Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
L'histoire de Houd, sur lui le salut 1/2
Il s'agit de Hud fils de Shalikh, fils de Arfakhshad, fils de de Sem fils de Noé, sur lui le salut. D'autres sources disent qu'il s'appelle Abir fils de fils de Shalikh, fils de Arfakhshad, fils de de Sem fils de Noé. On dit de lui aussi qu'il est Hud fils de Abdullah, fils de Rabah, fils d'al-Jarud fils de Aws, fils de Iram, fils de Sem, fils de Noé. Ce arbre généalogique été établi par Ibn Jarir.
Il était issu d'un peuple appelé Ad fils de Aws fils de Sem fils de Noé; ce peuple était d'origine arabe et habitait à at-Ahqâf des montagnes de sable situées au Yémen entre Oman et Hadramaout, une région qui donnait sur la mer. Leur vallée s'appelait Mughîth. Ils habitaient le plus souvent des tentes soutenues par de grandes colonnes. A ce sujet, Dieu dit:
« N'as tu pas vu comment ton Seigneur a agi avec les Ad (avec) Iram à la colonne remarquable? » (89,6-7)
c'est à dire les Ad d'Iram les premiers Ad. Quant aux seconds 'Ad, ils viendront après comme nous le verrons plus loin. Les premiers Ad sont ceux dont parle le Coran:
« Iram à la colonne remarquable dont il n'existait pas de pareille dans aucun pays. » (89,7-8)
Les peuple des premiers Ad fut le premier à adorer les idoles après le déluge; ils avaient trois idoles principales: Sada, Samuda et Hara.
Dieu leur envoya alors leur frère Hud sur lui le salut, qui les appela à Dieu comme Lui même l'a mentionné dans le Coran après avoir rapporté l'histoire du peuple de Noé:
« Et aux Ad leur frère Hud: ''O mon peuple, dit il, adorez Dieu. Pour vous, pas d'autre divinité que L ui. Ne (Le) craignez vous donc pas?'' Les notables de son peuples qui ne croyaient pas dirent: ''Certes, nous te voyons en pleine sottise et nous pensons que tu es du nombre des menteurs.'' Il dit: ''O mon peuple, il n'y a point de sottise en moi; mais je suis un Messager de la part du Seigneur de l'Univers. Je vous communique les messages de mon Seigneur, et je suis pour vous un conseiller digne de confiance. Quoi! Vous vous étonnez qu'un rappel vous vienne de votre Seigneur par la voix d'un homme issu de vous, pour qu'il vous avertisse? Et rappelez vous quand Il vous a fait succéder au peuple de Noé, et qu'Il vous a donné une taille gigantesque. Et bien, rappelez vous les bienfaits de Dieu afin que vous soyez heureux'' Ils dirent: ''Es tu venu à nous pour que nous adorions Dieu Seul et que nous délaissions ce que nos ancêtres adoraient? Fais donc venir ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des véridiques!'' Il dit: ''Vous voilà frappés de la part de votre Seigneur d'un supplice et d'un colère. Allez vous vous disputer avec moi au sujet de noms que vous et vos ancêtres avez donnés, sans que Dieu n'y fasse descendre la moindre preuve? Attendez donc! Moi aussi j'attends avec vous.'' Or, Nous l'avons sauvé (lui) et ceux qui étaient avec lui, par Miséricorde de Notre part, et Nous avons exterminé ceux qui traitaient de mensonges Nos enseignements et qui n'étaient pas croyants. »(7,63-72)
Dieu dit aussi:
« Les Ad traitèrent de menteurs les Envoyés. Et quand Hud, leur frêre, leur dit: ''Ne craindrez vous pas Dieu? Je suis pour vous un messager digne de confiance, craignez donc Dieu et obéissez moi. Et je ne demande pas de salaire pour cela; mon salaire n'incombe qu'au Seigneur de l'Univers. Bâtissez-vous par frivolité sur chaque colline un monument? Et édifiez vous des châteaux comme si vous deviez demeurer éternellement? Et quand vous sévissez contre quelqu'un, vous le faites impitoyablement! Craignez donc Dieu et obéissez moi. Craignez Celui qui vous a pourvus de (toutes les bonnes choses) que vous connaissiez, et qui vous a pourvus de bestiaux et d'enfants, de jardins et de sources. Je crains pour vous le châtiment d'un Jour terrible '' Il dirent : ''Que tu nous exhortes ou pas, cela nous et parfaitement égal! Ce ne sont là que des vieille ires des anciens; nous ne seront jamais punis''. Ils le traitèrent donc de menteur. Et Nous les fîmes périr. Voilà vint un signe! Cependant, la plupart d'entre eux ne croient pas. Et ton Seigneur, c'est Lui vraiment le Puissant, le Très Miséricordieux. »(26,123-140)
« De même pour les Ad, quand Nous envoyâmes contre eux le vent dévastateur n'épargnant rien sur son passage sans le réduire en poussière. » (51, 41-42)
« Et c'est Lui qui a fait périr les anciens Ad ainsi que les Thamud, et Il fit que rien n'en subsistât, ainsi que le peuple de Noé antérieurement, car ils étaient encore plus injustes et plus violents, de même qu'Il anéantit les villes renversées, et Il les recouvrit de ce dont Il les recouvrit. Lequel donc des bienfaits de ton Seigneur mets-tu en doute? »(53,50-55)
« Les Ad ont traié de menteur (leur Messager). Comment furent Mon châtiment et mes avertissements? Nous avons envoyé contre eux un vent violent et glacial, en un jour néfaste et interminable, il arrachait les gens comme des souches de palmiers déracinés. Comment furent Mon châtiment et mes avertissements? En effet, Nous avons rendu le Coran facile pour la méditation. Y a-t-il quelqu'un pour réfléchir? » (54,18-22)
Nous avons vu plus haut que le peuple de Ad fut la première communauté humaine à adorer les idoles après le déluge. Ceci est précisé dans les propos que leur tint leur Messager:
« Et rappelez vous quand Il vous a fait succéder au peuple de Noé, et qu'Il vous a donné une taille gigantesque. » (7,69)
c'est à dire qu'il a fait d'eux les hommes les plus forts et les plus vigoureux de leur temps. Dieu dit dans la sourate Les croyants:
« Puis après eux, Nous avons crée d'autres générations. » (23,31)
Il s'agit dans ce verset, d'après les sources les plus plausibles, du peuple de Hud. D'autres exégètes ont prétendu qu'il s'agissait du peuple de Thamud en raison de cette parole dans laquelle Dieu dit:
« Le cri, donc, les saisit en toute justice; puis Nous les rendîmes semblables à des débris emportés par le torrent. » (23,41)
Ils s'appuient sur le fait que c'est bien le peuple de Salih et et non celui de Hud qui fut exterminé par le cri.
« Et quant aux Ad, ils furent détruits par un vent mugissant et furieux. » (69,6)
Cependant l'un n'empêche pas l'autre; il est possible que ce peuple ait put être exterminé par un double châtiment: le cri et le vent mugissant comme nous le verrons plus loin dans l'histoire du peuple de Madyan les gens de la Brousse (al Ayka) qui furent submergés par plusieurs châtiments à la fois. En outre; il n'y aucune divergence sur le fait que les Ad aient vécu avant les Thamud.
En substance, les Ad étaient un peuple arabe rude et rebelle qui a mécru et rejeté la vérité en s'obstinant dans l'adoration des idoles. Dieu leur envoya alors un homme issu d'eux mêmes qui les appela à l'adoration de Dieu, Seul en toute sincérité; ils le traitèrent de menteur, le contredirent et le diminuèrent, ce qui leur valut le châtiment rigoureux de Dieu, le Puissant et l'Omnipotent.
Hud appela les gens de son peuple à l'adoration de Dieu et les invita à se conformer à Ses commandements et à demander Son pardon. Il leur promit, en contre partie, tout le bien de ce monde et de l'autre, et les avertit d'un châtiment en ce bas monde et dans l'autre s'ils rejetaient sa mission. Pour toute réponse
« les notables qui ne croyaient pas dirent: ''Certes, nous te voyons en pleine sottise, et nous pensons que tu es du nombre des menteurs.'' »(7,66)
c'est à dire que ce message auquel tu nous invites n'est qu'une sottise par rapport à notre religion: nous adorons des idoles dont nous espérons aide et subsistance. Par ailleurs, nous croyons que tu est un menteur:
« Il dit: O mon peuple, il n'y a point de sottise en moi; mais je suis un messager de la part du Seigneur de l'Univers. Je vous communique les messages de mon Seigneur, et je suis pour vous un conseiller digne de confiance.'' » (7,67)
La transmission d'un message implique, certes, que son transmetteur le rapport en l'état, sans y ajouter quoi que ce soit et sans le tronquer. Elle doit aussi se faire en toute clarté et éloquence. En sa qualité de messager de Dieu et de transmetteur de Ses paroles, le prophète Hud, en sus de ses qualités de transmetteur idéal, avait à cœur de guider son peuple sur la Voie droite, n'attendant de lui aucun salaire de quelque nature que ce soit, car son salaire n'incombe qu'à Celui qui l'a envoyé et qui tient dans Ses Mains les richesses de ce monde et de l'autre. C'est pour cela qu'il a dit à son peuple:
« O mon peuple, je ne vous demande pas de salaire pour cela. Mon salaire n'incombe qu'à Celui qui m'a crée. Ne raisonnez vous pas? » (11,51)
En d'autres termes: n'avez vous pas une intelligence pour distinguer la vérité évidente que je vous apporte, et que vous pouvez reconnaître grâce à votre disposition naturelle? C'est avec cette même vérité que fut envoyé Noé en vous la transmettant je n'attends de vous aucune récompense, car ma récompense ne peut provenir que de Celui que est Capable de Bien et du Mal. C'est pour cela que le croyant évoqué dans la sourate Ya-Sin dit:
« Suivez ceux qui ne vous demandent aucun salaire et qui sont sur la bonne voie. Et qu'aurais-je à ne pas adorer Celui qui m'a crée? Et c'est vers Lui que vous serez ramenés. » (36,21-22)
Le peuple de Hud lui dit notamment:
« O Hud tu n'est pas venu à nous avec une preuve, et nous ne sommes pas disposés à abandonner nos divinités sur ta parole, et nous n'avons pas foi en toi. Nous diront plutôt qu'une de nos divinités t'a affligé d'un mal. »(11,53-54)
Ils prétendaient ainsi qu'il n'avait apporté avec lui aucune preuve extraordinaire et qu'il n'avait produit aucun miracle qui témoigne de la véracité de sa mission; raison pour laquelle ils n'étaient nullement disposés à abandonner leurs anciennes croyances pour se fier à ses propos qui n'étaient étayés par aucune preuve. Ils lui dirent alors qu'il ne pouvait être qu'affligé d'un mal venant d'une de leurs divinités courroucée contre lui.
« Nous dirons plutôt qu'une de nos divinités t'a affligé d'un mal. Il dit: ''Je prends Dieu à témoin – et vous aussi soyez témoins – qu'en vérité, je désavoue ce que vous associez en dehors de Lui. Rusez donc tous contre moi et ne me donnez pas de répit.'' » (11,54-55)
C'est là un défi que le Prophète Hud leur lança, un désaveu de leur action ainsi qu'un mépris pour leurs fausses divinités incapables d'un mal ou d'un bien quelconques dans la mesure où elles n'étaient que des objets dépourvus de vie. Et Hud ajouta que même si elles étaient, comme ils le prétendaient, capables d'apporter de l'aide, d'être utiles ou de nuire, il les désavouerait quand même et appellerait le malédiction de Dieu contre elles.
« Rusez donc tous contre moi et ne me donnez pas de répit. »
Il ajouta:
« Je place ma confiance en Dieu, mon Seigneur et le Vôtre. Il n'y a pas d'être vivant qu'Il ne tienne pas son toupet. Mon Seigneur, certes, est sur un droit chemin. » (11,56)
c'est à dire: je place ma confiance en Dieu qui, Seul, est en mesure de m'assister et sur qui je peux compter en toute quiétude et certitude. Mon Seigneur n'abandonne jamais ceux qui placent leur confiance en Lui et demandent Son assistance. En dehors de Lui, je ne fais cas de personne; je ne mets ma confiance qu'en Lui et je n'adore que Lui.
Ceci est une preuve suffisante et catégorique que Hud était bien un Messager de Dieu et que les gens de son peuple se débattaient dans l'ignorance et l'égarement manifeste puisqu'ils adoraient de fausses divinités qui n'ont rien pu contre lui. Hud a ainsi prouvé sa sincérité, de même que l'erreur dans laquelle se trouvait son peuple.
Ses concitoyens ont trouvé invraisemblable que Dieu envoie un Messager parmi les hommes; au demeurant, c'est là un argument spécieux brandi de tous temps, par de nombreux ignorants parmi les négateurs. A ce sujet, Dieu dit:
« Est il étonnant pour les gens, que Nous ayons révélé à un homme d'entre eux: ''Avertis les gens!'' » (10,2)
C'est pour cela que Hud a dit à son peuple:
« Est ce que vous vous étonnez qu'un rappel vous vienne de votre Seigneur à travers un homme issu de vous, pour qu'il vous avertisse? » (7,63)
c'est à dire qu'il n'y a rien d'étonnant à cela puisque Dieu sait où placer et à qui confier Son message. Quant à cette parole de Dieu:
« Vous promet il, quand vous serez morts, et devenu poussière et ossements, que vous serez sortis (de vos sépultures?) Loin, loin, ce qu'on vous promet! Ce n'est là que notre vie présente: nous mourons et nous vivons, et nous ne serons jamais ressuscités. Ce n'est qu'un homme qui forge un mensonge contre Dieu; et nous ne croirons pas en lui. »(23,35,38)
elle signifie qu'ils rejettent et tiennent pour improbable l'idée de la résurrection des corps après qu'ils soient devenus poussière et ossements:
« Ce n'est là que notre vie présente: nous mourons et nous vivons, et nous ne serons jamais ressuscités. » (23,37)
c'est à dire que quand son peuple meurt, un autre prend sa place.
Source : Les histoires des Prophètes par Ibn Kathir rahimahoull-Lahu ta`ala