Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
Comparer le dessinateur au législateur est une comparaison légalement invalide, car pour faire une comparaison entre deux choses (Al Qyâs), il y a quatre conditions :
Un modèle référentielle (Al Açl) dont le statut (Al Houkm) est connu, c’est ce qu’on appelle « Al Mouqîç ‘Aleyhi ».
L’élément (Al Far‘) que l’on veut comparer au modèle de base car on en ignore le statut, c’est ce qu’on appelle : « Al Mouqîç ».
La cause du statut (‘Illat oul Houkm) de ce modèle de base, cette cause est une caractéristique de ce modèle qui provoqua le statut lui a été donné.
Que la caractéristique qui causa le statut du modèle existe dans l’élément que l’on veut comparer au modèle (Ichtirâk al ‘illat).
Exemple :
Nous découvrons le hachich, une drogue bien connue, mais nous ignorons son statut car aucun verset ni aucun Hadîth n’en parle. La caractéristique de cette drogue, c’est qu’elle amène à un état d’ivresse, et cette caractéristique se retrouve dans l’alcool, et cette caractéristique fut la cause de l’interdiction de l’alcool. Les conditions du Qyâs sont donc réunies :
Le statut du modèle de base (l’alcool) (Al Asl)
La cause de son interdiction (la caractéristique de l’ivresse) (Al ‘Illa)
L’élément que l’on veut comparer à l’alcool (le hachich) (Al Far‘)
La caractéristique en commun (L’ivresse)
Nous pouvons donc donner au hachich le statut de l’alcool.
Donc, si nous voulons comparer le dessin à la codification des lois, nous devrons également remplir ces conditions. Est-ce possible ? Nous allons essayer :
Le dessin étant donc pris pour modèle de base, nous devons premièrement connaître le statut légal du dessin, quel est-il ?
Réponse : Le dessin est à la base permis, sauf si ce sont des êtres animés. Il n’y a aucun mal de dessiner des montagnes ou des rivières, ou des nuages, ou des arbres… Ce qui est interdit c’est de dessiner les êtres vivants car les hadîth en ont fait exception.
La cause du statut du dessin, c’est qu’aucun texte n’est venu l’interdire dans l’absolue, sauf en ce qui concerne les êtres vivants. Comme la base de toute chose est la permission, le statut du dessin est à la base : la permission.
L’élément (les lois humaines) que l’on voudrait comparer au modèle de base (le dessin) (Al Far‘) :
Il n’y a pas lieu de le faire ici, car le statut des lois humaines est déjà connu et prouvé par des textes évidents et bien plus catégoriques que ceux concernant le dessin, et son statut est l’exact opposé de celui du dessin : gouverner par autre que la loi d’Allah est absolument interdit quelque soit la circonstance, et c’est au minimum de la mécréance mineure : Allah a textuellement nommé « mécréant » celui qui ne juge pas par Sa loi, et « Associé » celui qui légifère en dehors de Lui ! « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a révélé, ceux-là sont les mécréant » « Ou bien ont-ils des associés qui leur ont légiféré un Dîn qu’Allah n’a jamais permis… » Si juger en dehors d’Allah est à la base interdit, que dire de légiférer à l’encontre de la loi d’Allah ?! De ce faite le Qiyâs est invalide car il n’y a aucun Qiyâs en présence d’un texte.
La caractéristique en commun entre le modèle (le dessin) et l’élément qui lui est comparé (les lois humaines) : Il n’y en a aucune : La caractéristique d’inventer des lois contraires à celle d’Allah est que cela consiste à s’ériger à l’égale d’Allah dans Sa Seigneurie, alors que dessiner un arbre ou un une montagne est permis et n’est en aucun cas une imitation d’Allah dans Sa Seigneurie : aucun musulman ni même aucune personne intelligente irait dire qu’il est permis d’imiter Allah dans quoi que ce soit qui n’appartient qu’à Lui.
La comparaison est donc totalement invalide.
L’implication de cette règle amène inévitablement à une mécréance majeure :
Si cette règle était exacte, alors elle serait valable pour quiconque imite Allah de quelque manière que ce soit, ou qui fait ressembler Allah à sa création. Exemples:
Lorsque quelqu’un lis l’avenir dans les mains ; il se met à l’égal d’Allah tout comme le dessinateur se met à l’égal d’Allah, sauf s’il a conviction d’être égal à Allah. Par contre s’il le fait pour gagner sa vie alors ce n’est pas du Chirk majeure.
Lorsque quelqu’un offre un sacrifice à un autre qu’Allah ; il est comme le dessinateur il donne un égal à Allah ; mais s’il le fait sans avoir conviction que celui à qui il offre ce sacrifice est égal à Allah alors c’est juste un grand péché.
Et ainsi nous pourrions continuer avec toute forme de Chirk et en venir à la conclusion que nul n’est polythéiste lorsqu’il donne un égal à Allah de ses actes tant qu’il n’a pas conviction que celui qu’il adore est égal à Allah : s’il le fait pour rigoler, ou pour de l’argent ou pour faire plaisir à quelqu’un sans conviction il ne serait, d’après cette règle, pas mécréant ; et une telle conclusion amène à contredire l’unanimité des musulmans sur la mécréance de celui qui, de son corps, adore un autre qu’Allah sans contrainte même s’il est convaincu que ceci est interdit et que seul Allah mérite l’adoration. Et ceci est une mécréance nette ;
Ibn Taymiya dit dans Majmoû‘ Al Fatâwâ volume 7 page 219, 220 :
ولهذا كان القول الظاهر من الإيمان الذي لا نجاة للعبد إلا به عند عامة السلف والخلف من الأولين والآخرين إلا الجهمية جَهْماً ومن وافقه فإنه إذا قدر أنه معذور لكونه أخرس، أو لكونه خائفاً من قوم إن أظهر الإسلام آذوه ونحو ذلك، فهذا يمكن ألا يتكلم مع إيمان في قلبه، كالمكره على كلمة الكفر، قال اللّه تعالى: {إِلاَّ مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيمَانِ وَلَكِن مَّن شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ اللّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ} [النحل:106] وَهذه الآية مما يدل على فساد قول جهم ومن اتبعه، فإنه جعل كل من تكلم بالكفر من أهل وعيد الكفار، إلا من أكره وقلبه مطمئن بالإيمان. فإن قيل: فقد قال تعالى: {وَلَكِن مَّن شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْرًا} قيل: وهذا موافق لأولها فإنه من كفر من غير إكراه فقد شرح بالكفر صدراً، وإلا ناقض أول الآية آخرها، ولو كان المراد بمن كفر هو الشارح صدره، وذلك يكون بلا إكراه، لم يستثن المكره فقط، بل كان يجب أن يستثنى المكره وغير المكره إذا لم يشرح صدره، وإذا تكلم بكلمة الكفر طوعاً فقد شرح بها صدراً وهي كفر
« Ce pourquoi la parole extérieure fait partie de la Foi sans laquelle un homme ne peut être sauvé, et ceci d’après l’ensemble des prédécesseurs et des successeurs, parmi les premiers et les derniers, excepté les Jahmiya : Jahm et ceux qui l’on approuvé. En effet, dans l’hypothèse où une personne est excusée à cause qu’il est muet ou car il a peur de son peuple qui lui ferait du mal s’il manifestait l’Islam ou quelque chose comme ça, dans ce cas il est possible qu’il ait la Foi dans son cœur sans rien prononcer de sa langue, tout comme celui qui est contraint de prononcer une parole de mécréance. Allah a dit « Sauf celui qui y est contraint, alors que son cœur reste rassuré sur la Foi, mais quiconque ouvre son cœur avec la mécréance : ceux là ont sur eux la colère d’Allah et ont un terrible châtiment » (sourate 16 verset 106) Or ce verset indique la décadence de l’avis de Jahm et de ses adeptes ; car ce verset à classé toute personne qui tiendrait des propos de mécréance parmi les mécréants menacés ; sauf celui qui est contraint et dont le cœur est rassuré sur la Foi. Et si on dit « Mais Allah a dit « Mais quiconque ouvre son cœur avec la mécréance » ! » On répondra alors : Ceci concorde avec le début du verset, car celui qui commet de la mécréance sans y être contraint, il a ouvert son cœur avec la mécréance, sinon le début du verset contredirait la fin. Et si cela voulait parler de celui qui commet la mécréance en ouvrant son cœur ; et que cela puisse arriver même lorsqu’on le fait sans être contrainte, alors le verset n’aurait pas fait exception pour le contraint uniquement, mais il aurait fallu excepter le contraint ainsi que celui [qui commet de la mécréance] qui n’est pas contraint sans ouvrir son cœur à la mécréance. Lorsqu’il tient des propos de mécréance par opportunisme : il a ouvert son cœur avec la mécréance et ceci est une mécréance. » Fin de citation.
Et Soulaymân Ibn ‘Abdallah Âl Cheykh a dit dans Dourar As-Saniyya 8/133 :
ثم أخبر تعالى: أن سبب هذا الكفر والعذاب، ليس بسبب الاعتقاد للشرك، أو الجهل بالتوحيد، أو البغض للدين، أو محبة الكفر، وإنما سببه أن له في ذلك حظاً من حظوظ الدنيا فآثره على الآخرة، وعلى رضى رب العالمين فقال: {ذَلِكَ بِأَنَّهُمُ اسْتَحَبُّوا الْحَيَاةَ الدُّنْيَا عَلَى الْآخِرَةِ وَأَنَّ اللَّهَ لا يَهْدِي الْقَوْمَ الْكَافِرِينَ} [سورة النحل آية: 107]، فكفّرهم تعالى، وأخبر أنه لا يهديهم مع كونهم يعتذرون بمحبة الدنيا. ثم أخبر تعالى: أن هؤلاء المرتدين لأجل استحباب الدنيا على الآخرة، هم الذين طبع الله على قلوبهم وسمعهم وأبصارهم، وأنهم الغافلون. ثم أخبر خبراً مؤكداً محققاً: أنهم في الآخرة هم الخاسرون.
« Puis Allah nous informa que la cause de cette mécréance et de ce châtiment ne sont pas le faite qu’ils aient été convaincus par l’idolâtrie, ou qu’ils aient ignoré le monothéisme, ou qu’ils aient détesté la religion ou aimé la mécréance… Mais la cause de cela est qu’ils ont eu dans cela une jouissance mondaine et qu’ils l’ont préféré à la religion et à la satisfaction du Seigneur des mondes.Alors Allah dit : « Il en est ainsi, parce qu'ils ont aimé la vie présente plus que l'au-delà. Et Allah, vraiment, ne guide pas les gens mécréants. » Allah les jugea alors mécréants, et annonça qu’Il ne les guidera pas même s’ils prétendent l’avoir faire par amour pour ce bas monde. Ensuite, Allah nous informa que ces apostats sont ceux de qui Il scella le cœur, les oreilles et les yeux, pour cause de leur préférence de ce bas monde à l’au-delà, et que ce sont les insouciants. Ensuite, Allah informa, afin d’appuyer l’information précédente, que ceux là seront les perdants dans l’au-delà. » Fin de citation.
Mais en imaginant que leur ambiguïté soit vraie : imaginons que réellement celui qui légifère des lois n’est pas mécréant tant qu’il ne déclare pas en avoir le droit, ce n’est qu’un piège qui se retournera contre eux, car le gouvernement du Koweït affirme que le gouverneur a le droit de faire des lois, de les proposer, de les approuver et de les émettre, comme c’est mentionné dans l’article 65 et 79 de la constitution du Koweït :
65 - مادة
للامير حق اقتراح القوانين و حق التصديق عليها واصدارها
Article 65 :
L’Emir a le droit de proposer des lois, et le droit de les approuver et de les émettre…
مادة - 79
لا يصدر قانون إلا إذا اقره مجلس الأمة وصدق عليه الأمير
Article 79 :
Aucune loi ne peut être émise tant qu’elle n’est pas approuvée par l’assemblé et reconnue par l’Emir.
De ce faite, même d’après leurs conditions, ce gouvernement devrait être jugé mécréant, alors vont t’ils se conformer à leur hérésie ou bien vont-ils inventer une autre règle pour préserver les faux dieux ? Jamais ils ne les jugeront mécréants, car il n’aiment pas Allah ni Son commandement, même s’ils les voyaient uriner sur le Coran ils ne les jugeraient pas mécréant, même lorsque le roi Fahd ibn Saoûd porta la croix chrétienne publiquement et avec le sourire, ils ne le jugèrent pas mécréant, mais au contraire prétendirent que ce n’est pas de la grande mécréance si c’est fait sans conviction, voir même que c’est permis s’il y a là un intérêt pour l’islam…
En ce qui concerne l’orgueilleux
Allah a dit : « Entrez donc par les portes de l'Enfer pour y demeurer éternellement. Combien est mauvaise la demeure des orgueilleux! » Sourate 16 verset 29
Allah dit : « Entrez, (leur) dira-t-on, par les portes de l'Enfer, pour y demeurer éternellement". Qu'il est mauvais le lieu de séjour des orgueilleux! » Sourate 39 verset 72
Allah a dit : « Franchissez les portes de l'Enfer pour y demeurer éternellement. Qu'il est mauvais le lieu de séjour des orgueilleux! » Sourate 40 verset 76
Allah a dit : « Ceux qui s'enflaient d'orgueil dirent: "Nous, nous ne croyons certainement pas en ce que vous avez cru". » sourate 7 verset 76
Allah dit : « Et tous comparaîtront devant Allah. Puis, les faibles diront à ceux qui s'enflaient d'orgueil: "Nous étions bien vos suiveurs. Pouvez-vous nous être de quelque utilité contre le châtiment d'Allah?" - Alors, les autres diront: "Si Allah nous avait guidés nous vous aurions certainement guidés. Il est indifférent pour nous de nous plaindre ou d'endurer; nous n'avons pas d'échappatoire". » Sourate 14 verset 21
Allah a dit « Et ceux qui n'espèrent pas Nous rencontrer disent: "Si seulement on avait fait descendre sur nous des Anges ou si nous pouvions voir notre Seigneur!" En effet, ils se sont enflés d'orgueil en eux-mêmes, et ont dépassé les limites de l'arrogance. » Sourate 25 verset 21
Allah dit : « Et ceux que l'on considérait comme faibles diront à ceux qui s'enorgueillissaient: "C'était votre stratagème, plutôt, nuit et jour, de nous commander de ne pas croire en Allah et de Lui donner des égaux". Et ils cacheront leur regret quand ils verront le châtiment. Nous placerons des carcans aux cous de ceux qui ont mécru: les rétribuerait-on autrement que selon ce qu'ils œuvraient » Sourate 34 verset 33
Et d’autres versets encore très nombreux.
Et cheykh Al Islam Ibn Taymiya dit dans Majmoû‘ Al Fatâwâ volume 7 page 623 :
ورأس الإسلام وهو: شهادة أن لا إله إلا الله، وله ضدان: الكبر والشرك... فإن المستكبر عن عبادة الله لا يعبده فلا يكون مستسلمًا له، والذي يعبده ويعبد غيره يكون مشركًا به فلا يكون سالمًا له، بل يكون له فيه شرك.
« Et la tête de l’Islam est le témoignage qu’il n’y a de vrai dieu qu’Allah. Or ce témoignage à deux opposés : l’orgueil et l’idolâtrie… Celui qui par orgueil n’adore pas Allah n’est donc pas soumis à Lui, et celui qui L’adore avec quelque chose d’autre Lui a alors donné un associé, et ne Lui est donc pas pure, mais il est souillé par l’idolâtrie. »
Conclusion : L’orgueilleux peut être mécréant lorsque son orgueil le pousse à commettre de l’idolâtrie ou à s’érigé à l’égale d’Allah, et celui là dispute avec Allah l’orgueil. Quant à celui dont l’orgueil le pousse à mépriser autrui ou à s’entêter, celui là n’est pas mécréant, et ne s’approprie pas un attribut d’Allah à l’unanimité.
Ibn Al Qayyim dit dans « Al Jawâb Al Kâfî » page 161 :
إذا عرف هذا فمن خصائص الإلهية السجود, فمن سجد لغيره فقد شبه المخلوق به. ومنها: التوكل, فمن توكل على غيره فقد شبهه به. ومنها: التوبة, فمن تاب لغيره فقد شبهه به. ومنها: الحلف باسمه تعظيما وإجلاله, فمن حلف بغيره فقد شبهه به.
« En sachant cela alors parmi les trait propre à la divinité il y a la prosternation : celui qui se prosterne pour un autre que lui, il a fait ressembler la créature au créateur. il y a également le tawakkul : celui qui pratique le tawakkul sur un autre que lui, il l'a fait ressemblé à lui il y a également la repentance (tawba) : celui qui fait tawba à un autre que lui, il l'a fait ressemblé à lui il y a également le fait de jurer par son nom par vénération et exaltation pour lui : celui qui jure par autre que lui, il l'a fait ressembler à lui. »
Ils disent : Ibn Qayyim a ici mentionné que le faite de jurer par un autre qu’Allah est une façon de faire ressembler Allah à la création, pourtant jurer par un autre qu’Allah est du petit Chirk et n’invalide pas l’Islam.
Réponse :
Ibn Al Qayyim n’a pas parlé du simple fait de jurer par un autre qu’Allah, mais bien de « fait de jurer par son nom par vénération et exaltation pour lui » or ceci n’est pas la même chose que le simple fait de jurer par un autre qu’Allah sans intention ;
Mouhammad Ibn ‘Abdelwahhâb dit dans Dourar As-Saniyya 9/423 lorsqu’il parla des avis des différentes tendances de jurisprudence quant à l’apostasie :
وأما كلام المالكية في هذا، فهو أكثر من أن يحصر؛ وقد اشتهر عن فقهائهم سرعة الفتوى والقضاء بقتل الرجل عند الكلمة التي لا يفطن لها أكثر الناس. وقد ذكر القاضي عياض في آخر كتاب الشفاء من ذلك طرفا. ومما ذكر أن من حلف بغير الله على وجه التعظيم كفر.
« Quant aux paroles des Malékites à ce sujet, il y en a trop pour les délimiter ; et les juristes de cet tendance sont célèbres pour la rapidité à décréter la peine de mort sur un homme qui prononce des genres de propos que la majorité des gens ne remarquent même pas ! Et Al Qâdhî ‘Iyâdh mentionna à la fin de son livre « Ach-Chifâ », entre autre, que celui qui jure par un autre qu’Allah par vénération devient mécréant. » Fin de citation.
Dès lors il n’est pas exact d’affirmer qu’Ibn Al Qayyim parlait ici de Chirk mineure, car le fait de jurer par un autre qu’Allah par vénération et exaltation n’est pas du Chirk mineure mais bien de la grande mécréance.
Ibn Taymiya parle ici de celui qui ne manifeste ni d’Islam ni de mécréance, comme lorsqu’il dit dans Minhaj As-Sounnah volume 6 page 424 :
فالمؤمن إذا كان بين الكفار والفجار لم يكن عليه أن يجاهدهم بيده مع عجزه ولكن إن أمكنه بلسانه وإلا فبقلبه مع أنه لا يكذب ويقول بلسانه ما ليس في قلبه إما أن يظهر دينه وإما أن يكتمه وهو مع هذا لا يوافقهم على دينهم كله بل غايته أن يكون كمؤمن آل فرعون وأمرأة فرعون وهو لم يكن موافقا لهم على جميع دينهم ولا كان يكذب ولا يقول بلسانه ما ليس في قلبه بل كان يكتم إيمانه وكتمان الدين شيء وإظهار الدين الباطل شيء آخر فهذا لم يبحه الله قط إلا لمن أكره بحيث أبيح له النطق بكلمة الكفر
« Lorsque le croyant se trouve entouré de mécréants et de débauchés, il n’est pas tenu de les combattre de ses mains alors qu’il est impuissant, mais il est tenu de le faire de sa langue s’il en est capable, sinon il le fait de son cœur, sans pour autant mentir et dire de sa langue le contraire de ce qu’il croit dans son cœur. Il doit soit montrer sa religion soit la cacher, sans pour autant s’accorder à leur religion. Au pire des cas, il sera comme le croyant des gens de Pharaons, ou la femme de Pharaon qui ne s’accordaient pas à toute leur religion et ne mentaient pas en disant de leur langue ce qu’ils ne croyaient pas dans leur cœur, mais ils cachaient leur Foi. Et le fait de cacher sa religion est une chose, mais manifester une religion fausse est une autre chose : cela, Allah l’a totalement interdit sauf dans un seul cas : la contrainte, là il lui est permis de prononcer des propos de mécréance. » Fin de citation.
Donc, lorsqu’Ibn Taymiya dit : « une personne est excusée à cause qu’il est muet ou car il a peur de son peuple qui lui ferait du mal s’il manifestait l’Islam ou quelque chose comme ça » il parle non pas de celui qui commet de la mécréance sous la contrainte, vu qu’il en parle juste après ; mais il parle de celui qui ne pratique ni Islam ni mécréance par peur des mécréants qui le dominent.
C'est-à-dire qu’ils ont préférer commettre la grande mécréance qui invalide la religion par amour mondain, et non par conviction en la validité de la mécréance. Par contre, celui qui par amour mondain commet ce qui est interdit par la religion mais qui n’atteint pas le niveau de la mécréance, comme la fornication par exemple, celui là n’est pas mécréant car il n’a pas préféré la fornication à sa religion, il a préféré la fornication à la perfection de sa religion.