Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
Chapitre 12 Le Koufr Doûna Koufr. 1/2
Nos opposants disent que l’acte de gouverner par autre que la Loi d’Allah est uniquement de la mécréance mineure, et ne fait jamais sortir de l’Islam en soit. Ce qui fait sortir de l’Islam, c’est le fait de renier l’obligation de gouverner par la Loi d’Allah.
Leur argument : ce qu’a dit Ibn Al Qayyim dans Madârij As-Sâlikîn
Voici leur argument :
Ibn Al Qayyim a dit dans « Madârij As-Sâlikîn » :
فأما الكفر فنوعان : كفر أكبر وكفر أصغر
فالكفر الأكبر : هو الموجب للخلود في النار
والأصغر : موجب لاستحقاق الوعيد دون الخلود كما في قوله تعالى وكان مما
يضرب بعضكم رقاب بعض وهذا تأويل ابن عباس وعامة الصحابة في قوله تعالى ومن لم يحكم بما أنزل الله فأولئك هم الكافرون المائده : 44
« Le Koufr se divise en deux : le grand Koufr et le petit Koufr.
Le grand Koufr, c’est ce qui implique la perpétuité en enfer. Le petit Koufr : il implique l’exécution de la sentence mais pas la perpétuité [dans le feu]. […] c’est l’explication d’Ibn ‘Abbass et de la totalité des compagnons au sujet de la parole d’Allah « et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux là sont les mécréants (Kâfiroûn) »
Réponse :
Premièrement : Cette traduction est une manipulation, car Ibn Al Qayyim n’a jamais parlé de totalité des compagnons, mais bien de majorité des compagnons, l’expression utilisée était « wa ‘Âmmati Sahâba » or le terme « ‘Âmma » ne veut pas dire « la totalité » mais bien « la Majorité. »
La signification de l’expression « عامة الصحابة »
Voici une citation d’Ishâq Ibn ‘Abderrahmân Âl Cheykh, dans Dourar As-Saniyya 5/143, qui nous montre la signification de l’expression « ‘Âmma » :
وإن كان المقصود القراءة حال الدفن، ففيها خلاف مشهور، وقد أنكرها عامة السلف، منهم الإمام أبو حنيفة، ومالك بن أنس وشدد فيها؛ وأما الشافعي فلم ينقل عنه فيها شيء، وأما الإمام أحمد فقد نهى عنها في رواية عنه، حتى إنه نهى عن القراءة بفاتحة الكتاب على الجنازة في المقبرة.
« Si ce que l’on veut dire ici est le fait de réciter me Coran sur le défun, il y a à ce sujet une divergence bien connue, et la majorité des salafs (‘Âmmat ous-Salaf) le condamnaient, parmi eux Abou Hanîfa, Mâlik Ibn Anas qui fut même intransigeant à ce sujet, quant à l’imam Châfi‘î rien ne fut rapporté de sa part à ce sujet, et pour l’imam Ahmad : il l’a interdit selon une version ; au point qu’il interdisait de réciter la Fatiha lors de la prière du mort exécutée dans le cimetière. »
Mais si on devait s’en tenir à la traduction de notre opposant, on aurait du dire que la totalité des Salafs ont condamné la récitation du Coran sur le mort, bien que l’avis de Châfi’î est inconnu à ce sujet ; alors comment aurait on pu parler de totalité ?!
Ensuite, concernant l’avis de la majorité des compagnons du prophète quant à la signification du verset 44 de la sourate 5 ; il est improbable qu’Ibn Al Qayyim ait dit ça, car comment aurait il pu affirmer l’avis de la majorité des compagnons sur l’interprétation de ce verset alors que seul l’avis de très peu d’entre eux nous est parvenu ; à savoir qu’il y avait plus de 140 000 compagnons.
D’ailleurs, après l’inspection de ‘Alî Al Qar‘âoûî, l’un des inspecteurs du livre « Madârij As-Sâlikîn » de la faculté de « Ouçoûl Ad-Dîn » de Ryad, ainsi que l’inspecteur ‘Âmir Ibn ‘Alî Yâsîn : c’est une erreur de transcription ; la transcription original d’Ibn Al Qayyim est :
وهذا تأويل ابن عباس وعامة أصحابه
« Et ceci est l’interprétation d’Ibn ‘Abbâs et de la majorité de ses compagnons » c'est-à-dire les compagnons d’Ibn ‘Abbâs qui sont ses disciples.
Donc, au final, ce qu’Ibn Al Qayyim a dit dans « Madârij As-Sâlikîn » 1/336 est :
فأما الكفر فنوعان : كفر أكبر وكفر أصغر فالكفر الأكبر : هو الموجب للخلود في النار والأصغر : موجب لاستحقاق الوعيد دون الخلود كما في قوله تعالى وكان مما يتلى فنسخ لفظه : لا ترغبوا عن آبائكم فإنه كفر بكم وقوله في الحديث الصحيح : إثنتان في أمتي هما بهم كفر : الطعن في النسب والنياحة وقوله في السنن : من أتى امرأة في دبرها فقد كفر بما أنزل على محمد وفي الحديث الآخر : من أتى كاهنا أو عرافا فصدقه بما يقول فقد كفر بما أنزل الله على محمد وقوله لا ترجعوا بعدي كفارا يضرب بعضكم رقاب بعض وهذا تأويل ابن عباس وعامة أصحابه في قوله تعالى ومن لم يحكم بما أنزل الله فأولئك هم الكافرون المائده : 44
« Quant à la mécréance ; elle est de deux sortes : mécréance majeure et mécréance mineure. La mécréance majeure est celle qui cause l’éternité en Enfer ; et la mécréance mineure : c’est à cause d’elle qu’on mérite le châtiment, mais sans être éternellement en Enfer ; comme cela fut récité dans la parole d’Allah, mais dont la récitation fut abrogée : « Ne renoncez pas à vos père, car c’est certes une mécréance » ainsi que dans le Hadîth « Deux choses dans ma communauté sont une mécréance : insulter les origines et se lamenter sur les morts. Et dans les Sounan : il fut rapporté que le prophète a dit « Quiconque sodomise sa femme a mécru en la révélation qui a été descendue sur Mouhammad » et dans un autre Hadîth « Celui qui va voir un devin ou un médium puis croit en ses propos ; il a mécru en la révélation qui a été descendue sur Mouhammad » et dans le Hadîth « ne redevenez pas mécréant après moi en vous frappant la nuque les uns des autres » ; et ceci est l’interprétation d’Ibn ‘Abbâs et de la plupart de sescompagnons pour le verset « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a révélé, ceux-là sont les mécréants. » sourate 5 verset 44. »
L’interprétation d’autres compagnons
Ensuite, notons que d’autres compagnons eurent un autre avis que celui imputé à Ibn ‘Abbâs, entre autre celui d’Omar Ibn Khattâb, de ‘Alî Ibn Abî Tâlib, et d’Abdallah Ibn Mas‘oûd :
Mahmoûd Choukrî Al Aloûsî rapporte dans son Tafsir « Roûh Al Ma‘ânî » 6/140 :
وأخرج البن المنذر عن مسروق قال : قلت لعمر إبن الخطاب رضى الله تعالى عنه : أرأيت الرشوة فى الحكم أمن السحت هى قال : لا ولكن كفر إنما السحت أن يكون للرجل عند السلطان جاه ومنزلة ويكون للآخر إلى السلطان حاجة فلا يقضى حاجته حتى يهدى اليه هدية وأخرج عبد بن حميد عن على كرم الله تعالى وجهه أنه سئل عن السحت فقال : الرشا فقيل له فى الحكم قال : ذاك الكفر وأخرج البيهقى فى سننه عن ابن مسعود نحو ذلك
« Ibn Al Moundhir rapporte d’après Masroûq qui dit « J’ai dit à ‘Omar Ibn Al KHattâb qu’Allah l’agrée : que penses-tu du pot de vin lors du jugement d’un conflit ? Est-ce du domaine du bénéfice illicite ? Il répondit : « Non, mais c’est de la mécréance ! Le gain illicite, c’est lorsqu’un homme a un haut poste auprès du Sultan, et qu’un autre homme a besoin de quelque chose de la part du Sultan ; le premier n’accepte de transmettre la demande qu’en échange d’un don. » Et ‘Abd Ibn Houmayd rapporte d’après ‘Alî [Ibn Abî Tâlib] qu’il l’interrogea au sujet du pot de vin ? Il répondit : « C’est un bénéfice illicite. » On lui dit alors « Et lorsque c’est pour un verdict lors d’un litige ? » Il répondit : « ça, c’est La Mécréance ! » Et Al Bayhaqî rapporte la même chose pour Ibn Mas‘oûd. »
Et dans « Mahâsin At-Ta’wîl » d’Al Qâsimî 6/1999 :
ونقل في اللباب عن بن مسعود والحسن والنخعي أن هذه الآيات الثلاثة عامة في اليهود وفي هذه الأمة فكل من ارتشى و بدل الحكم بغير ما أنزل الله فقد كفر و ظلم و فسق.
« Et il fut retranscrit dans « Al Loubâb » d’après Ibn Mas‘oûd et Al Hassan [Al Basrî] et Al Nakh‘î que ces trois versets englobent les juifs ainsi que cette communauté : quiconque accepte un pot de vin en échange de modifier le jugement par autre que la loi d’Allah : il est mécréant injuste et pervers. »
L’imam Ahmad Ibn ‘Alî Al Jaçâç (décédé en 370 de l’hégire) dit dans « Ahkâm Al Qour’ân » volume 2 page 541 :
و إن أعطاه الرشوة على أن يقضي له بباطل فقد فسق الحاكم من وجهين: أحدهما: أخذ الرشوة, والآخر: الحكم بغير حق; وكذلك الراشي. وقد تأول ابن مسعود ومسروق السحت على الهدية في الشفاعة إلى السلطان, وقال: "إن أخذ الرشا على الأحكام كفر"
« Et s’il lui donne un pot de vin afin qu’il juge en sa faveur injustement, alors ce juge s’est pervertit sous deux aspects : Le premier est de prendre le pot de vin, et le second est de juger sans droit ; il en est de même pour celui qui donne ce pot de vin. Et Ibn Mas‘oûd ainsi que Masroûq ont interprété « Al Souht » comme étant l’argent versé au sultan pour qu’il intercède, et il dit « S’il prend le pot de vin pour donner les verdicts, il devient mécréant ». »
Et Ibn Qoudâma a dit dans Al Moughnî volume 23 page 28 :
فَصْلٌ : فَأَمَّا الرِّشْوَةُ فِي الْحُكْمِ ، وَرِشْوَةُ الْعَامِلِ ، فَحَرَامٌ بِلَا خِلَافٍ.قَالَ اللَّهُ تَعَالَى { أَكَّالُونَ لِلسُّحْتِ } قَالَ الْحَسَنُ ، وَسَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ ، فِي تَفْسِيرِهِ : هُوَ الرِّشْوَةُ . وَقَالَ : إذَا قَبِلَ الْقَاضِي الرِّشْوَةَ ، بَلَغَتْ بِهِ إلَى الْكُفْرِ
« Quant au pot de vin dans le jugement, ou le pot de vin donné par l’employé ; c’est interdit sans aucune divergence. Allah a dit « et voraces de gains illicites. » Hassan Al Basrî et Sa‘îd Ibn Joubayr ont interprété cela par le pot de vin. Et il dit : si le juge accepte le pot de vin, cela l’amène à la mécréance. »
Le savant du Hadîth ‘Abdallah Ibn ‘Abderrahmân As-Sa‘d dit dans « Charh Nawâqidh Al Islâm » page 48 :
وكما قال تعالى : ( ومن لم يحكم بما أنزل الله فأولئك هم الكافرون ) وكما قال تعالى بعدها بآية : (فأولئك هم الظالمون ) ، وقال بعدها بآيتين : ( فأولئك هم الفاسقون )... وغير ذلك من الآيات التي جاءت في معنى هذه الآية، وكما ذكرت لكم فيما سبق ما جاء عن عبد الله بن مسعود رضي الله تعالى عنه فيما رواه ابن جرير الطبري بإسناد صحيح عن علقمة عن عبد الله بن مسعود ، عندما سئل عن الرشوة في الحكم ، قال : ذاك الكفر . فعرف الكفر قال : ذاك هو الكفر . يعني هو الكفر الأكبر عافانا الله وإياكم من ذلك
« Et comme Allah a dit « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a révélé, ceux là sont les mécréants… » et au verset suivant : « Ceux là sont les injustes » et après deux versets : « Ceux là sont les pervers. » et autres versets ayant le sens de ces versets. Et comme je vous l’avais relaté auparavant qu’il fut rapporté qu’Abdallah Ibn Mas‘oûd qu’Allah l’agrée d’après ce que rapporte Ibn Jarîr avec une chaîne de rapporteurs authentique, d’après ‘Alqama d’après ‘Abdallah Ibn Mas‘oûd que lorsqu’il fut interrogé concernant le pot de vin lors d’un jugement, il répondit « Voila la mécréance ! » Il mit donc la mécréance à la forme définie, voulant dire « Ceci est la mécréance » il voulait donc dire : la mécréance majeure bannissant de l’Islam, qu’Allah nous protège ainsi que vous-même de cela. »Fin de citation.
Et certains disent qu’Ibn Mas‘oûd voulait dire par « Ceci est la mécréance » la mécréance mineure. Mais ceci est peu probable, car Ibn Mas‘oûd avait décrit juste avant le pot de vin comme était du « Souht » qui est déjà de la mécréance mineure ; donc lorsqu’après on lui demanda « et le pot de vin lors d’un jugement ? » Il dit « Ceci est la mécréance » il ne parlait plus de la mécréance mineure du « Souht » mais bien de la mécréance majeure. De plus, à la base lorsque la mécréance est mentionnée sans précision ; elle doit être considérée par défaut comme de la mécréance majeure.
Et l’avis d’Ibn Mas‘oûd n’est pas de moindre importance ! L’imam Al Boukhârî rapporte dans son Sahîh, n°5002 :
عَنْ مَسْرُوقٍ قَالَ قَالَ عَبْدُ اللَّهِ - رضى الله عنه - وَاللَّهِ الَّذِى لاَ إِلَهَ غَيْرُهُ مَا أُنْزِلَتْ سُورَةٌ مِنْ كِتَابِ اللَّهِ إِلاَّ أَنَا أَعْلَمُ أَيْنَ أُنْزِلَتْ وَلاَ أُنْزِلَتْ آيَةٌ مِنْ كِتَابِ اللَّهِ إِلاَّ أَنَا أَعْلَمُ فِيمَ أُنْزِلَتْ ، وَلَوْ أَعْلَمُ أَحَدًا أَعْلَمَ مِنِّى بِكِتَابِ اللَّهِ تُبَلِّغُهُ الإِبِلُ لَرَكِبْتُ إِلَيْهِ
« D’après Masroûq : il dit qu’Abdallah [Ibn Mas‘oûd] qu’Allah l’agrée, a dit : « Par Celui en dehors de qui il n’y a pas d’autre vrai dieu, il n’y a pas une sourate qui fut révélée du Livre d’Allah sans que je soit le mieux informé du lieux de sa révélation ! Et il n’est pas un verset du Livre d’Allah sans que je sois le mieux informé de la raison de sa révélation ! Et si je connaissais quelqu’un de mieux informé que moi du Livre d’Allah, qu’un chameaux me le transmette : je le monterai pour le rejoindre ! »
Donc, lorsqu’il y a divergence entre les compagnons : aucun de leur avis ne mérite plus d’être suivit qu’un autre, tant que l’avis n’est pas appuyé d’une preuve émanant du Coran ou de la Sounna. Quant au seul avis du compagnons, il n’est pas une preuve ;
L’imam Chawkânî a dit dans « Irchâd Al Fouhoûl » page 229, 230 :
الحال السادس : أن يكون الخبر ظاهرا في شيء فيحمله الراوي من الصحابة على غير ظاهره إما بصرف اللفظ عن حقيقته أو بأن يصرفه عن الوجوب إلى الندب أو عن التحريم إلى الكراهة ولم يأت بما يفيد صرفه عن الظاهر فذهب الجمهور من أهل الأصول إلى أنه يعمل بالظاهر ولا يصار إلى خلافه لمجرد قول الصحابي أو فعله وهذا هو الحق لأنا متعبدون بروايته لا برأيه
« La sixième situation : lorsque le l’information a un sens apparent, et que le compagnon qui le rapporte lui donne un autre sens que le sens apparent ; soit en changeant le sens réelle des termes, ou en donnant aux termes indiquant l’obligation le sens de la recommandation, ou en donnant aux termes indiquant l’interdiction le sens de « détestable », sans pour autant nous donner la cause portant à ne pas prendre le sens apparent. Ainsi, la plupart des fondamentalistes sont d’avis que l’on doit appliquer le sens apparent des textes, sans pencher pour autre chose sur base du simple avis d’un compagnon ou de sa façon de pratiquer. Et ceci est la vérité car ; nous sommes asservis à ce que nous rapporte le compagnons [comme enseignements du prophète] mais pas à son avis à lui. »
Ainsi, même si nous disions que Ibn ‘Abbâs est le plus savants des compagnons sur le Coran, que le prophète à fait une invocation pour lui, etc. Tout ceci n’est que de la manipulation pour faire peur aux gens, alors que la règle Islamique est claire : Personne n’est obligé d’obéir à l’avis d’ibn ‘Abbâs si celui-ci ne donne pas de preuve tirée de la révélation lorsque d’autres compagnons ont eu un autre avis que lui.
D’ailleurs, tout le monde connait ce qu’Ibn ‘Abbâs a dit : « Des pierres du ciel vont bientôt vous tomber sur la tête ! Je vous dit « Allah et Son messager ont dit » et vous me dites « Abou Bakr et ‘Omar ont dit ?! » »
Pensez vous que ceci n’est valable que pour Abou Bakr et ‘Omar, mais pas pour Ibn ‘Abbâs ?!
Nos opposants argumentent en disant que ; si on prend le sens apparent du verset « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a révélé, ceux là sont les mécréants » il faudra alors juger mécréant tout pécheur, car celui qui désobéit à Allah juge par autre que la loi d’Allah.
La réponse est que :
Ibn Qayyim dit dans « I‘lâm Al Moûqi‘în » 4/173 :
فالحاكم والمفتي والشاهد كل منهم مخبر عن حكم اللهفالحاكم مخبر منفذ والمفتي مخبر غير منفذ والشاهد مخبر عن الحكم الكوني القدري المطابق للحكم الديني الامري فمن اخبر منهم عما يعلم خلافه فهو كاذب على الله عمدا
« Le Juge, le Mouftî et le Témoin ; chacun d’entre eux informe sur le jugement d’Allah ; quant au juge : il informe et exécute, quant au Mouftî : il informe mais n’exécute pas ; quant au témoin : il informe des faits qui se sont déroulé, en relation avec un jugement religieux. Celui d’entre les trois qui donne un renseignement qu’il sait être faux : il aura mentit sur Allah exprès. »
Dès lors ; nous savons que le Juge est quelqu’un qui informe d’un jugement d’Allah et qui l’exécute : or cette caractéristique ne se retrouve pas chez tout pécheur. Celui qui boit du vin, par exemple ; on ne peut pas dire que lorsqu’il boit du vin il nous informe sur le jugement d’Allah relatif au vin ! Et ainsi pour le reste des grands péchés.
Ensuite, nos opposants se basent sur un autre récit attribué à Ibn ‘Abbâs ; que rapporte Ibn Jarîr At-Tabarî dans son Tafsîr :
حدثني المثنى قال، حدثنا عبد الله بن صالح قال، حدثني معاوية بن صالح، عن علي بن أبي طلحة، عن ابن عباس قوله:"ومن لم يحكم بما أنزل الله فأولئك هم الكافرون"، قال: من جحد ما أنزل الله فقد كفر. ومن أقرّ به ولم يحكم، فهو ظالم فاسقٌ.
« Al Mouthnâ m’a raconté qu’Abdallah Ibn Sâlih m’a raconté que Mou‘âwiya Ibn Sâlih rapporte d’après ‘Alî Ibn Abî Talha qu’Ibn ‘Abbâs a dit « La parole d’Allah « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont les mécréant » Celui qui renie ce qu’Allah a révélé est un mécréant. Quant à celui qui l’admet mais ne juge pas par cela, c’est un injuste pervers. »
Le terme qui a été traduit par « Celui qui renie » dans ce passage est le terme arabe « JaHada » (جحد) or le terme JaHada était utilisé par les anciens pour désigner un sens plus large que celui des contemporains : aujourd’hui, on traduit le JouHoûd par le fait de démentir la vérité et la renier. Donc, nos opposants prétendent que tant qu’un homme avoue qu’il est en tord de ne pas juger d’après la Loi d’Allah, et que la Loi d’Allah est la vraie Loi et qu’il sait qu’il mérite le châtiment, il est alors musulman même s’il ne juge pas par la Loi d’Allah.
Mais ceci n’est pas ce qu’a voulu dire Ibn ‘Abbâs (s’il l’a dit) ; Voici ce que nous explique Cheykh Al Islâm Ibn Taymiya dans Majmoû‘ Al Fatâwâ 20/98 :
ومن أطلق من الفقهاء أنه لا يكفر إلا من يجحد وجوبها فيكون الجحد عنده متناولا للتكذيب بالإيجاب ومتناولا للامتناع عن الإقرار والالتزام كما قال تعالى (فإنهم لا يكذبونك ولكن الظالمين بآيات الله يجحدون) وقال تعالى (وجحدوا بها واستيقنتها أنفسهم ظلما وعلوا فانظر كيف كان عاقبة المفسدين) وإلا فمتى لم يقر ويلتزم فعلها قتل وكفر بالاتفاق.
« Et les juristes qui ont dit que seul celui qui renie l’obligation [de la prière] devient mécréant : le reniement à leur sens inclus tant le démenti de l’obligation de la prière, que le renoncement de l’accepter et de s’engager à la pratiquer ; comme lorsqu’Allah dit « Certes, ils ne te démentent pas ; mais les injustes renient les versets d’Allah » et Allah a dit « Et ils les renièrent, alors qu’en eux-mêmes ils étaient convaincu, par injustice et tyrannie ; regarde quel fut le sort des corrupteur ! » Sinon, à partir du moment où il ne l’accepte pas et ne s’engage pas à la pratiquer, il est exécuté et condamné à la mécréance, à l’unanimité. »
Aussi, certains Salafs considéraient que la mécréance d’Iblîs était du Jouhoûd, or tout le monde sait qu’Iblîs connait la vérité et l’admet, et qu’il n’a jamais démentit Allah ; ‘Abdallah fils de l’imam Ahmad Ibn Hanbal rapporte dans son livre « As-Sounnah » volume 2 page 197 :
663 - حدثنا سويد بن سعيد الهروي ، قال : سألنا سفيان بن عيينة عن الإرجاء ، فقال : « يقولون : الإيمان قول ، ونحن نقول الإيمان قول وعمل والمرجئة أوجبوا الجنة لمن شهد أن لا إله إلا الله مصرا بقلبه على ترك الفرائض ، وسموا ترك الفرائض ذنبا بمنزلة ركوب المحارم وليس بسواء لأن ركوب المحارم من غير استحلال معصية ، وترك الفرائض متعمدا من غير جهل ولا عذر هو كفر ، وبيان ذلك في أمر آدم صلوات الله عليه وإبليس وعلماء اليهود ، أما آدم فنهاه الله عز وجل عن أكل الشجرة وحرمها عليه فأكل منها متعمدا ليكون ملكا أو يكون من الخالدين فسمي عاصيا من غير كفر ، وأما إبليس لعنه الله فإنه فرض عليه سجدة واحدة فجحدها متعمدا فسمي كافرا ، وأما علماء اليهود فعرفوا نعت النبي صلى الله عليه وسلم وأنه نبي رسول كما يعرفون أبناءهم وأقروا به باللسان ولم يتبعوا شريعته فسماهم الله عز وجل كفارا ، فركوب المحارم مثل ذنب آدم عليه السلام وغيره من الأنبياء ، وأما ترك الفرائض جحودا فهو كفر مثل كفر إبليس لعنه الله ، وتركهم على معرفة من غير جحود فهو كفر مثل كفر علماء اليهود والله أعلم »
« 663 : Souwayd Ibn Sa‘îd Al Harouî nous a rapporté : Nous avons demandé à Soufyân Ibn ‘Ouyayna au sujet du Irjâ’ ; il répondit : « Ceux-là disent que la Foi n’est que parole, or nous nous disons que la Foi est parole et Pratique. Et les Mourji’a exigent le paradis pour quiconque témoigne qu’il n’y a de vrai dieu qu’Allah même si dans son cœur il persiste à abandonner les obligation. Et ils donnent à l’abandon des devoirs le nom de « péché » du même niveau que le fait de violer les interdictions ; alors que ce n’est pas la même chose : violer les interdis sans les rendre licite est une désobéissance, alors qu’abandonner les devoirs exprès sans ignorance ni excuse est une mécréance. Et la preuve de cela sont : l’Histoire de Âdam, que la paix soit sur lui, de ‘Iblîs et des savants juifs. Quant à Âdam, Allah lui interdit de manger de l’arbre. Mais il en mangea exprès afin de pouvoir devenir un ange ou de pouvoir vivre éternellement ; il fut alors nommé « désobéissant. » Pour ce qui est d’Iblîs, qu’Allah le maudisse, Allah lui a ordonné de se prosterner une seul fois, mais il refusa (Jahada) exprès ; cela en fit un mécréant. Quant aux savants juifs, ils connaissaient les descriptions du prophètes et savaient qu’il était le prophète et le messager d’Allah autant qu’ils connaissent leurs propres enfants ; et ils l’ont même admit de la langue, mais ils n’ont pas suivit sa Loi : Allah les a donc nommé « mécréants ». Dès-lors, violer les interdits est comparable au péché commis par Âdam, que la paix soit sur lui, ou des autres prophètes. Quant à l’abandon des devoirs par refus (JouHoûd), c’est la mécréance semblable à celle d’Iblîs, qu’Allah le maudisse. Et abandonner les devoirs en connaissance de cause, mais sans refus (JouHoûd) c’est la même mécréance que celle des savants juifs. Et Allah sait mieux. »