Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
Chapitre 8 Ibn Kathîr et les Tatars.
Nos opposants prétendent que celui qui légifère n’est pas mécréant tant qu’il ne prétend pas :
Être le fils d’Allah
Recevoir la révélation d’Allah
Que la loi qu’il a légiféré est meilleur que celle d’Allah.
Il se base pour cela, sur l’histoire des Tatars : Les Tatars étaient un peuple Mongol, dont le père était Gengis Khân, un idolâtre adorateur des astres, qui envahit les terres des musulmans. Il avait inventé une loi, nommé « Yâsaq » puis mourut sans jamais se convertir à l’islam, il n’a donc jamais prétendu recevoir une révélation d’Allah. Ses descendants par contre, les Tatars, finirent par s’affilier à l’islam, mais continuaient à juger d’après le Yâsaq, et Ibn Kathîr prononça une fatwa sur leur mécréance, il dit dans le Tafsîr du verset 50 de la sourate 5 :
ينكر تعالى على من خرج عن حكم الله المحكم المشتمل على كل خير, الناهي عن كل شر وعدل إلى ما سواه من الاَراء والأهواء والاصطلاحات التي وضعها الرجال بلا مستند من شريعة الله, كما كان أهل الجاهلية يحكمون به من الضلالات والجهالات مما يضعونها بآرائهم وأهوائهم, وكما يحكم به التتار من السياسات الملكية المأخوذة عن ملكهم جنكزخان الذي وضع لهم الياسق, وهو عبارة عن كتاب مجموع من أحكام قد اقتبسها من شرائع شتى: من اليهودية والنصرانية والملة الإسلامية وغيرها, وفيها كثير من الأحكام أخذها من مجرد نظره وهواه, فصارت في بنيه شرعاً متبعاً يقدمونه على الحكم بكتاب الله وسنة رسول الله صلى الله عليه وسلم, فمن فعل ذلك منهم فهو كافر يجب قتاله حتى يرجع إلى حكم الله ورسوله, فلا يحكم سواه في قليل ولا كثير
« Allah ta‘âlâ condamne celui qui sort de la loi claire d’Allah, qui englobe tout le bien et interdit tout le mal, et se tourne vers autre chose comme les opinions et les désires, et les conventions que des hommes ont forgés, sans s’en référer à la loi d’Allah, comme cela fut le cas des païens qui jugeaient sur base de leurs égarements et ignorances, qu’ils forgeaient de leurs opinions et désires, et comme le font aussi les Tatar, qui jugent d’après une politique royale tirées de leur roi Gengis Khan, qui leur a inventé le Yâsâq. Il s’agit d’un livre réunissant des lois qu’il a tirées de diverses législations, comme le judaïsme, le christianisme et l’islam, et autres encore, mais aussi beaucoup de lois qui sont le fruit de ses propres opinions et désires. Cette loi est devenue la loi suivie chez ses fils, qui la font primer sur le jugement du livre d’Allah et la sounna du messager salla llahou ‘alayhi wa sallam. Celui d’entre eux qui fait cela est un mécréant qu’il est obligatoire de combattre jusqu’à ce qu’il revienne à la loi d’Allah et de Son messager et ne juge par rien d’autres, que ce soit dans un petit nombre d’affaire ou dans beaucoup. »
Et Ibn Kathîr dit dans Al Bidâya wa-Nihâya volume 13 page 119:
فمن ترك الشرع المحكم المنزل على محمد بن عبد الله خاتم الأنبياء وتحاكم إلى غيره من الشرائع المنسوخة كفر، فكيف بمن تحاكم إلى الياسا وقدمها عليه من فعل ذلك كفر بإجماع المسلمين
« Alors quiconque abandonne la loi claire révélée sur Mouhammad fils de ‘Abdallah, le dernier des prophètes, et recourt au jugement d’une autre loi abrogée, il devient mécréant. Alors que dire de celui qui recourt au jugement du Yâsaq et la fait primer sur elle ? Celui qui fait cela est un mécréant et ceci à l’unanimité des musulmans. »
Notre opposant nous dit que la raison pour laquelle Ibn Kathîr jugea mécréant les Tatars, ce n’est pas uniquement pour le faite de donner priorité à une loi autre que celle d’Allah sur la loi d’Allah, mais c’est le faite de croire qu’une loi autre que celle d’Allah est meilleure que la loi d’Allah.
Il dit :
« Ibn Kathîr nous explique que celui qui forge une loi contraire à l’islam, puis pense que sa loi est meilleure que celle qui se trouve dans la législation musulmane est mécréant de par le consensus. D’ailleurs, il ne fait aucun doute que les Tatars ont changé la législation, la religion d‘Allah, comme l’a défini Ibn Taymiya lorsqu’il a dit :
« La législation modifiée : ce sont les mensonges proférés à l’encontre d’Allah et de son messager, et à l’encontre des gens par le biais du faux témoignage et autre, et l’injustice caractérisée. Puis celui qui dit que ceci est la législation d’Allah, il est mécréant sans aucun doute. »
En effet, les Tatars croyaient que Gengis Khan, l’auteur de la législation Tatar nommée « Yâsiq » était le fils d’Allah et que sa mère fut fécondée par le soleil, et que sa législation « Yâsiq » était une révélation divine.
Ibn Taymiya dit dans Majmoû‘ Fatâwâ (Tome 28 p 522) :
)وذلك أن اعتقاد هؤلاء التتار كان في جنكزخان عظيماً فإنهم يعتقدون: أنه ابن الله من جنس ما يعتقده النصارى في المسيح ويقولون: إن الشمس حبلت أمه وأنها كانت في خيمة فنزلت الشمس من كوة الخيمة فدخلت فيها حتى حبلت ومعلوم عند كل ذي دين أن هذا كذب وهذا دليل على أنه ولد زنا وأن أمه زنت فكتمت زناها وادعت هذا حتى تدفع عنها معرة الزنا وهم مع هذا يجعلونه أعظم رسول عند الله في تعظيم ما سنه لهم وشرعه بظنه وهو حتى يقولوا لما عندهم من المال: هذا رزق جنكزخان(
« Cela parce que les Tatars avaient une croyance des plus rocambolesques envers Gengis Khân. Ils croyaient qu’il était le fils d’Allah à la manière des chrétiens au sujet de Messie. Ils disaient que le soleil avait fécondé sa mère ; elle était dans une tente, puis le soleil est descendu du haut du sommet et est entré en elle. Toute personne ayant un peu de religion sait que c’est un mensonge. Cette histoire est la preuve que c’est un enfant issue de la fornication. Sa mère a pratiqué l’adultère puis l’a dissimulé en racontant cette histoire afin d’échapper à la sentence. En plus de ça, ils le considèrent comme le plus grand Messager auprès d’Allah, dans leurs éloges au sujet de ce qu’il leur a donné comme tradition et législation tout droit sortie de sa tête et de ses passions. Au point qu’ils disent sur l’argent qu’ils détiennent « Ceci est le Rizq de Gengis Khan » (fin de citation).
Ibn Kathîr insiste bien sur la Croyance de ces Tatar dans son Tafsir, ainsi que dans son livre d’Histoire (Al Bidâya wa nihaya) dans la biographie de Gengis Khan toujours en utilisant « Ils donnent la préférence »
Il vise bien la mécréance du cœur : ils ont donné la préférence. Ils ont cru que la législation apportée par Gengis Khan était meilleur que celle de Mouhammad, salla llahou ‘alayhi wa sallam, car ils le considéraient (Gengis Khan) « comme le plus grand messager auprès d’Allah. »
Ils utilisent une autre parole d’Ibn Kathîr pour justifier leur raisonnement :
Elle se trouve dans Al Bidaya wa nihaya :
« Alors quiconque abandonne la loi claire révélée sur Mouhammad fils de ‘Abdallah, le dernier des prophètes, et cherche le jugement d’une autre loi abrogée, il devient mécréant. Alors que dire de celui qui cherche le jugement dans le Yasiq (loi de Gengis Khan) et la rend prioritaire ? Celui qui fait cela est un mécréant et ceci à l’unanimité des musulmans. »
Il cherche par cette parole d’Ibn Kathir dans Al Bidaya wa nihaya à démontrer que Ibn Kathir fait sortir de l’islam celui qui abandonne une loi claire sans se préoccuper de son état intérieur. Voici le démenti d’Ibn Kathîr lui-même dans le Tafsîr tome 2 pages 62 et 65 :
« Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a révélé, ceux là sont les mécréants » parce qu’ils ont volontairement et intentionnellement renier (Jahadou) le jugement d’Allah par rébellion (‘Inâd) »
Et « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a révélé, ceux là sont les mécréants » Nous avons vu précédemment que Tâwouss et ‘Ata ont dit « C’est un koufr moindre, un Fisq moindre et un Dhoulm moindre. »
On voit tout de suite que Ibn Kathîr ne rend pas mécréant simplement par l’abandon d’une loi. Il faut impérativement que cela soit accompagné d’une mécréance du cœur qu’est par exemple : le reniement (Jouhoud) ou la rébellion (‘Inâd) qui sont le Koufr de pharaon et Ibliss. On voit bien qu’il adhère à la règle d’Ibn ‘Abbas, Tâwouss et ‘Ata. »
Nulle part dans ce texte, Ibn Kathîr n’a prononcé l’expression « Puis pense que sa loi est meilleure » et il n’a pas fait allusion à un seul moment à la croyance des Tatars envers Gengis Khân dans cette parole. Ibn Kathîr a dit :
فصارت في بنيه شرعاً متبعاً يقدمونه على الحكم بكتاب الله وسنة رسول الله صلى الله عليه وسلم
« Cette loi est devenue la loi suivie chez ses fils, qui la font primer sur le jugement par le livre d’Allah et la sounnah du messager salla llahou ‘alayhi wa sallam. »
Ibn Kathîr a parlé ici du faite qu’ils faisaient primer le Yasaq sur la loi d’Allah, car le mot تقديمsignifie ici non pas « croire une chose meilleure » mais bien faire « faire primer », et retarder tout autre jugement. Le termeتقديمest une chose que l’on fait et pas une chose qu’on croit, car Ibn Kathîr a dit :
فمن فعل ذلك منهم فهو كافر
« Celui d’entre eux qui fait cela est un mécréant. » Et non pas « Celui d’entre eux qui croit cela »
Ibn Kathîr n’a pas mentionné de consensus dans son Tafsîr du Coran, mais bien dans son livre d’histoire « Al Bidâya wan-Nihâya » volume 13 page 119, comme nous l’avons cité.
Ici nous apparait la mal honnêteté de ces gens, en effet ils n’ont pas fidèlement retranscrit les propos d’Ibn Taymiya. Voici, en arabe, la citation qu’ils ont faite, de Majmou’ fatawa volume 3 page 268 :
[الشرع المبدل]. وهو الكذب على الله ورسوله أو على الناس بشهادات الزور ونحوها؛ والظلم البين فمن قال إن هذا من شرع الله فقد كفر بلا نزاع
Et voici maintenant, la citation complète, avec en souligné le passage qui a été caché :
[الشرع المبدل]. وهو الكذب على الله ورسوله أو على الناس بشهادات الزور ونحوها؛ والظلم البين فمن قال إن هذا من شرع الله فقد كفر بلا نزاع، كمن قال إن الدم والميتة حلال ـ ولو قال هذا مذهبي ونحو ذلك.
« La législation modifiée : ce sont les mensonges proférés à l’encontre d’Allah et de son messager, et à l’encontre des gens par le biais du faux témoignage et autre, et l’injustice caractérisée. Puis celui qui dit que ceci est la législation d’Allah, il est mécréant sans aucun doute. C’est comme celui qui dit que le sang et la viande de cadavre est licite, même s’il dit « Ceci est mon avis ! » ou quelque chose comme ça. » » Majmou’ fatawa volume 3 page 268
Il est vraiment très bizarre que ce perfide n’ait pas mentionné ce passage souligné, et il est plus qu’improbable qu’il ne l’ait pas vu ! Dans ce passage, on voit bien que pour Ibn Taymiya, le Tabdîl n’est pas forcément le fait d’attribuer à Allah une loi inventée, mais c’est aussi l’attribuer à soit même et non à Allah ! La parole d’Ibn Taymiya prouve même que ce n’est pas forcément en disant « Ceci est Halâl » car il a dit «C’est comme celui qui dit que le sang et la viande de cadavre est licite, même s’il dit « Ceci est mon avis ! » ou quelque chose comme ça. »
D’ailleurs, même leurs propres savants les réfutent : Sâlih Fawzân lui-même a nié qu’il existe une forme de « tabdîl » qui consiste à inventer une loi et l’attribuer à Allah, dans le livre intitulé « Les Fatawa et preuves délivrée par le comité permanant sur la mise en garde de la manifestation du Irjâ’ et de certains livres y invitant » page 16 (selon la mise en page) :
ثم جاء في الكتاب المذكور في حاشية (ص27) :{التبديل في الحكم في اصطلاح العلماء هو :الحكم بغير ما أنزل الله على أنه من عند الله ، كمن حكم بالقوانين الفرنسية وقال :هي من عند الله أو من شرعهِ تعالى ، ولا يخفى أن الحكام بغير ما أنزل الله اليوم لا يزعمون ذلك ، بل هم يصرحون أن هذه القوانين محض نتاج عقول البشر القاصرة ، والتبديل بهذا المعنى الذي يذهب إليه أهل الغلو كفر بإجماع المسلمين )) كذا قال .ونقول : هذا التبديل الذي ذكرت أنه كفر بإجماع المسلمين ، هو تبديل غير موجود ، وإنما هو افتراضي من عندك ، لا يقول به أحد من الحكام اليوم ولا قبل اليوم ، وإنما هناك استبدال هو اختيار جعل القوانين الوضعية بديلة عن الشريعة الإسلامية ، وإلغاء المحاكم الشرعية ، وهذا كفر أيضًا ، لأنه يزيح تحكيم الشريعة الإسلامية وينحيها نهائيًا ، ويُحل محلها القوانين الوضعية ، فماذا يبقى للإسلام ؟! وما فعل ذلك إلا لأنه يعتنقها ويراها أحسن من الشريعة ، وهذا لم تَذكره ، ولم تبين حكمه ، مع أنه فصل للدين عن الدولة ، فكان الحكم قاصر عندك على التبديل فقط ، حيث ذكرت أنه مجمع على كفر من يراه ، وكان قسيمه وهو الاستبدال ، فيه خلاف حسبما ذكرت ، وهذا إيهام يجب بيانه .
Traduction :
« Puis, en annotation de la page 27 du livre précité Hazîmat al fikr At-Takfîrî, on trouve la chose suivante : « Le remplacement de la loi (At-Tabdîl fil Houkm) dans la terminologie des savants signifie : juger par autre chose que ce qu'Allah a révélé en prétendant que cela vient d'Allah, comme celui qui jugerait en fonction des lois françaises et dirait : cela vient d'Allah ou fait partie de Sa loi. Et il n'y a aucun doute que les dirigeants des pays musulmans actuels qui gouvernent par autre chose que ce qu'Allah a révélé n'ont jamais prétendu cela. Au contraire, ils déclarent ouvertement que ces lois ne sont que le pur résultat de cerveaux humains limités. Et ce remplacement (Tabdîl) vers lequel penche les extrémistes est de la mécréance par consensus des musulmans ». Nous répondons : ce remplacement (Tabdîl) que tu as déclaré comme étant de la mécréance par consensus des musulmans, est un remplacement qui n'existe pas et ce n'est qu'une pure supposition de ta part, et aucun des dirigeants ne l'a appliqué ainsi, ni de nos jours ni auparavant. Mais le remplacement (Istibdâl) qui existe aujourd'hui est le fait de choisir des lois forgées à la place de la loi islamique, d'abolir les tribunaux islamiques, et cela est de la mécréance aussi, car le dirigeant éradique la loi islamique et la révoque totalement, et met à sa place des lois forgées... que reste-t-il alors à l'Islam ? !» Fin de citation.
Et quel rapport entre leur croyance envers Gengis Khan et le faite qu’ils ne gouvernaient pas par la loi d’Allah ? Est-ce que le seul fait qu’ils croient qu’Allah ait un fils, qu’il soit Gengis Khan ou Jésus, ne suffit il pas à les rendre mécréant, sans se préoccuper de savoir d’après quelle loi ils jugent ?
De plus, Ibn Taymiya n’a jamais considéré qu’il faille avoir la conviction des Tatar pour que le fait de juger par autre que la loi d’Allah devienne une grande mécréance, regardez plutôt ce qu’a dit Ibn Taymiya dans Majmoû‘ Al Fatâwâ 35/407,408 :
الْحَمْدُ لِلَّهِ ، لَيْسَ لِأَحَدِ أَنْ يَحْكُمَ بَيْنَ أَحَدٍ مِنْ خَلْقِ اللَّهِ ؛ لَا بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ وَلَا الْكُفَّارِ وَلَا الْفِتْيَانِ وَلَا رُمَاةِ الْبُنْدُقِ وَلَا الْجَيْشِ وَلَا الْفُقَرَاءِ وَلَا غَيْرِ ذَلِكَ : إلَّا بِحُكْمِ اللَّهِ وَرَسُولِهِ . وَمَنْ ابْتَغَى غَيْرَ ذَلِكَ تَنَاوَلَهُ قَوْله تَعَالَى { أَفَحُكْمَ الْجَاهِلِيَّةِ يَبْغُونَ وَمَنْ أَحْسَنُ مِنَ اللَّهِ حُكْمًا لِقَوْمٍ يُوقِنُونَ } وقَوْله تَعَالَى { فَلَا وَرَبِّكَ لَا يُؤْمِنُونَ حَتَّى يُحَكِّمُوكَ فِيمَا شَجَرَ بَيْنَهُمْ ثُمَّ لَا يَجِدُوا فِي أَنْفُسِهِمْ حَرَجًا مِمَّا قَضَيْتَ وَيُسَلِّمُوا تَسْلِيمًا } فَيَجِبُ عَلَى الْمُسْلِمِينَ أَنْ يُحَكِّمُوا اللَّهَ وَرَسُولَهُ فِي كُلِّ مَا شَجَرَ بَيْنَهُمْ وَمَنْ حَكَمَ بِحُكْمِ الْبُنْدُقِ وَشَرْعِ الْبُنْدُقِ أَوْ غَيْرِهِ مِمَّا يُخَالِفُ شَرْعَ اللَّهِ وَرَسُولِهِ وَحُكْمَ اللَّهِ وَرَسُولِهِ وَهُوَ يَعْلَمُ ذَلِكَ : فَهُوَ مِنْ جِنْسِ التَّتَارِ الَّذِينَ يُقَدِّمُونَ حُكْمَ " الياسق " عَلَى حُكْمِ اللَّهِ وَرَسُولِهِ
« Louange à Allah, il n’appartient à personne de juger entre quelque créature d’Allah que ce soit, musulmans ou mécréants, ni les jeunes, ni les tireurs de Boundouq, ni les soldats ni les pauvres, ni qui que ce soit si ce n’est par la loi d’Allah et de Son messager. Et quiconque désire autre chose que cela, il est inclus par le verset « Est-ce donc le jugement païen qu’ils recherchent ? » Et le verset « Non ! Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyant tant qu’ils ne t’auront pas demander de trancher de leurs litiges, sans trouver la moindre gène dans leur cœurs envers ta décision, et qu’ils ne se soumettent totalement. » Il est obligatoire à tout musulman de ne recourir qu’à Allah et Son messager pour juger de leurs disputes, et quiconque juge d’après la loi de Bounouq ou quoi que ce soit qui contredise la loi d’Allah et de Son messager, et le jugement d’Allah et de Son messager tout en sachant cela : alors il est de la même espèce que les Tatars qui font primer la jugement du Yâsiq sur le jugement d’Allah et de Son messager ! » Fin de citation.
Alors, Qui est de la même espèce que les Tatars ? Réponse : « Quiconque juge entre les gens d’après quoi que ce soit comme lois contredisant la loi d’Allah. » Ibn Taymiya a-t-il mis en condition de croire que la loi de cet autre qu’Allah est meilleure ? Ou que son inventeur est un prophète ? La réponse est : Non.
Ah bon ? Et où a-t-il mentionné quoi que ce soit de leur croyance dans son Tafsîr? Et où a-t-il mentionné qu’il les jugea mécréants pour leur croyance ? Au contraire, il a justifié leur mécréance par leur acte et non leur croyance :
فمن فعل ذلك منهم فهو كافر يجب قتاله حتى يرجع إلى حكم الله ورسوله, فلا يحكم سواه في قليل ولا كثير
« Celui d’entre eux qui fait cela est un mécréant qu’il est obligatoire de combattre jusqu’à ce qu’il revienne à la loi d’Allah et de Son messager et ne juge par rien d’autres, que ce soit dans un petit nombre d’affaire ou dans beaucoup. » Et la différence entre « faire quelque chose » et « croire quelque chose » est établie linguistiquement et légalement.
فمن ترك الشرع المحكم المنزل على محمد بن عبد الله خاتم الأنبياء وتحاكم إلى غيره من الشرائع المنسوخة كفر
« Alors quiconque abandonne la loi claire révélée sur Mouhammad fils de ‘Abdallah, le dernier des prophètes, et cherche le jugement d’une autre loi abrogée, il devient mécréant. »
Ibn Kathîr juge ici mécréant celui qui demande le jugement d’une loi abrogée, comme la Torah ou l’Evangile. Observe attentivement, et trouve moi où est ce qu’Ibn Kathîr à utiliser le mot « Préférence » ou même le mot « faire primer » ?! De même, Ibn Hazm et rapporte l’unanimité sur cela dans Al Ihkâm volume 5 page 162 :
لا خلاف بين اثنين من المسلمين أن هذا منسوخ وأن من حكم بحكم الإنجيل مما لم يأت بالنصّ عليه وحيٌ في شريعة الإسلام فإنه كافر مشرك خارج عن الإسلام
« Il n’y a pas de divergence entre deux musulmans que ceci est abrogé, et que quiconque juge d’après la loi de l’évangile sans qu’il n’y ait de texte sur cette loi dans la loi islamique, c’est un mécréant idolâtre exclu de l’islam. » Ibn Hazm juge mécréant celui qui juge d’après l’Evangile, sans parler de près ou de loin de l’état du cœur. Quant à la suite de la fatwa d’Ibn Kathîr, celle où il parle de ceux qui jugent par le Yasaq :
فكيف بمن تحاكم إلى الياسا وقدمها عليه من فعل ذلك كفر بإجماع المسلمين
« Alors que dire de celui qui cherche le jugement dans le Yasiq et la fait primer ? Celui qui fait cela est un mécréant et ceci à l’unanimité des musulmans. » Il n’utilise non pas l’expression « donner préférence » mais bien « faire primer » تقديم qui est un acte et non une croyance, et Ibn Kathîr à lui-même considéré cela comme un acte, vu qu’il dit :
من فعل ذلك كفر بإجماع المسلمين
« Celui qui fait cela est un mécréant et ceci à l’unanimité des musulmans. » Lorsqu’Ibn Kathîr nous décrit leتقديم comme étant ce qu’on fait et non ce qu’on croit, cela nous prouve le mensonge de celui qui prétend qu’il parle de croyance, car sinon il aurait dit « Celui qui croit cela… »
Croire qu’une autre loi que celle d’Allah est meilleur que la loi d’Allah fait sortir de l’islam même si cette croyance n’est pas accompagné d’acte : comme si une personne ne juge que d’après la loi d’Allah, mais trouve qu’une autre loi est meilleure.
De même, celui qui croit que la loi d’Allah est la meilleure, mais pense qu’il n’est pas obligatoire de l’appliquer, c’est un mécréant même s’il ne juge pas, et même s’il ne demande pas d’être juger, Soulaymân Ibn Sahmân dit dans Dourar As-Saniyya volume 10 page 504 :
وفيه بيان كفر الحاكم نفسه، والمتحاكمين على الوجه الذي ذكره، وكذا من لم يعتقد وجوب ما أنزل الله، وإن لم يكن حاكما ولا متحاكما
« Ceci nous expose la mécréance du juge en soit, ainsi que ceux qui lui demande son jugement, selon ce qu’il a mentionné, et de même celui qui ne croit pas en l’obligation de juger d’après la loi d’Allah, même si lui-même n’est ni juge, ni ne demande le jugement!. » Donc, la mécréance de celui qui croit qu’une autre loi est meilleure n’a aucun rapport, de près ou de loin, avec l’acte, or Ibn Kathîr nous dit que c’est leur acte qui les a rendu mécréant, eux et quiconque fait cela, il ne parle donc pas de leur croyance.
Croire que Gengis Khân est le plus grand messager d’Allah est une mécréance majeure qui exclu de l’islam même celui qui ne juge que d’après la loi d’Allah, et interdit de juger par autre que cela. Alors quel rapport entre cette croyance, et la mécréance de celui qui fait primer la loi de Gengis Khân, ou qui cherche le jugement dans la Torah ?
C’est exactement ça : on ne cherche pas à connaître son état intérieur pas plus qu’on cherche à connaitre l’état intérieur de celui qui offre un sacrifice à un autre qu’Allah ou qui insulte le prophète salla llahou ‘alayhi wa sallam. Le fait qu’on ne cherche pas à connaître l’état de son cœur ne veut pas dire que l’état de son cœur n’a aucun rapport avec sa mécréance, mais c’est juste que ce genre d’acte ne peut qu’aller de mèche avec la mécréance du cœur, sans avoir à vérifier, sauf celui qui le fait sous la contrainte, car Allah a dit « Quiconque mécroit en Allah après avoir eu la foi, sauf celui qui y est contraint alors que son cœur est reposé sur la foi, mais quiconque ouvre délibérément son cœur à la mécréance aura sur lui la colère d’Allah et un grand châtiment, ceci car ils ont préféré la vie mondaine à l’au-delà et qu’Allah ne guide pas les gens mécréants. » Ce verset nous prouve que celui qui commet un acte sans y être contraint ne peut le faire qu’avec satisfaction et acceptation, que ce soit la mécréance ou autre.
Premièrement, ce verset ne parle pas de celui qui recours à la loi d’un autre qu’Allah pour trancher d’un litige, mais bien de celui qui n’applique pas la loi d’Allah, et ces deux termes en arabe sont différent : Le premier estتحاكم et le deuxième estحكم. Deuxièmement, le terme « renier », voir page 63 dans le chapitre 12.
Au contraire, c’est pour le simple abandon de la Loi d’Allah et le recours au jugement d’une Loi abrogée :
فمن ترك الشرع المحكم المنزل على محمد بن عبد الله خاتم الأنبياء وتحاكم إلى غيره من الشرائع المنسوخة كفر
« Alors quiconque abandonne la loi claire révélée sur Mouhammad fils de ‘Abdallah, le dernier des prophètes, et cherche le jugement d’une autre loi abrogée, il devient mécréant. »
À quoi bon nier les évidence et fantasmer sur des mots qui n’ont jamais été écrits…