Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
Chapitre 14 L’avis du Cheykh Soulaymân Ibn Sahmân
Nos opposants nous affirment que Cheykh Soulaymân Ibn Sahmân considère le fait de recourir à la loi du Tâghoût lors des litiges n’est pas de la grande mécréance et n’annule pas l’Islam. Pour affirmer cela ; ils se basent sur ce qu’a dit le Cheykh dans « Irchâdout Tâlib » :
لكن ينبغي أن يعلم أن من تحاكم إلى الطواغيت أو حكم بغير ما أنزل الله واعتقد أن حكمهم أكمل وأحسن من حكم الله ورسوله فهذا ملحق بالكفر الاعتقادي [ بل هو منه لأنه اعتقد أن حكم الطاغوت خير من حكم الله ] المخرج من الملة كما هو مذكور في نواقض الإسلام العشرة. أما من لم يعتقد ذلك لكن تحاكم إلى الطاغوت وهو يعتقد أن حكمه باطل فهذا من الكفر العملي .
« Mais il faut savoir que celui qui recourt au jugement des Tawâghît lors des litiges ; ou juge par autre que la loi d’Allah en étant convaincu que leur loi est meilleur que le jugement d’Allah et de Son messager, celui-ci est attribué à la mécréance de conviction, cela en fait même pleinement partie vu qu’il a eu conviction que la loi du Tâghoût est meilleur que la loi d’Allah, qui fait sortir de l’Islam ; comme cela fut mentionné dans les dix causes d’annulation de l’Islam. Quant à celui qui recourt au jugement du Tâghoût en étant convaincu que son jugement est faux, alors ceci est de la mécréance de l’acte. »
Ils disent donc ; que le Cheykh Ibn Sahmân ici a considéré que si le recours au jugement du Tâghoût est fait sans conviction, c’est de la mécréance mineure !
Réponse :
Premièrement : Aucun homme n’a le droit d’être suivit ou obéit lorsqu’il va à l’encontre de la vérité ; et nul vérité ne mérite d’être remise en cause sous prétexte qu’un être humain la contredise.
Deuxièmement : Soulaymân Ibn Sahmân n’a pas parlé ici de mécréance mineure ou majeure, mais bien de mécréance de conviction et de mécréance de l’acte. Pour bien comprendre, nous devons lire ce passage ainsi que les quelques lignes qui le précèdent :
فانظر رحمك الله إلى ما ذكره العلماء من أن الكفر نوعان كفر اعتقاد ، و جحود وعناد ، فأما كفر الجحود والعناد فهو أن يكفر بما علم أن الرسول جاء به من عند الله جحوداً وعناداً من أسماء الرب وصفاته وأفعاله وأحكامه التي أصلها توحيده وعبادته وحده لا شريك له ، وهذا مضاد للإيمان من كل وجه فهذا هو الذي يخرج من الملة الإسلامية لأنه يضاد الإيمان من كل وجه ، وأما النوع الثاني فهو كفر عمل وهو نوعان أيضا مخرج من الملة وغير مخرج منها ، فأما النوع الأول فهو يضاد الإيمان كالسجود للصنم والاستهانة بالمصحف وقتل النبي وسبه والنوع الثاني كفر عمل لا يخرج من الملة كالحكم بغير ما أنزل الله وترك الصلاة فهذا كفر عمل لا كفر اعتقاد وكذلك قوله r (( لا ترجعوا بعدي كفاراً يضرب بعضكم رقاب بعض )) وقوله r (( من أتى كاهناً فصدقه أو أتى امرأة في دبرها فقد كفر بما أنزل على محمد )) r فهذا من الكفر العملي وليس كالسجود للصنم والاستهانة بالمصحف وقتل النبي وسبه وإن كان الكل يطلق عليه الكفر إلى آخر ما ذكر رحمه الله . لكن ينبغي أن يعلم أن من تحاكم إلى الطواغيت أو حكم بغير ما أنزل الله واعتقد أن حكمهم أكمل وأحسن من حكم الله ورسوله فهذا ملحق بالكفر الاعتقادي [ بل هو منه لأنه اعتقد أن حكم الطاغوت خير من حكم الله ] المخرج من الملة كما هو مذكور في نواقض الإسلام العشرة .
« Regarde donc, qu’Allah te fasse miséricorde, ce que les savants ont dit ; que la mécréance est de deux sortes : la mécréance du cœur ; qui inclus le rejet et le refus, la mécréance de rejet et de refus consiste à mécroire en ce que l’on sait être un enseignement du messager d’Allah de la part d’Allah ; par rejet et refus envers les noms et attributs d’Allah et Ses fonctions et ses lois, dont la base est Son Unicité et le monothéisme envers Lui ; sans aucun associé : et cette mécréance s’oppose la Foi sous tous les aspects et c’est cette mécréance qui expulse de la religion islamique car elle s’oppose à la Foi sous tous les aspects.
Pour ce qui est de la deuxième sorte ; c’est la mécréance de l’acte qui est elle-même de deux sortes : l’une qui fait sortir de la religion et l’autre qui n’en fait pas sortir. Quant à la première sorte ; c’est celle qui s’oppose à la Foi, comme se prosterner pour une idole, mépriser le Coran, tuer un prophète ou l’insulter. La deuxième sorte est celle qui ne fait pas sortir de la religion ; comme le fait de juger par autre que la Loi d’Allah et abandonner la prière ; ceci est de la mécréance de l’acte et non du cœur. Et de même ; le Hadîth où le prophète a dit « Ne redevenez pas mécréants après ma venue en vous égorgeant mutuellement… » Et le Hadîth « Celui qui va voir un devin et le croit, ou qui sodomise sa femme ; il a mécru en ce qui fut révélé à Mouhammad. » Ceci est de la mécréance de l’acte et ce n’est pas comme se prosterner pour une idole ou mépriser le Coran ou tuer un prophète ou l’insulter ; mais tout ceci est nommé mécréance… Jusqu’à la fin de ses propos [à Ibn Al Qayyim] Mais il faut savoir que celui qui recourt au jugement des Tawâghît lors des litiges ; ou juge par autre que la loi d’Allah en étant convaincu que leur loi est meilleur que le jugement d’Allah et de Son messager, celui-ci est attribué à la mécréance de conviction, cela en fait même pleinement partie vu qu’il a eu conviction que la loi du Tâghoût est meilleur que la loi d’Allah, qui fait sortir de l’Islam ; comme cela fut mentionné dans les dix causes d’annulation de l’Islam. Quant à celui qui recourt au jugement du Tâghoût en étant convaincu que son jugement est faux, alors ceci est de la mécréance de l’acte. » Fin de citation.
Le passage qui pose problème, c’est lorsqu’il donne pour exemple de mécréance de l’acte qui n’expulse pas de l’Islam ; « comme le fait de juger par autre que la Loi d’Allah et abandonner la prière », ceci alors qu’Ibn Al Qayyim juge mécréant et non musulman celui qui abandonne la prière, et ne considère pas l’abandon de la prière comme une mécréance mineure, pourtant il l’a considère comme une mécréance de l’acte et non une mécréance de conviction.
Mais les propos d’Ibn Al Qayyim, ici, parlent de celui qui ne juge pas d’après la Loi d’Allah et non pas de celui qui recourt à la Loi du Tâghoût pour juger de ses litiges, alors que Cheykh Soulaymân Ibn Sahmân nous dis à la fin de la citation : «Quant à celui qui recourt au jugement du Tâghoût en étant convaincu que son jugement est faux, alors ceci est de la mécréance de l’acte » or nous savons que la mécréance de l’acte est de deux sortes ; l’une expulse de l’Islam et l’autre n’en expulse pas ; et ici Cheykh Soulaymân Ibn Sahmân n’a pas mis en évidence quel sortes de mécréance de l’acte visait-il ?
Par contre ; il fut tout simplement catégorique dans un autre de ses textes ; dans Dourar As-Saniyya 10/510, 511 :
إذا عرفت أن التحاكم إلى الطاغوت كفر، فقد ذكر الله في كتابه أن الكفر أكبر من القتل، قال: {وَالْفِتْنَةُ أَكْبَرُ مِنَ الْقَتْلِ} ، وقال: {وَالْفِتْنَةُ أَشَدُّ مِنَ الْقَتْلِ} ، والفتنة: هي الكفر; فلو اقتتلت البادية والحاضرة، حتى يذهبوا، لكان أهون من أن ينصبوا في الأرض طاغوتا، يحكم بخلاف شريعة الإسلام، التي بعث الله بها رسوله صلى الله عليه وسلم. المقام الثالث: أن نقول: إذا كان هذا التحاكم كفرا، والنّزاع إنما يكون لأجل الدنيا، فكيف يجوز لك أن تكفر لأجل ذلك؟ فإنه لا يؤمن الإنسان، حتى يكون الله ورسوله أحب إليه مما سواهما، وحتى يكون الرسول أحب إليه من ولده ووالده والناس أجمعين. فلو ذهبت دنياك كلها، لما جاز لك المحاكمة إلى الطاغوت لأجلها، ولو اضطرك مضطر وخيرك، بين أن تحاكم إلى الطاغوت، أو تبذل دنياك، لوجب عليك البذل، ولم يجز لك المحاكمة إلى الطاغوت; والله أعلم، وصلى الله على محمد، وآله وسلم تسليما كثيرا.
« Si tu sais que demander le jugement du Tâghoût est une mécréance, eh bien Allah nous a annoncé dans Son Livre que la mécréance est plus grave que le meurtre, Il dit : « Le fléau est plus grave que le meurtre » Et : « Le fléau est pire que le meurtre. »
Or, le fléau ici, c’est la mécréance. De ce faite, si tous les bédouins et les citadins s’entretuaient jusqu’à disparaître, cela serait moins grave que si on nommait un seul Tâghoût qui juge à l’encontre de la loi de l’Islam, qu’Allah a envoyé avec Son messager.
Nous disons : Si le faite de recourir à son jugement est une mécréance, et que le litige est sur une affaire mondaine, comment te serait-il alors permis de mécroire pour ça ? En effet, un homme n’a pas de Foi tant qu’Allah et Son messager ne lui sont pas plus chers que qui que ce soit d’autres, et que le messager lui soit plus cher que son fils, son père ou toute l’humanité.
Si tout tes biens mondains devaient disparaître, il ne te serait pas permis de t’en référer au Tâghoût afin qu’il te juge pour ne pas les perdre. Et même si tu te trouvais dans une situation où l’on t’oblige de choisir entre : recourir au jugement du Tâghoût, ou perdre tous tes biens mondains, eh bien tu devras obligatoirement choisir de perdre tes biens, et il ne te sera pas permis de recourir au jugement du Tâghoût. » Fin de citation.
Nous notons ici les choses suivantes :
Le Cheykh a considéré que recourir au jugement du Tâghoût est pire que le meurtre, et ceci concerne le grand polythéisme.
Le Cheykh a considéré que l’extermination des hommes est moins grave que le recours au jugement du Tâghoût ; or il est claire qu’en Islam il est permis de violer une interdiction pour sauver la vie d’un musulman, excepté les péchés suivants : Les turpitudes, l’oppression, le Chirk et parler sur Allah sans science.
Cheykh Al Islâm Ibn Taymiya dit dans Majmoû‘ Al Fatâwâ, volume 14 page 477 :
وما هو محرم على كل أحد فى كل حال لا يباح منه شىء، وهو الفواحش والظلم والشرك، والقول على الله بلا علم وبين ما سوى ذلك.
« Et les choses qui sont interdite en toute situation et en aucun cas permises sont : les turpitudes, l’injustice, l’idolâtrie, et le faite de dire sur Allah ce qu’on ne sait pas ; et les choses de ce genre. »
Le Cheykh considère que perdre tous ses biens primes sur le recours au jugement du Tâghoût, cela souligne bien qu’il ne considère pas ceci comme de la mécréance mineure.
Ensuite, pour en venir à du concret ; Cheykh Soulaymân Ibn Sahmân dit dans « Dyâ’ou Chariq » page 680 :
وجميع ما ذكره من الكذب الفاضح، والإفك الواضح على الوهابية، بل هؤلاء الذي يزعم أنهم المسلمون قد ظهر مكنون ما لديهم ومحصول ما انطوت عليه ضمائرهم، من الميل إلى أعداء الله، وأعداء رسوله ودينه، وهذا الملحد المفتري من جملتهم، ومن أنصارهم وأعوانهم، فإنه قد كذب على الوهابية، ورماهم بما هو وحزبه أهله لا أهل الإسلام، فقد أكذبه الله ونكسه على رأسه، وعاد فجوره عليه، وعلى من قام في نصرته، بما أظهروه واجتمعوا عليه من الدستور، وما أعلنوه من الكفر والفجور "سنة1326" لست وعشرين بعد الثلاثمائة والألف من الهجرة النبوية، فصرحوا فيه أنها عيسوية، موسوية عثمانية عربية، وأن كل هذه الطوائف المتباينة في أديانها تكون إخواناً، وأنها تجتمع على حرب من خرج عن حكم هذا الدستور، ونصبوا في كل الأماكن من ديارهم مدارس يعلمون الناس دين النصرانية، وجعلوا قاضياً عاماً من الإنكليز الكفار يحكم بين الناس، لأنه بزعمهم أعلم بالسياسات، يكون ذلك القاضي بمصر، فتبين بهذا أنهم هم الذين نزعوا إليهم، واتخذوا أعداء الدين أولياء وإخواناً، وأنهم هم الذين سعوا بهذا إلى الفساد، وولجوا به في الغواية والعناد
« Et tous ce qu’il a dit comme mensonges accablants ; et comme dénigrements évidents contre les Wahhabites, ce sont plutôt ceux-là, ces gens soit disant musulmans, qui ont montré ce que cachaient leurs cœurs comme penchant pour les ennemis d’Allah et les ennemis de Son messager et de Sa religion. Et cet infâme irréligieux discriminateur en fait bien partie, il est de leurs sauveurs et de ceux qui les aident ; car il a certes mentit sur les Wahhabites ; et les a accusé de chose dont il est seul coupable ; lui et les siens, et non les musulmans ! Allah l’a démentit et lui a renversé ses accusation sur la tête ; et son infamie est retombé sur lui et sur ce qu’il a secouru, pour cette constitution qu’ils ont proclamé et sur laquelle ils se sont unis ; ce qu’ils ont proclamé comme mécréance et infamie en l’an 1326 de l’hégire ! Ils y ont stipulé que cette constitution est Jésuite, Judaïque, Ottomane et Arabe ; et que tous ces groupes distincts de leur religion sont frères, et qu’ils sont unis pour combattre quiconque transgresse la loi de cette constitution. Et ils ont établis dans chaque endroits de leurs terres des écoles où l’on enseigne aux gens le christianisme ; et ils ont nommé un juge général anglais mécréant qui juge des litiges entre les gens ; car, disent t’ils, il est mieux informé sur la politique ! Ce juge se trouve en Égypte. Ainsi, il est clair que ce sont eux qui s’en rapprochent le plus, et qui ont pris les ennemis de la religion pour alliés et frères ; et que ce sont eux qui ont couru vers cette corruption, et dans la tromperie et la rébellion. » Fin de citation.
Ces propos sont évidents : il juge mécréant ces gens à cause de leur constitution incluant la liberté d’expression et l’unité nationale, et l’égalité de tous les membres sans distinctions entre les religions : ce qui se retrouve dans toutes les constitutions arabes sans exceptions. L’avis de Soulaymân Ibn Sahmân est net et sans équivoque concernant le recours à la loi du Tâghoût et aux constitutions : c’est de la mécréance majeure qui invalide l’Islam.