عِبَارَةُ الرَّوْضَةِ أو لم يُكَفِّرْ من دَانَ بِغَيْرِ الْإِسْلَامِ كَالنَّصَارَى أو شَكَّ في كُفْرِهِمْ أو صَحَّحَ مَذْهَبَهُمْ فَعِبَارَتُهُ أَعَمُّ من عِبَارَةِ الْمُصَنِّفِ مع زِيَادَةِ حُكْمٍ وفي تَكْفِيرِ طَائِفَةِ ابْنِ عَرَبِيٍّ الَّذِينَ ظَاهِرُ كَلَامِهِمْ عِنْدَ غَيْرِهِمْ الِاتِّحَادُ

« « Ou bien s’il doute sur la mécréance des juifs et des chrétiens ». Ceci est l’expression que l’on trouve dans « Er-Rawdha ». « Ou bien celui qui ne considère pas que ceux qui adoptent une autre religion que l’Islam –comme les chrétiens- sont des mécréants, ou doute de leur mécréance, ou valide leur doctrine. » Cette expression est plus générale que celle de l’auteur avec l’ajout d’un jugement. Ou bien [doute] de la mécréance de la bande d’Ibn ‘Arabî, dont la profession apparente est l’incarnation. » [Sanyul Matâlib Fî Charhi Rawdhi Tâlib 4/119]

 

Ibn Taymiya : dit au sujet de ceux qui doutent de la mécréance de la bande d’Ibn ‘Arabî :

وَمَنْ شَكَّ فِي كُفْرِ هَؤُلَاءِ بَعْدَ مَعْرِفَةِ قَوْلِهِمْ وَمَعْرِفَةِ دِينِ الْإِسْلَامِ فَهُوَ كَافِرٌ كَمَنْ يَشُكُّ فِي كُفْرِ الْيَهُودِ وَالنَّصَارَى وَالْمُشْرِكِينَ

« Et celui qui doute de la mécréance de ces gens là après avoir été informé de leur croyance et après avoir été informé de la religion de l’Islam : c’est un mécréant au même titre que celui qui doute de la mécréance des juifs, des chrétiens et de ceux qui donnent des associés à Allah.» [Majmû3 Al Fatâwâ 2/368]

 

Mouhammad Ibn ‘Abdelwahhâbdit :

وأنا أذكر لك كلام صاحب الإقناع، أنه مكفرك، ومكفر أباك، في غير موضع من كتابه... الرابع: أنه ذكر أن من ادعى في علي بن أبي طالب ألوهية، أنه كافر، ومن شك في كفره فهو كافر، وهذه مسألتك التي جادلت بها في مجلس الشيوخ، وقد صرح في "الإقناع": أن من شك في كفرهم فهو كافر؛ فكيف بمن جادل عنهم، وادعى أنهم مسلمون؟

« Et je vais te citer les propos de l’auteur de « Al Iqnâ3 » qui déclarent ta mécréance ainsi que la mécréance de ton père, dans plus d’un passage de ce livre… Le 4ième est qu’il a mentionné que celui qui prétend qu’il y a quelque chose de divin en ‘Alî est un mécréant et que celui qui doute de sa mécréance est un mécréant. Or ceci est la question que tu plaides dans les assemblés des cheiks. Or il fut clairement déclaré dans « Al Iqnâ3 » que celui qui doute de leur mécréance est un mécréant, alors que dire de celui qui plaide en leur faveur et prétend qu’ils sont musulmans ? » [Dourar As-Saniyya 10/36]

 

Et il dit :

وقد ذكر في الإقناع عن الشيخ تقي الدين ، أن من دعا علي ابن أبي طالب فهو كافر ، وإن من شك في كفره فهو كافر ، فإذا كان هذا حال من شك في كفره مع عداوته له ومقته له ، فكيف بمن يعتقد أنه مسلم ولم يعاده ، فكيف بمن أحبه ، فكيف بمن جادل عنه وعن طريقته

« Et il fut mentionné dans « Al Iqnâ3 » d’après le Cheykh Taqî Ud-Dîn, que celui qui invoque ‘Alî Ibn Abî Tâlib est un mécréant et que celui qui doute de sa mécréance est un mécréant. Alors si ceci concerne celui qui doute de sa mécréance tout en se séparant de lui et en le détestant, que penser de celui qui est convaincu que c’est un musulman et ne se sépare pas de lui ?! Que dire encore de celui qui l’aime ? Et que dire après de celui qui plaide en sa faveur ainsi qu’en la faveur de sa méthodologie ? » [Dourar As-Saniyya 9/414]

 

Et il dit :

بل لا يصح دين الإسلام، إلا بالبراءة من هؤلاء وتكفيرهم، كما قال تعالى: {فَمَنْ يَكْفُرْ بِالطَّاغُوتِ وَيُؤْمِنْ بِاللَّهِ فَقَدِ اسْتَمْسَكَ بِالْعُرْوَةِ الْوُثْقَى}

« D’ailleurs, la religion de l’Islam n’est pas valide sauf si on se sépare de ceux-là [les Tâghoût] et qu’on les bannis de l’Islam, comme le dit Allah « Celui qui mécroit au Tâghoût et a Foi en Allah, il a certes saisi l’anse la plus solide… » » [Dourar As-Saniyya 10/53]

 

Mustapha Ibn Sa3d As-Suyûtî Ar-Ruhaybânî (1160-1243/1747-1827), mufti de tendance Hanbalite, a dit :

( أو لم يكفر من دان ) ؛ أي : تدين ( بغير الإسلام ) كالنصارى واليهود ( او شك في كفره ) أو صحح مذهبه ؛ فهو كافر ؛ لقوله تعالى : ! ( ومن يبتغ غير الإسلام دينا فلن يقبل منه

« Ou bien celui qui ne considère pas mécréant celui qui adopte une autre religion que l’Islam, comme les chrétiens et les juifs, ou doute de leur mécréance ou encore valide leur tendance : c’est un mécréant ; selon la parole d’Allah « Et celui qui désire une autre religion que l’Islam ; cela ne sera pas accepté de lui. » » [Matâlibu Ulî Nuhâ Fî Charhi Ghâyat Al Muntahâ 6/281]

 

Cheykh ‘Abderrahmân Ibn Hassan Âl Cheykha dit :

قال شيخنا: فإنه لم يجعل التلفظ بها عاصما للدم والمال، بل ولا معرفة معناها مع لفظها، بل ولا الإقرار بذلك، بل ولا كونه لا يدعو إلا الله وحده لا شريك له; بل لا يحرم ماله ودمه، حتى يضيف إلى ذلك الكفر بما يعبد من دون الله، فإن شك أو تردد لم يحرم ماله ودمه... قلت: وهذا الذي ذكره شيخنا هو معنى لا إله إلا الله مطابقة، وهو معنى قوله تعالى: {فَمَنْ يَكْفُرْ بِالطَّاغُوتِ وَيُؤْمِنْ بِاللَّهِ فَقَدِ اسْتَمْسَكَ بِالْعُرْوَةِ الْوُثْقَى} وهذا لا يشك فيه مسلم - بحمد الله -، ومن شك فيه فلم يكفر بالطاغوت؛ وكفى بهذا حجة على المعترض، وبيانا لجهله بالتوحيد، الذي هو أصل دين الإسلام وأساسه... وهذا يبين حال هذا الرجل: أنه لم يعرف لا إله إلا الله؛ ولو عرف معنى لا إله إلا الله، لعرف أن من شك أو تردد في كفر من أشرك مع الله غيره، أنه لم يكفر بالطاغوت.

« Notre Cheykh disait « car il n’a pas considéré que le simple faite de prononcer cette phrase protège le sang et les biens, ni même le faite de connaître sa signification, ni même de l’approuver, ni même le faite de n’adorer qu’Allah sans Lui attribuer d’associés : tout cela ne protège la vie et les bien, que s’il y est ajouté le désaveu de tout ce qui est adoré en dehors d’Allah. S’il doute de cela ou s’en abstient, alors son sang et ses biens ne sont pas sacrés. »… Je dis : et ce que notre Cheykh a rappelé ici, c’est ça que signifie « Il n’y a de vrai dieu qu’Allah », et c’est ça que signifie le verset « Quiconque mécroit au Tâghoût et a Foi en Allah a saisit l’anse la plus solide » Sourate 2 verset 256. Or, aucun musulman n’en doute, et Dieu merci, et quiconque doute de cela n’a pas désavoué le Tâghoût. Et ceci suffit comme argument contre ce détracteur, et cela suffit comme preuve qu’il ignore ce qu’est le monothéisme, qui est la racine de l’Islam et sa structure de base même…Et ceci nous montre la situation de cet homme : il ne connait pas le sens de la phrase « Il n’y a de vrai dieu qu’Allah » car s’il en connaissait le sens, il aurait su que quiconque doute ou hésite sur la mécréance de celui qui associe Allah à un autre que Lui ; il n’a pas désavoué le Tâghoût. » [Dourar As-Saniyya 11/522, 523 légèrement abrégé]

 

Et certains éminents savants du Nejd ont dit :

مما يوجب الجهاد لمن اتصف به:عدم تكفير المشركين، أو الشك في كفرهم، فإن ذلك من نواقض الإسلام ومبطلاته، فمن اتصف به فقد كفر، وحل دمه وماله، ووجب قتاله حتى يكفر المشركين، والدليل على ذلك قوله صلى الله عليه وسلم:" من قال لا إله إلا الله، وكفر بما يعبد من دون الله، حرم ماله ودمه"،علق عصمة المال والدم بأمرين:الأمر الأول: قول: لا إله إلا الله;. الثاني: الكفر بما يعبد من دون الله. فلا يعصم دم العبد وماله، حتى يأتي بهذين الأمرين: الأول: قوله: لا إله إلا الله، والمراد معناها لا مجرد لفظها، ومعناها هو توحيد الله بجميع أنواع العبادة. الأمر الثاني: الكفر بما يعبد من دون الله، والمراد بذلك تكفير المشركين، والبراءة منهم، ومما يعبدون مع الله.

« Et parmi les motifs du Jihâd contre celui qui le commet : ne pas bannir les polythéistes de l’Islam ou hésiter à le faire ; car ceci est certes l’une des cause d’invalidité et d’annulation de l’Islam ; celui qui s’en rend coupable sort donc de l’Islam et son sang et ses biens sont désacralisé ; et il devient obligatoire de le combattre jusqu’à ce qu’il bannisse les polythéistes de l’Islam.

Et la preuve de cela sont les propos du prophète, qu’Allah l’honore et le salue ; « Celui qui professe qu’il n’y a de vrai dieu qu’Allah et désavoue ce qui est adoré en dehors d’Allah ; son sang et ses biens sont sacrés »la sacralisation du sang et des biens dépend donc de deux éléments : Le premier est de professer qu’il n’y a de vrai dieu qu’Allah ; le second est de désavouer ce qui est adoré en dehors d’Allah ; et le sang et les biens d’un hommes ne seront protégé qu’avec ces deux éléments réunis : Dire qu’il n’y a de vrai dieu qu’Allah ; et ce qui en est attendu n’est pas la simple prononciation mais bien ce qu’elle veut dire, à savoir : l’Unicité d’Allah dans toutes les formes de cultes.

Et le deuxième est le désaveu de ce qui est adoré en dehors d’Allah, et ce qui en est attendu c’est de bannir les polythéistes de l’Islam et de se séparer d’eux et de ce qu’ils adorent avec Allah. » [Dourar As-Saniyya 9/291]

Note : regarde comme il ne considère pas uniquement le démentit comme motif d’apostasie ici, mais bien celui qui doute aussi ! Celui qui doute fait partie des ignorants ; Cheykh ‘Abdallah Abû Butayn a dit :

فانظر كيف كفر الشاك، والشاك جاهل؛ فلم ير الجهل عذرا في مثل هذه الأمور.

« Regarde comme il jugea mécréant celui qui doute ! Or celui qui doute est ignorant, il ne considéra donc pas l’ignorance comme une excuse dans ce genre de chose… » [Dourar As-Saniyya 10/369]

 

Rapporté par Mouslim

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