Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
L'excuse de la Nassiha :
En entend souvent comme arguments que ces savants font la « Nassiha », c’est pourquoi
il doivent rester avec les gouverneurs.
Si ils auraient lu le Livre "Talbis Ibliss" de Ibn al Jawzi, ils auraient lu dans le chapitre
VI « La ruse contre d’Iblis contre les savants dans les branches de la sciences
religieuses » plus précisément la partie « La ruse d’Iblis en incitant les légistes à
fréquenter et à flatter les gouvernants », que :« Parmi les ruses d’Ibliss contres les
légistes, il y a leur fréquentation des princes et des sultans, le fait qu’ils les courtisent et qu’ils ne les rejettent plus tout en ayant la capacité de le faire. Il se peut qu’ils leur aient accordé une flexibilité pour des choses qui ne nécessitent aucune flexibilité, afin d’obtenir de leur vie mondaine, des honneurs. C’est ainsi que la corruption survient de trois manières :
La première, c’est le prince qui dit : « Si je n’étais pas dans le vrai, le légiste m’aurait
désavoué. Comment pourrais-je ne pas être dans le vrai alors que lui, mange de mes
biens. »
La deuxième, c’est une personne du peuple qui dit : « Ce prince n’a pas à s’en faire,
ainsi que ses biens et ses actes, car untel, le légiste. Il ne cesse d’être au prés de lui. »
Le troisième, c’est le légiste. Il corrompt sa religion avec cela.
Ibliss a rusé contre eux dans le fait de s’introduire chez le sultan. Il dit :
« Nous nous instruisons seulement pour intercéder en faveur du musulman. » Cette ruse est dévoilée par le fait que si quelqu’un d’autre que lui entre pour intercéder, ceci ne l’enchanterai pas. Il se peut qu’il s’attaque à cette personne afin d’être seul à être en contact avec le sultan. »
Fin de citation
Tout les points que Ibn al Jawzi a souligné sont dans notre actualité, les excuses pour
pouvoir fréquenter les princes et autres, ne manque pas et si certaines ont été dévoilées
d’autres seront trouvé par des savants/fonctionnaires pour endormir les faibles d’esprit ; à l’époque de Ibn Al Jawzi c’était « Nous nous instruisons seulement pour intercéder en faveur du musulman. » et aujourd’hui c’est pour « les aider, de coopérer avec eux, de les conseiller en secret » …
1/ la science et les savants : le point de vue de Al Mawardy
Dans l’excellent ouvrage du célèbre faqih Abou Hassan Al Mawardy, intitulé Adab Ad
duniya wa Ad Din, dans sa partie XI « Comportement des savants avec les gouverneurs »,
il énonce que :
« Le savant doit, en plus se garder d’approuver le gouvernant en ce qui est contraire
à la religion et à la vérité, en faisant la concession d’adhérer à son opinion et de se
soumettre à ses fantaisies. Les savants sont, sous l’effet de la crainte et de l’ambition. Or s’ils faillent, ils causent la perte et de leur personne et des autres, en plus des suites fâcheuses dans l’autre monde et la mauvaise réputation dans ce monde ci.
Hassan al Bassri, que dieu le recouvre de sa miséricorde, rapporte que le Messager
de Dieu dit : « Cette nation sera toujours dans la bonne voie et sous la protection de
Dieu, tant que ses savants ne concèdent pas au gouvernants, que les vertueux ne
magnifient pas les corrompus et que les bons ne se plient pas devant les mauvais.
Or s’ils le font, Dieu les privera de Sa sollicitude ; il les livra à la merci des tyrans
d’entre eux qui leur feront goûter aux pires supplices ; il les frappera de disette et de
dénuement ; et il emplira leur coeoeur de terreur. »
Dans sa partie XII « Devoir du savant de préserver son intégrité », il dit :
« Parmi les règles du code éthique que les savants doivent observer, mentionnons
l’incorruptibilité qui les protège contre le gain suspect et le contentement de peu qui
leur épargne la peine de mendier. Car le Gain suspect est coupable au même titre
que solliciter est humiliant. Or la rétribution divine convient au savant mieux que
l’acte coupable, et la dignité lui sied mieux que l’humiliation »
Et finalement dans la partie XIV « Enseignement bénévole » il écrit :
« Une autre règle éthique, que les hommes de science doivent observer, consiste à
dispenser l’enseignement uniquement par aspiration à l’agrément de Dieu et par
espérance en sa rétribution, sans demander de rémunération ni attendre de salaire
en contre partie.
Dieu (Exalté soit-Il) dit : « …Et n’échangez pas mes révélations contre un vil
prix… ».
Dans son commentaire de ce verset, Abû al ‘Aliya dit : « Cela signifie ne prenez pas
de salaire en contrepartie. C’est ce qui est d’ailleurs mentionné chez eux [les juifs],
dans le premier livre : « O humain, enseigne gracieusement comme tu as été
enseigné gracieusement. ». On rapporte que le Prophète dit : « La rétribution de
l’enseignant est pareille à celle du jeûneur qui observe l’adoration nocturne ». Qui
telle est sa rétribution, se passe de tout salaire ».
La partie XII et XIV, font allusion aux salaires perçus par les savants, ces salaires
sont mauvais en eux mêmes, alors imaginez vous bien, que s’ils proviennent en plus
des sultans ou des détenteurs de l’autorité, que ces savants sont censés ne pas
fréquenter : il y a accumulation des transgressions, qui leur font perdre toutes leurs
intégrités morales… Que dire lorsque cet argent provient des Tawaghits...
2/ Histoire de Al Boukhary et l’Emir khalid :
L’émir khalid Ben Ahmed Az Zuhaly, le gouverneur de Boukhara (sa ville natale),
avait par l’intermédiaire d’un émissaire, demandé à al Boukhary de se présenter
avec ses livres « Al Jami’ » et « at Tarikh », afin d’être écouté parses fils (de l’émir).
Mais al boukhary avait refusé d’aller au palais en signifiant à l’émir que s’il voulait
apprendre, il n’avait qu’à se déplacer chez lui. Dans une autre version, Al boukhary
avait tenu ses propos : « Dis lui que je ne permets pas de rabaisser la science ni de
la porter devant la portes des sultans. S’il en a quelque besoin, il n’a qu’à venir dans
mon oratoire ou chez moi. Et si cela ne te plait pas, tu es un sultan et tu peux m’interdire de professer. J’espère que cela me soit une excuse devant Dieu le jour de la résurrection… »
Regardez comment un grand savant comme Boukhary, a compris le danger de la
fréquentation des sultans et non seulement de comprendre il met en pratique ce
savoir, il refuse par l’amour de la science de la rabaisser en allant chez le sultan,
alors même que c’est pour instruire ses fils, aujourd’hui toute sortes d’excuse nous
parviennent des savants fonctionnaires : Nassiha Da’wa, etc…. mais regardez ce
magnifique exemple du plus grand des traditionalistes de l’histoire de l’Islam !!!
3/ Cheikh Al Islam Ibn Taymiyya
On entend beaucoup de paroles de conciliation de « savants » pour justifier leur
comportement de soumission face aux détenteurs du pouvoirs, alors regarde et
médite sur cette exemple de douceur et de paroles mielleuses a l’égard des
détenteurs du pouvoir :
On lit dans Tarikh Ibn Al Wardi (T.2 p.287) et dans Al Bazar (p.72/73), que lorsque
les Tatars ont envahit et conquit Ach Chams et entouré Damas de leurs armées, les
autorités de la ville envoyèrent comme ambassadeur Ibn Taymiyya et d’autres,
auprès du chef des Tatars l’émir Qazan, les dignitaires présents avec le cheikh al
Islam, énoncèrent que Ibn Taymiyya lui parla avec une telle audace que ses
compagnons s’éloignèrent de lui de peur qu’il soit décapité et éclaboussé de son
sang, puis Ibn Taymiyya s’adressant à l’émir directement en lui disant :
« Toi tu prétends être musulman et selon ce qui nous est parvenu, il y a avec toi un
imam, un cheikh et un muezzin. Tes parents étaient non musulmans mais il n’ont
jamais fait ce que toi tu as fait. Eux ils ont pris un engagement et ils l’ont honoré.
Toi tu as prit un engagement , mais tu l’as trahit. Tu as combattu mais tu as été
déloyal. »
Par sa fermeté et l’impression qu’il fit sur le chef des tatars, celui-ci promit de ne pas
prendre Damas, et Qazan demanda alors à Ibn Taymiyya de prier pour lui, et celui-ci
d’invoquer Dieu dans ces termes :
« Mon Dieu, si ton serviteur Qazan est sorti en campagne pour répandre ta parole et
secourir ta religion, assiste le, raffermi ses pas et fait qu’il gouverne sagement le
pays et le peuple.
Mon Dieu, s’il sort en campagne pour faire parler de lui, voulant corrompre le pays et
tuer les gens, alors détruit son royaume et brise lui le dos… »
Après avoir quitté Qazan, ses accompagnateurs l’accablèrent de reproche sur le
chemin du retour : « Malheur à toi qu’a tu fait ? Comment t’adresses-tu au roi des
Tatars qui cernent aujourd’hui le pays de Chams ? Par Dieu nous ne voyagerons plus
à tes cotés, car il se peut qu’il envoie quelqu’un pour te tuer. » Et lui de répondre : «
Par Dieu, moi aussi je ne voyagerais plus avec vous car vous êtes des lâches… »
Voyez cet exemple d’intransigeance d’un vrai savant rabbani qui mesure le lourd
dépôt que représente la science, imagine toi la scène ; il est avec une ambassade,
auprès de l’émir entouré de ses fidèles, de ses courtisans, de ses gardes, de ses
conseillers, son armée est puissante et occupe la région, pourtant le cheikh ne faiblit
pas, il ne cherche pas à s’attirer ses faveurs, il lui dit la vérité et invoque même
contre lui, devant tous ses familiers, s’il se montre rebelle et injuste.. Et méditez
bien sur le comportement de ceux qui ont accompagné le Cheikh, c’est bel et bien
leurs héritiers qui aujourd’hui se prétendent être des savant rabbaniyoun…
Qu’Allah nous pardonne nos fautes et nos erreurs
Qu’ils nous accordent le succès ici bas et la récompense suprême de l’au delà
Amine Ya Rabal 'Alamin