Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
30) Daniel dit (IX. 24) : " Soixante-dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta Sainte Ville, pour anéantir le crime, mettre fin au péché, expirer l'iniquité et amener la justice éternelle, pour sceller la vision et la prophétie et oindre le Saint des Saints ".
Il n'y a pas à s'occuper de cette prédiction car aucun Messie n'a paru dans le temps qui y est fixé et le Messie des Juifs n'est pas encore venu. Quant aux subtilités par lesquelles les théologiens ont voulu exploiter ce passage au profit de leur cause elles ne méritent pas qu'on s'y arrête pour les raisons suivantes :
1) Parce qu'on ne peut donner gratuitement au mot jour un sens autre que le sens littéral.
2) En admettant même l'interprétation allégorique, la prophétie ne s'applique à aucun Messie. En effet, depuis l'édit de Cyrus, qui permit aux Juifs de rentrer dans leur patrie, jusqu'à la venue de Jésus Christ, il s'est écoulé à ce que l'on croit, plus de six cents ans, ou, d'après Snell Chauncy, 536 ans. Le compte des soixante-dix semaines, ne donnerait que quatre cent quatre-vingt-dix ans. La prophétie ne peut, donc, s'appliquer au Messie des Chrétiens, et, quant au Messie des Juifs, il n'est pas trop clair qu'elle ne saurait s'appliquer à lui, puisqu'il n'a pas encore paru.
3) En admettant cette interprétation, il faudrait arrêter à Jésus la série des prophètes, et admettre que les Apôtres n'ont pas de mission divine, ce qui est contraire à la croyance chrétienne, selon laquelle les Apôtres sont supérieurs à Moïse et à tous les prophètes hébreux. Pour se convaincre de cette supériorité il suffit de, se rappeler que Judas Iscariote était un de ces hommes inspirés, et pleins du Saint-Esprit.
4) D'après cette théorie, il faudrait admettre aussi la cessation de toute nouvelle vision ou inspiration divine, ce que nos adversaires n'admettent pas, puisqu'ils prétendent que des hommes de bien peuvent encore avoir des visions.
5) Watson rapporte dans le 3ème vol. de ses "Theol. Tracts" une lettre du Dr. Grabe, où il est dit que ce passage "a été altéré par les Juifs, et qu'il est impossible de l'appliquer à Jésus dans l'état actuel du texte hébraïque". Ainsi, d'après l'un des interprètes chrétiens les plus accrédités, le texte actuel, tel que le possèdent les Juifs, n'autorise pas les applications qu'on a voulu en faire, à moins d'accuser les Juifs d'une altération que les Protestants dans tous les cas n'ont pas le droit de leur reprocher. Et si le texte même présente des altérations, quelle autorité peuvent avoir les traductions qui sont faites par les Chrétiens ?
6) Le mot Messie s'applique chez les Juifs à tout roi, bon ou mauvais. Le 17° Psaume dit (50 ) . " auteur de tant de miracles, soutien de la maison de ton Messie David et de ses descendants pour toujours ". De même dans le 131ème Psaume on donne le nom de Messie à David, qui a été un des bons rois d'Israël, et dans le 1er Samuel (XXVI.) ou le donne à Saül qui a été l'un des plus mauvais. " et il dit à ses hommes : A Dieu ne plaise que je fasse pareille chose à mon maître, à l'Oint du Seigneur. ... Je ne mettrai point ma main sur mon Seigneur, car il est l'Oint de l'Eternel ". On trouve la même expression dans le 26e chapitre du même livre et dans le 1er chap. du 2ème Samuel. le mot Messie ne s'applique pas seulement aux rois d'Israël, on le donne aussi à des rois étrangers. On lit dans Isai'e (XLV. 1) : "voilà ce que dit le Seigneur à mon Messie Cyrus que j'ai pris par la main "... Voilà le nom de Messie donné à un roi de Perse qui n'a d'autre mérite que celui d'avoir donné la liberté aux Juifs, et de leur avoir permis de rebâtir le Temple.
33) Dans le 7ème chap. du 2ème Samuel, on lit la promesse que Dieu fit aux Israélites par la bouche du prophète Natan, en ces termes (10, 11) : " Et je ferai une place pour mon peuple Israël, et je l'y établirai, et il suivra la bonne route et ne se laissera plus égarer par les pervers ... Savoir, depuis le jour que j'ai donné des Juges à mon peuple lsraël ".
Dieu promet ici aux Israélites de les établir dans ce lieu, c' est à dire, Jérusalem, et de ne plus permettre à personne de leur faire du mal ni de troubler leur tranquillité. Les Juifs s'établirent bien à Jérusalem, mais les promesses de Dieu restèrent sans accomplissement. Les rois de Babylone envahissent, par trois fois, le territoire juif pillent, saccagent, mettent tout à feu et à sang. D'autres rois les inquiètent, et enfin Titus donne le dernier coup à la nationalité juive, fait périr plus d'un million par le glaive et la faim, prend 97 000 prisonniers ; et leurs descendants son actuellement dispersés dans toutes les parties du monde !
34) Dans le même chapitre ( 12-16), Dieu promet à David, par la bouche de Natan, ce qui suit : " Quand tes jours seront accomplis, que tu seras couché avec tes pères, je maintiendrai après toi ta postérité, qui sortira de toi, et j'affermirai son règne. Lui (ce fils) bâtira une maison à mon nom, et j'affermirai le trône de son règne à toujours. Je serai pour lui un père, et il sera un fils pour moi ; que s'il commet quelque iniquité, je le châtierai avec une verge d'homme et avec des plaies des enfants des hommes. Mais ma bienveillance ne se retirera point de lui, comme je l'ai retiré de Saül, que j'ai éloigné de devant moi. Ta maison et ton règne seront assurés pour toujours devant toi ; ton trône sera affermi à jamais ".
Cette promesse est rapportée dans les termes suivants par le 1er Chroniques (XXII. 9, 10) : " vois, il t'est né un fils, ce sera un homme de repos, et je lui donnerai du repos de tous ses ennemis à l'entoure, car Salomon sera son nom, et je ferai venir la paix et la tranquillité sur Israël pendant son temps. C' est lui qui bâtira une maison à mon nom, et il me sera un fils, et moi je lui sera un père ; je consoliderai le trône de son royaume sur Israël pour toujours ". Selon cette promesse de Dieu - on ne peut plus formelle - la maison de David devait jouir du pouvoir à Perpétuité cependant, il y a bien longtemps que cette maison ne règne plus.
35) Paul, le Sanctifïé des Trinitaires, rapporte ces paroles de Dieu concernant Jésus (Héb. 1. 6 ) . " Moi, je lui serai pour père, et lui me sera pour fils ". Les interprètes voient dans ce passage une allusion à celui de Samuel qui j'ai cité plus haut. Cette opinion n'est pas soutenable pour plusieurs raisons :
1) Parce qu'il est dit, dans les Chroniques, que le nom du fils sera Salomon.
2) Parce qu'il est dit, dans le passage de Samuel, aussi bien que dans les Chroniques, que ce fils " bâtira une maison à mon nom ", ce qui ne peut s'appliquer qu'à Salomon, le Christ étant né mille trois ans après la construction du Temple, et ayant toujours prédit la destruction de ce monument, ainsi qu'on peut le voir par Matthieu (XXIV), et comme nous le verrons aussi plus loin.
3) Il est dit dans les Ecritures que ce fils sera roi, et Jésus n'était qu'un pauvre homme, au point qu'il put dire de lui-même : "Les renards ont des tanières et les oiseaux de l'air ont des nids ; mais le Fils de l'Homme n'a point où reposer sa tête " (Matth. VIII. 20).
4) Il est dit dans le livre de Samuel . " S'il commet quelque iniquité, je le châtierai ". Ceci ne peut s'appliquer qu'à un homme, sujet à défaillance et à errer comme Salomon qui, vers la fin de sa vie, au dire de la Bible, se livra à l'adoration des dieux étrangers et leur bâtit des temples, tandis qu'il ne convient aucunement à Jésus pur et infaillible, selon la croyance chrétienne.
5) Il est dit dans le 1er Chroniques : " Et il sera un homme de paix, et je lui donnerai du repos de tous ses ennemis ". Jésus n'a pas eu un moment de repos depuis son enfance, jusqu'au moment où, au dire des Chrétiens, il fut mis à mort ; il mena une vie errante et agitée, terminée par un affreux supplice. Tandis que la vie de Salomon correspond littéralement à la promesse contenue dans ce passage.
6) Il est dit dans le même passage . " Je ferai venir la paix et la tranquillité sur Israël ". On sait que du temps de Jésus, les Juifs étaient sous la domination romaine, réduits à la plus grande impuissance.
7) Salomon a reconnu dans cette prophétie une allusion à lui même, ainsi qu'on le voit par le 6e chap. du 2ème Chroniques. Si l'on prétend que cette prédiction, bien qu'elle se rapporte en apparence à Salomon, fait allusion, en réalité, à Jésus, qui est descendant le Salomon, je répondrai qu'aucun des traits qu'on attribue au fils qui devait venir ne correspond à ceux du Christ ; j'ajouterai même que, abstraction faite de ces traits, l'application de la promesse n'est pas, non plus, praticable en vertu de l'opinion de la majorité des exégètes modernes ; car, pour concilier la contradiction existante entre les deux généalogies de Matthieu et de Luc, ces Messieurs allèguent que le premier a donné celle de Joseph, et le second celle de Marie ; cette opinion est, même, celle de l'auteur du Mizan. Or, Jésus n'est pas le fils du menuisier Joseph ; reconnaître la paternité de ce dernier c'est prendre un fantôme pour un être réel. Jésus est le fils de Marie, que la paix soit sur eux, et par conséquent il n'est pas le descendant de Salomon, mais de Natan ; la promesse, donc, faite à Salomon ne lui est pas applicable.
37) On lit dans le 1er Rois (XVII.), au sujet de prophète Elie . " La parole de l'Eternel lui fut adressée disant ; Va-t'en d'ici, dirige-toi vers l'Orient, et cache- toi près du torrent de Kérith, vis-à-vis du Jourdain. Tu boiras de l'eau du torrent, et j'ai ordonné aux corbeaux de t'y nourrir. Il partit et agit selon la parole de l'Eternel ; il s'en alla et demeura près du torrent de Kérith, qui est vis-à-vis du Jourdain. les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande le matin. et du pain et de la viande le soir, et il buvait de l'eau du torrent ".
Le mot "Ourim" a été traduit par "corbeaux" dans toutes les versions, excepté Jérôme, qui traduit " Arabes", mais dans les éditions postérieures de la Vulgate, on changea, comme d'habitude, le mot " Arabes" en "corbeaux", suivant la tradition. Cet épisode a été un sujet incessant de plaisanteries pour les adversaires de la religion chrétienne. Horne serait disposé à adopter la version de Jérôme pour faire cesser le scandale. Il dit (vol. 11. p. 629 ) . "On a demandé comment il pouvait se faire que des corbeaux, oiseaux impurs, eussent été chargés de nourrir le prophète et de lui apporter sa provision journalière". Le texte dit "Ourim", qui veut dire " Arabes". Ce mot est employé dans le même sens dans le 2ème Chroniques (XXI. 16), dans Néhémie (1V. 7). On sait, par le Perechet Riba, commentaire hébreu sur la Genèse, qu'Elie avait reçu l'ordre de se cacher dans les environs de Beth-Châné ; Jérôme dit que les frontières de l'Arabie, et que c'est à eux que le prophète doit sa vie. Ce témoignage de Jérôme est précieux ; bien que dans les éditions de la Vulgate on lise le mot "corbeaux", pour "Ourim". Cette leçon est contredite par Néhémie, par les Chroniques, et par Jérôme. La traduction Arabe entend ce mot dans le même sens, de même que le célèbre Jarchi. Comment aurait-on pu envoyer de la viande par des oiseaux aussi impurs à un prophète qui était rigide observateurs de la loi ? Je crois par conséquent que le prophète fut nourri par une tribu qui s'appelait "Ourim". Les Protestants n'ont pas de choix ici ; en adoptant la leçon de Horne, ils convaincraient d'erreur tous les autres interprètes. qui ont suivi la leçon commune ; en adoptant, au contraire, le texte hébreux, ils convaincraient d'erreur un de leurs théologiens les plus accrédités.
38) On lit dans le ler Rois (VI. 1) que Salomon bâtit une maison à l'Eternel dans l'année de 480 de la sortie d'Egypte. Les interprètes considèrent cette date comme erronée. Adam Clarke dit à ce sujet (Comm., vol. II. p. 1293 ) . "On n'est pas bien d'accord sur la date ; le texte hébraïque porte 480 ; la version grecque, 440 ; Glycas, 330 ; Melchior Canus, 590 ; Josèphe, 592 ; Sulpicius Sévérus, 588 ; Clément d'Alexandrie, 570 ; Cédrénus, 672 ; Codomane, 597 ; Vossius et Capellus, 580 ; Sérarius, 6S0 ; Nicolas. Abraham, 527 ; Maestlinus, 592 ; Petavius et Valthérus, 520 ." Cette discordance prouve que les écrivains profanes ne croyaient pas à l'inspiration du texte hébraïque ; s'ils avaient cru que tout ce qui est contenu dans ce texte venait de Dieu, ils n'auraient pas, à coup sûr, cherché d'autres dates.
39) On lit dans Matthieu (1. 17 ) . " Toutes les générations d'Abraham à David sont au nombre de quatorze, et de David à la captivité de Babylone, il y a quatorze générations, et de la captivtté de Babylone au Christ, il y a quatorze générations ".
On divise, ainsi, le temps qui s'est écoulé entre Abraham et le Christ en trois périodes, comprenant chacune quatorze générations, la première période se termine à David. On ne doit pas compter David dans les générations de la seconde période, qui commence, dans ce cas, avec Salomon, et finit avec Jéchonias ; Jéchonias. ne doit pas, non plus, être compté avec les générations de la troisième période, dont la première est celle de Salathiel, ce qui en réduirait le nombre à treize. Porphyrius avait déjà fait remarquer cette erreur au 3ème siècle, et toutes les explications qu'on en a données depuis sont loin de nous satisfaire.
39-42) On dit dans Matthieu (I. 11) : " et Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la captivité de Babylone ". Josias était donc en vie du temps de la captivité de Babylone. Mais il faut remarquer :
1) Que Josias mourut douze ans avant cet événement, et eut pour successeur pendant trois mois son fils Joachaz, ensuite son autre fils Joïakim ou Joachim, qui régna onze ans, et eut pour successeur son fils Joïakin ou Joachin, qui régna trois mois, fut vaincu par Nabuchodonosor et transporté avec une partie du peuple à Babylone.
2) Que Jéchonias est le petit-fils de Josias, et non son fils, comme nous venons de le dire.
3) Que Jéchonias. avait dix-huit ans lors de la captivité de Babylone, et que c'est une erreur de dire qu'il soit né pendant la captivité.
4) Que Jéchonias n'avait point de frères, et que c'est son père qui en avait trois. On voit combien il y a d'erreurs dans ce peu de mots. C'est pour dissiper les difficultés, que soulève ce passage, que Calmet a proposé de lire le V. 11 de Matthieu de la manière suivante : " Et Josias engendra Joakim et ses frères, et Joakim engendra Jéchonias vers le temps de la première captivité de Babylone ". (Ad. Clarke ad. Matth.). Ainsi, pour faire disparaître une difficulté, ces Messieurs proposent d'interpoler le texte ; mais en adoptant, même, cette interpolation arbitraire, il reste toujours l'objection que nous avons mentionnée plus haut au N° 3. Je crois que le nom de Joachim aura été omis, avec intention, par quelque pieux ecclésiastique, qui n'a pas voulu que ce nom figurât dans la généalogie du Christ, sachant que le Christ, comme descendant de Joachim, n'aurait pas pu s'asseoir sur le trône de David, ni être le Messie. Il n'a pas vu que, pour éviter cette difficulté, il en créait d'autres en grand nombre : peut-être aussi aura-t-il vu ces difficultés mais il aura préféré exposer Matthieu au reproche d'inexactitude historique, plutôt que de compromettre le titre du Christ au trône de David.
43) De Juda à Salmon, il s'est écoulé près de 300 ans, et de Salmon à David quatre cents ans. Matthieu place sept générations dans cette première période, et cinq générations dans la seconde. Ceci est évidemment erroné, car on vivait plus longtemps dans la première période que dans la seconde.
44) Le nombre des générations de la seconde période est de dix-huit, selon le 1er Chroniques, et non de quatorze, comme l'a dit Matthieu. Newman a dit à ce sujet, avec un sentiment d'amertume, que dans le dogme chrétien, il était absolument nécessaire d'admettre que un et trois fussent le même nombre, et qu'il faudra admettre, aussi, que quatorze et dix-huit sont un même nombre, parce que l'Ecriture Sainte ne peut ni errer, ni se contredire.
45) 46) Matthieu dit (1. 8) : " Joram engendra Ozias. ou Hozzias ". Ce que n'est pas exact :
1) Parce qu'Ozias, ou Hozzias, était fils d'Amatsia, fils de Joas, fils d'Achazias, fils de Joram. Trois générations de souverains disparaissent, ainsi, d'un trait de plume. Cependant c'était des rois assez renommés comme on le voit par 2ème Rois VIII., XII., XIV., et 1er Chron. XXII., XXIV., XXV. Aucune raison n'est assignée pour cette suppression, de sorte qu'on ne peut l'attribuer qu'à une erreur. Quand un historien détermine une époque, et indique le nombre des générations qui s'y sont succédées, s'il en omet dans l'énumération quelques-unes, par oubli, ou de propos délibéré, il ne peut que mériter le blâme.
2) Son nom était Asarias ou Azaria. et non Ozias ou Hozzias, ainsi qu'on le voit par ler Chron. III. et 2ème Rois XIV., XV.
47) Matthieu dit (1. 12) que Zorobabel est fils de Salathiel. C'est une erreur, car Zorobabel est fils de Fedaïa ou Pedaïa, et neveu de Salathiel ( l Chron. III;).
48) Selon Matthieu ( I . 13), Ebihod serait fils de Zorobabel. C'est encore une erreur. Zorobabel a eu cinq enfants (1 Chron. III. 19), mais aucun d'eux ne s'appelait Ebihod. C'est la onzième erreur que nous relevons dans la généalogie du Christ selon Matthieu. si à ces erreurs nous ajoutons les différences que nous avons relevées, à la l ère section, entre sa généalogie et celle de Luc, nous avons dix-sept erreurs. Ainsi l'inspiration évangélique de Matthieu pour ce seul chapitre aurait dix-sept invalidations (litt. égratignures).
49) Matthieu rapporte l'histoire des Mages qui arrivèrent à Jérusalem en suivant l'étoile. Or, quelques comètes se meuvent d'Occident en Orient, d'autres d'Orient en Occident. Beth-léhem est au sud de Jérusalem, comment l'étoile aurait-elle pu aller de Jérusalem à Beth-léhem ?
50) On lit dans le 1er chap. de Matthieu : « Et tout cela eut lieu afin que fût accompli ce que le Seigneur a dit par le prophète, disant : Voici, une vierge sera enceinte et enfantera un fils, et on appellera son nom Emmanuel, ce qui, interprété, est Dieu avec nous ».
Le prophète dont il est parlé ici est lsaïe, qui a dit (VII. 14 ) . « Voici, le Seigneur vous donnera lui-même un signe. La jeune fille deviendra enceinte et enfantera un fils, et le nommera Emmanuel »....Nous ferons ici quelques observations :
1) Le mot hlm' (Alma}, qu'on traduit ordinairement par vierge. dans ce passage d'lsaïe, veut dire simplement jeune fille. Ce mot se retrouve dans les Proverbes (XXX.) dans le sens de jeune fille. Les trois premières versions grecques d'Aquila, de Symmachus. et de Teodotion, et, surtout cette dernière, qui est si estimée, disent tout simplement "jeune fille..."
2) Personne n'a jamais appelé Jésus du nom d'Emmanuel .. lorsque l'ange apparut à Joseph, il lui dit : " tu l'appelleras Jésus ". Gabriel dit à Marie : " tu deviendras enceinte et tu auras un enfant, que tu appelleras Jésus ". Jésus lui-même ne fait jamais allusion à son nom d'Emmanuel.
3) Le fait auquel se rapporte ce passage d'lsaïe (chap. VIl.) ne permet pas d'y voir une allusion à Jésus. Rassan ou Retsin. roi d'Aram, ou Syrie, et Pekah. roi d'lsraël, étaient venus assiéger Jérusalem où régnait Achaz. fils de Jotham. roi de Juda, L'union de ces deux rois avait fort découragé Achaz. et pour le consoler Dieu révéla à lsaïe que la puissance de Retsin et de Pekah n'aurait pas duré longtemps. Comme signe de leur destruction prochaine Dieu révéla à lsaïe qu'une jeune fille deviendrait enceinte, qu'elle aurait un fils appelé Emmanuel ( Dieu avec nous ), et qu'avant que ce garçon pût distinguer le bien du mal, le pays des deux rois ennemis serait désolé. En effet, vingt et un ans après, le pays de Pekalt fut ravagé. La naissance de l'enfant devait donc arriver avant cet événement pour que la prophétie pût s'accomplir. On sait que Jésus est postérieur à ces faits de 721 ans. Plusieurs interprètes chrétiens ont pensé qu'lsaïe voulait parler de sa femme qui était enceinte. et il promettait que le pays serait délivré de ses ennemis avant que l'enfant qu'elle portait eût atteint l'âge de raison. Cette opinion a été soutenue par le Dr. Benson, et elle me semble mériter d'être prise en considération.