Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
L'établissement de la preuve
L’établissement de la preuve sur une personne se fait par deux moyens :
· Que la personne reçoive les textes.
· Ou encore, qu’elle ait accès aux textes, mais ne parvient pas à se les procurer.
Ces deux moyens sont cités par ‘ibn al-Qayyim, rahimahoullah, dans son ouvrage Tariq al-Hidjratayn, et voici quelques preuves à ce sujet :
Allah a dit : « … en tant que Messagers, annonciateurs et avertisseurs, afin qu'après la venue des Messagers il n'y eût pour les gens point d'argument devant Allah. Allah est Puissant et Sage » (Sourate 4 – verset 165)
Allah a dit : « Dis : « Qu'y a-t-il de plus grand en fait de témoignage ? » - Dis : « Allah est Témoin entre moi et vous, et ce Coran m'a été révélé pour que je vous avertisse, par Sa voie, vous et tous ceux qu'Il atteindra » (Sourate 6 – verset 19)
Ibn al-Qayyim, rahimahoullah, a dit :
« Car la preuve est arrivée lors de l’envoi du Messager, ou la réception du Livre, et la possibilité d’accès à la preuve, qu’il sache, ou qu’il soit ignorant. Quiconque est en mesure de connaître les obligations et les interdictions est considéré comme quelqu’un ayant reçu la preuve. Allah ne châtie une personne, qu’après qu’elle reçoive la preuve »
Allah a dit : « Quiconque prend le droit chemin ne le prend que pour lui-même ; et quiconque s'égare, ne s'égare qu'à son propre détriment. Et nul ne portera le fardeau d'autrui. Et Nous n'avons jamais puni (un peuple) avant de (lui) avoir envoyé un Messager » (Sourate 17 - verset 15)
Allah a dit : « Peu s'en faut que de rage il n'éclate. Toutes les fois qu'un groupe y est jeté, ses gardiens leur demandent : « Quoi ! Ne vous est-il pas venu d'avertisseur ? » - Ils dirent : « Mais si ! Un avertisseur nous était venu certes, mais nous avons crié au mensonge et avons dit : « Allah n'a rien fait descendre, vous n'êtes que dans un grand égarement » » (Sourate 67 - versets 8, 9)
Allah a dit : « Et si l'un des polythéistes te demande asile, accorde-le lui, afin qu'ils entendent la parole d'Allah, puis fais-le parvenir à son lieu de sécurité. Car ce sont des gens qui ne savent pas » (Sourate 9 - verset 6)
On voit dans ce verset que la seule condition dans le Tawhid, ou encore les sujets inévitablement ou nécessairement connus, est le fait d’entendre : « … afin qu'ils entendent la parole d'Allah … » - Si la compréhension était une condition Allah aurait dit : « … jusqu’à ce qu’ils comprennent ... »
Allah a dit : « Il en est parmi eux qui viennent t'écouter, cependant que Nous avons entouré de voiles leurs cœurs, qui les empêchent de comprendre, et dans leurs oreilles est une lourdeur. Quand même ils verraient toutes sortes de preuves, ils n'y croiraient pas. Et quand ils viennent disputer avec toi, ceux qui ne croient pas disent alors : « Ce ne sont que des légendes des anciens » » (Sourate 6 - verset 25)
C’est là qu’on voit l’égarement de ceux qui prétendent que celui qui commet le grand polythéisme ne sort pas de l’Islam, tant que la preuve ne lui est pas établie. Et ce qu’ils entendent par établissement de la preuve, c’est qu’un savant aille trouver cette personne, et lui explique que son acte fait sortir de l’Islam. Pourtant que les Messagers venaient vers leurs peuples qui croyaient en l’existence d’Allah, ils ne les considéraient pas comme des frères monothéistes, mais se désavouaient de leur religion, ainsi que d’eux-mêmes.
Mouhammad ‘ibn Abd al-Wahhab, rahimahoullah, a dit dans ad-Dourar as-Saniyyah, volume 10, pages 93-94 :
« À l’attention des deux frères, as-Salamou ‘alaykoum wa Rahmatoullahi wa barakatouh. Après quoi : « La parole du cheikh (1) que vous avez mentionné, que quiconque renie telle ou telle chose, et que la preuve lui est établie … Puis, maintenant vous doutez au sujet de ces Tâwaghît, est- ce que la preuve leur a été établie ?! Ceci est très étonnant ! Comment doutez-vous de ça, alors que je vous ai déjà expliqué cela de nombreuses fois (2) ?
Celui à qui la preuve n’a pas été établie est celui qui vient de se convertir à l’Islam (3), ou qui vit dans un désert lointain (4), ou alors lorsque c’est dans des sujets complexes ou ambigus, comme certains genres de sorcellerie (5), celui-là n’est mécréant qu’après explication.
Mais en ce qui concerne les fondements et règlements de la Religion qu’Allah a explicitement expliqué dans Son livre, alors le Coran est la preuve, et celui que le Coran atteint à reçu la preuve. Mais la base même du problème, c’est que vous ne comprenez pas la différence entre l’établissement de la preuve, et la compréhension de la preuve. En effet la majorité des mécréants et des hypocrites parmi les soi-disant musulmans n’ont pas compris la preuve d’Allah, malgré qu’elle est établie sur eux comme Allah le dit : « Penses-tu que la plupart d’entre eux entendent ou comprennent ? Mais ils sont comme des bêtes, et plus égarés encore … » (Sourate 25 - verset 44)
L’établissement de la preuve est une chose, sa transmission est une chose, et elle est établie, mais la comprendre est une autre chose. Ils sont devenu mécréants dès que la preuve leur est parvenue, même s’ils ne l’ont pas comprise »
(1) Il s’agît du cheikh ‘ibn Taymiyya, rahimahoullah.
(2) Les élèves du cheikh Mouhammad ‘ibn Abd al-Wahhab, rahimahoullah, doutaient du takfir de punition dans l’au-delà en ce qui concerne certains Tâwaghît, et on voit ici que le cheikh les a réprimandé, sans les excommunier, car le sujet du takfir de punition de l’au-delà ne fait pas partie du fondement de l’Islam, par contre, le takfir de nom ici-bas, sans sa connaissance, il n’y a pas d’Islam.
(3) Le cheikh parle ici des sujets inévitablement ou nécessairement connus, comme par exemple, le fait de faire cinq fois la prière, ou encore l’interdiction de consommer des boissons alcoolisées. Il faut laisser aux nouveaux convertis un peu de temps pour apprendre ces choses-là.
(4) Ici on peut dire la même chose que sous le point trois. Cependant, on peut rajouter que si la personne en question n’a pas accès au Tawhid, alors elle sera aussi considérée comme n’ayant pas reçu la preuve, ce qui implique son takfir de nom ici-bas, mais pas le takfir de punition dans l’au-delà.
(5) Par contre, quand il s’agît des sujets complexes ou ambigus, comme c’est le cas de certaines innovations par exemple, il faut expliquer à la personne et lui enlever toutes les ambiguïtés. Si après cela, en connaissance de cause, elle recommence cette innovation, alors elle sera mécréante.