Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
LES AMBIGUITES DANS LE TAKFIR
Celui qui prétend que seuls les savants peuvent appliquer le takfir est un mécréant
Celui qui prétend que seuls les savants sont capables de faire la différence entre le mécréant et le musulman, celui-là ne connait pas l’Islam et n’est pas musulman. Car s’il Le connaissait, il saurait que quiconque pratique l’opposé de l’Islam, n’est pas un musulman. Aucun ancien savant n’a dit une telle chose concernant le takfir dans le fondement de l’Islam.
Mouhammad ‘ibn Abd al-Wahhab, rahimahoullah, a dit dans ad-Dourar as-Saniyyah, 9/426 :
« Désobéir au Messager, sallallahou ‘alayhi wa sallam, en associant à Allah et en adorant les idoles … est une mécréance catégorique connaissable par l’instinct, la raison et la science minimum essentielle. Il est d’ailleurs inimaginable que tu puisses dire à un homme, même le plus ignorant et le plus abrutis de tous : « Que penses-tu de quelqu’un qui désobéit au Messager, sallallahou ‘alayhi wa sallam, et ne se soumet pas à son ordre de cesser d’adorer les idoles, et de donner des associés à Allah, et qui prétend être musulman ? » - Il ne pourra que s’empresser de répondre, par son instinct élémentaire, que c’est un mécréant, sans examiner de preuve, ni interroger un seul savant »
L’Imam Barbahari, a dit dans ach-Charh as-Sounna, 28 :
« Aucun musulman ne sort de l’Islam, tant qu’il ne rejette pas un verset du Livre d’Allah, ou quoi que ce soit comme récit du Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallam, ou qu’il prie un autre qu’Allah, ou offre un sacrifice à un autre qu’Allah. S’il fait quoi que ce soit de cela, il te sera obligatoire de le bannir de l’Islam »
Un des savants de Nadjd, a dit dans Madjmou ar-Rassaîl wal-Massaîl an-Nadjdiyyah, 1/654-655 :
« Quant aux ignorants qui disent : « Vous jugez les musulmans de mécréants » - Ceux-là ne connaissent ni l’islam ni le Tawhid … l’Islam de celui qui dit cela est invalide, car celui qui ne blâme pas ces choses que font les idolâtres aujourd’hui, et ne voit rien de mal dedans, ce n’est pas un musulman »
Le jugement de celui qui se trompe dans le takfir
Le Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallam, a dit : « Lorsqu’un homme dit à son frère : « Ô Mécréant ! » - Alors l’un des deux le devient » (Hadith rapporté par al-Boukhari et Mouslim, qu’Allah leur fasse Miséricorde)
Le Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallam, a dit : « Quiconque, bannit de l’Islam un autre musulman, soit il a raison, soit c’est lui le mécréant » (Hadith rapporté par abou Dawoud, qu’Allah lui fasse Miséricorde)
Le Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallam, a dit : « Il n’est pas un homme qui traite un autre de mécréant, sans qu’un des deux le soit vraiment. Si l’accusé n’est pas mécréant alors l’excommunication retombe sur l’accusateur » (Hadith rapporté par ‘ibn Hibban, qu’Allah lui fasse Miséricorde)
Voilà les arguments avec lesquels certains égarés nourrissent la peur du takfir, à un tel point que certaines personnes n’osent pas excommunier les plus grands des mécréants de la terre. Nous disons à ces personnes qu’elles parlent sans science, et que c’est très grave, car la moindre des choses pour quelqu’un qui se prétend savant c’est qu’il parle avec science.
De plus, si vraiment les personnes qui propagent cette ambiguïté, connaissaient la différence entre l’Islam et la mécréance, ils arrêteraient immédiatement, à moins qu'ils égarent les gens en connaissance de cause.
Voyons ce que disent les anciens sur ces trois Hadiths :
Ibn Taymiyya, rahimahoullah, a dit dans Madjmou al-Fatawa, 3/283-284 :
« Lorsqu’un musulman fait une erreur d’interprétation dans la guerre, ou le fait d’exclure un homme de l’Islam, il ne sort pas de l’Islam pour autant, comme lorsqu’Omar ‘ibn al-Khattab, a dit à Hatib ‘ibn abou Balta’a : « Ô Messager d’Allah, laisse-moi trancher la tête de cet hypocrite ! … » - Ce récit se trouve dans les recueils d’al-Boukhari et Mouslim, qu’Allah leur fasse Miséricorde, dans lesquels se trouve aussi le Hadith où Oussayd ‘ibn al-Houdhayr, a dit à Sa‘d ’ibn ‘Oubada : « Tu n’es qu’un hypocrite ! Tu plaides en faveur des hypocrites ! » - Les deux sont alors allés se plaindre au Prophète, et celui-ci les réconcilia. Ceux-là étaient tous des gens qui ont combattu à Badr, et certains se sont traités les uns les autres d’hypocrites, et le Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallam, ne jugea ni l’un, ni l’autre, de mécréant »
Je rajouterais ici que le Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallam, ne traita ni l’un, ni l’autre, de takfiri, Khawaridj, ou encore de chien d’Enfer. Donc, ceux qui argumentent avec ces Hadiths doivent se repentir, car le moins que l’on puisse dire sur eux, c’est qu’ils ont inconsciemment excommunié les Compagnons du Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallam.
Ibn Taymiyya, rahimahoullah, a dit dans Madjmou al-Fatawa, 7/217 :
« Quant à celui qui a Foi en le Messager et ce qu’il a enseigné … mais se trompe dans certaines choses qu’il a mal interprétées comme hérésies, celui-là n’est pas mécréant à la base. Les Khawaridjs étaient ceux qui exposaient le plus d’hérésies, de combats, ainsi que de takfirs contre la communauté des musulmans, et pourtant aucun Compagnon ne les a banni de l’Islam, ni Ali ‘ibn abou Talib, ni un autre, mais ils les jugèrent au contraire de la même manière que les musulmans injustes et oppresseurs »
Ibn al-Qayyim, rahimahoullah, dit au sujet du Hadith de Hatib, dans Zad al-Mi‘ad, 3/422 :
« On remarque dans ce Hadith que lorsqu’un homme affilie un musulman à l’hypocrisie, ou à la mécréance, par mauvaise compréhension, ou par colère pour Allah, Son Messager et Sa Religion, et non par tentation ou par plaisir, il ne devient pas mécréant pour ça, ni même pécheur. Il est même récompensé selon son intention et son but, contrairement aux hérétiques qui traitent de mécréants, ou d’hérétiques, tous ceux qui s’opposent à leurs désirs, alors que ce sont eux qui méritent le plus d’être traités de mécréants et d’hérétiques »
Abd al-Latif ‘ibn Abd ar-Rahman, rahimahoullah, a dit dans ad-Dourar as-Saniyyah, 12/260 -261 :
« Quant à celui qui traite certains saints de cette communauté de mécréants par erreur de mauvaise compréhension, et que cette compréhension peut être permise, alors celui-là n’a pas de pêché de part son effort de justice, comme dans l’histoire de Hatib ‘ibn abou Balta‘a. Omar, qu’Allah soit satisfait de lui, l’a en effet décrit comme étant un hypocrite, et demanda au Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallam, la permission de le tuer, alors le Messager d’Allah, sallallahou ‘alayhi wa sallam, lui a dit : « Ne sais-tu pas qu’Allah se pencha sur les gens de Badr et leur dit : « Faites ce que vous voulez, Je vous ai pardonné » » (1) - Alors, Omar ne s’acharna pas sur son accusation d’hypocrisie à l’encontre de Hatib … »
(1) Il ne faut pas faire une analyse mécréante de ce Hadith, comme un égaré l’a dernièrement fait, en disant qu’Allah leur aurait pardonné même la grande mécréance. Ceci est faux et va à l’encontre du Coran, de la Sounna, et du consensus.
Il y a encore l’histoire rapportée par al-Boukhari, rahimahoullah, il s’agît d’un Hadith de Djabir ‘ibn Abdallah, qui raconte que Mou‘adh ‘ibn Djabal, faisait la prière avec le Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallam, puis des gens arrivèrent. Alors, Mou‘adh dirigea la prière avec eux, et récita la sourate al-Baqarah. Un homme quitta les rangs et pria seul en récitant des sourates courtes. Lorsque Mou‘adh, qu’Allah soit satisfait de lui, l’apprit, il a dit : « C’est un hypocrite ! » - Alors l’homme en question est parti chez le Prophète, sallallahou ‘alayhi wa sallam, qui n’a fait aucun reproche à la parole de Mou‘adh, mais bien à la durée de la prière, et lui a dit : « Veux-tu être un fauteur de trouble Mou‘adh ?! Récite des sourates courtes comme : « Wach-Chamssi wadh-Dhouhaha » ou « Sabbihissma Rabbikal-A‘la »