Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
LES SAHABA ET LE CALIFAT APRÈS LA MORT DU PROPHÈTE
UNANIMITÉ DES SAHABAS POUR CHOISIR ABOU BAKR ASSIDDIQ
- Et Allah élevé, continua Abou Bakr, a dit à Mouhammed, prière et paix sur lui: [En vérité tu mourras et ils mourront aussi] (39/30). Allah élevé dit aussi: [Tout ce qui est sur elle doit périr. Seule subsistera la face de ton Seigneur plein de majesté et de noblesse] (55/26-27). Il dit encore: [Toute âme goûtera la mort. Mais c'est seulement au jour de la résurrection que vous recevrez votre entière rétribution] (3/185). Allah a fait vivre Mouhammed et l'a gardé jusqu'à ce qu'il établit grâce à lui la religion d'Allah. Mouhammed, prière et paix sur lui, a fait triompher la volonté d'Allah, il a transmis la religion d'Allah et a combattu pour la cause d'Allah, puis il est mort en accomplissant cela. Il vous a laissés sur la voie; quiconque périra aura déjà reçu la preuve et le remède. Celui dont le Seigneur est Allah, Allah est vivant et ne meurt pas, et celui qui adorait Mouhammed et le considérait comme un dieu, alors son dieu est mort. Musulmans! Soyez pieux envers Allah! Tenez à votre religion! Placez votre confiance en votre Seigneur! La religion d'Allah est inébranlable et la parole d'Allah est complète. Allah aidera celui qui l'aide et il fera triompher sa religion. Le livre d'Allah est parmi nous; il est la lumière et le remède; par lui, Allah a guidé Mouhammed, prière et paix sur lui; il contient le licite et l'illicite. Par Allah! Peu nous importe les créatures qui se coalisent contre nous! Nos sabres sont dégainés, nous ne les avons pas encore déposés, et nous combattrons ceux qui nous contredisent comme nous avons combattu avec le Messager d'Allah, prière et paix sur lui. Pour cela que personne ne se lance dans la perdition!» Puis les mouhajirins partirent avec lui voir le Messager d'Allah, prière et paix sur lui.
1.2 Discours de Omar et le serment collectif pour Abou Bakr
Anas, qu'Allah l'agrée, raconte: j'ai entendu le deuxième discours de Omar, qu'Allah l'agrée, le lendemain de la mort du Messager d'Allah, prière et paix sur lui. Abou Bakr était silencieux et ne disait pas un mot. Omar dit: «J'espérais que le Messager d'Allah vive jusqu'à ce qu'il soit le dernier d'entre nous à mourir. Mais si Mouhammed est mort, Allah a mis parmi nous une lumière pour être guidés. Allah a guidé Mouhammed, prière et paix sur lui, et Abou Bakr est le compagnon du Messager d'Allah et le [Deuxième de deux] (9/40) (dans le Coran, Allah appelle Abou Bakr le second dans la grotte T). Il est le musulman le plus digne d'être votre chef. Levez-vous donc et prêtez-lui serment (bayâa)». Un groupe lui avait déjà prêté serment dans la cour des Bènou Sèîida, et le serment public eut lieu alors sur le minbar. J'ai entendu Omar dire à Abou Bakr à ce moment-là: «Monte sur le minbar». Omar ne cessa de le presser jusqu'à ce qu'il monta et les musulmans lui prêtèrent serment.
1.3 Discours d'Abou Bakr quand les musulmans lui prêtèrent serment
Anas, qu'Allah l'agrée, rapporte: on prêta serment à Abou Bakr, qu'Allah l'agrée, dans la cour, et le lendemain il s'assit sur le minbar. Omar, qu'Allah l'agrée, se leva et parla avant lui. Il loua Allah et le félicita comme il le mérite puis dit: «Musulmans! Hier, je vous ai dit une parole fausse: je ne l'ai pas prise du livre d'Allah et le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, ne me l'avait pas confiée (Omar avait dit que le Prophète n'était pas mort C), mais j'avais cru que le Messager d'Allah partirait après nous tous. Allah a laissé parmi vous son Livre par lequel il a guidé le Messager d'Allah; si vous y tenez Allah vous guidera vers ce quoi il a guidé son Prophète. Allah vous a aussi unis avec le meilleur d'entre vous: le compagnon du Messager d'Allah, prière et paix sur lui, et le [Deuxième de deux quand ils étaient dans la grotte] (9/40). Levez-vous et prêtez-lui serment». Puis Abou Bakr prit la parole. Il loua Allah et le félicita comme il le mérite puis dit: «Musulmans! On m'a placé en tant que votre chef et je ne suis point le meilleur parmi vous. Si j'agis bien aidez-moi, et si j'agis mal, redressez-moi. Dire la vérité est une responsabilité dont il faut s'acquitter, et mentir est une trahison. Le faible parmi vous est fort à mes yeux jusqu'à ce que je lui donne son droit par la volonté d'Allah. Le fort parmi vous est faible à mes yeux jusqu'à ce que je prenne ce qu'il doit par la volonté d'Allah. Tous gens qui laissent le jihèd pour la cause d'Allah, Allah les châtiera par l'humiliation. Tous gens parmi lesquels se propage la turpitude, Allah leur infligera une calamité qui les frappera tous. Obéissez-moi tant que j'obéis à Allah et à son Messager. Si je désobéis à Allah et à son Messager, vous ne devez plus m'obéir. Levez-vous pour la prière, qu'Allah vous fasse miséricorde».
1.4 Ce qu'un homme dit du califat d'Abou Bakr et le discours de Omar à ce sujet et au sujet de l'histoire de la cour des Bènou Sèîida
Ibn Âabbès, qu'Allah les agrée, rapporte: à Mina, au dernier pèlerinage de Omar Ibn Alkhattab, qu'Allah l'agrée, (l'an 23 H I) Abderrahmane Ibn Âawf, qu'Allah l'agrée, retourna à sa tente. Je lui faisais réviser son Coran et il me trouva en train de l'attendre.
Abderrahmane me raconta: un homme est venu dire à Omar que quelqu'un a dit: «Si Omar mourait, je prêterais serment à Untel (il s'agissait de Talha Ibn Ôoubèyd Allah I). Par Allah! Le serment prêté à Abou Bakr (quand il fut choisi calife T) n'était qu'un accident puis cela s'est fait (donc si je prête serment à cette personne, elle pourra accidentellement devenir calife comme Abou Bakr C)!»
- Si Allah le permet, dit Omar, je vais me lever cet après-midi, je vais prononcer un discours parmi les musulmans et je vais les avertir contre ces gens qui veulent leur usurper le pouvoir.
- Chef des croyants! dis-je. Ne fais pas cela. Le pèlerinage rassemble les masses des musulmans et parmi eux il y a les ignorants et les vicieux. Ces derniers seront les plus nombreux dans ton auditoire quand tu prononceras ton discours. Je crains que tu dises des paroles puis qu'ils en soient ébranlés; ils ne les comprendront pas et en feront un mauvais usage. Attends plutôt de retourner à Médine, car c'est la ville de l'émigration et de la sounna. Tu seras alors avec les savants et les nobles et tu pourras dire ce que tu veux en étant maître de la situation. Ils comprendront tes paroles et les interpréteront correctement.
- Si je retourne à Médine en bonne santé, dit Omar, j'en parlerai aux gens dès la première occasion».
Ibn Âabbès continue le récit: nous rentrâmes à Médine pendant les derniers jours du mois de dhoul hajja et nous arrivâmes un vendredi. Je me suis dépêché pour arriver tôt à la mosquée et je suis parti comme un aveugle (qui ne sait pas si c'est le jour ou la nuit ni s'il fait chaud ou froid C). J'ai trouvé Sèîid Ibn Zèyd qui m'avait précédé. Il était assis à la droite du minbar et je me suis assis à côté de lui, mon genou contre le sien. C'est alors que Omar arriva. En le voyant, je dis: «Cet après-midi (dans le sermon du vendredi T), il dira des paroles que personne n'a dites avant lui». Sèîid Ibn Zèyd fut sceptique et rétorqua: «Que veux-tu qu'il dise que personne n'ait dit?» Omar, qu'Allah l'agrée, s'assit sur le minbar.
Quand l'appel à la prière fut lancé, il se leva, félicita Allah comme il le mérite puis dit: Musulmans! Je vais dire certaines choses car Allah a destiné que je les dise. Je ne sais pas; il se peut que ce soit peu avant ma mort. Quiconque les comprend et les retient, qu'il les répète partout où le mènera sa monture. Celui qui ne les comprendra pas, je ne lui autorise pas à dire des mensonges sur moi (à mal répéter mes paroles et à les déformer T). Allah a envoyé Mouhammed, prière et paix sur lui, avec la vérité et a fait descendre sur lui un Livre. Dans ce qui fut révélé, il y avait le verset de la lapidation (tuer en jetant des pierres T). Nous avons lu ce verset, nous l'avons compris et nous l'avons appris. Le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, a lapidé et nous avons lapidé après lui. Je crains qu'après un grand laps de temps, quelqu'un dise: dans le Coran, aucun verset ne mentionne la lapidation (le verset est: [Le vieux et la vieille, s'ils commettent l'adultère, lapidez-les à mort]. Allah a effacé ce verset du Coran, mais la loi est restée I). Ils s'égareront alors en laissant une obligation qu'Allah puissant et glorieux a descendue. Dans le livre d'Allah, doit être lapidé quiconque commet l'adultère en étant marié, homme ou femme, si la preuve est établie (quatre témoins T), ou qu'elle est enceinte, ou que la personne avoue. Sachez aussi que nous lisions: [Ne reniez pas vos pères, car c'est une mécréance que de renier son père] (ce verset aussi a été effacé du Coran I). Sachez que le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, a dit: «Ne me prodiguez pas
des éloges à la manière des chrétiens pour Îissa Ibn Mèryèm, prière et paix sur eux. Je suis uniquement un serviteur, dites: le serviteur d'Allah et son messager».
(Omar continue T) J'ai appris que l'un de vous a dit: «Si Omar meurt, je prêterai serment à Untel». Qu'il ne se leurre pas en disant: «Le serment prêté à Abou Bakr ne fut qu'un accident puis cela s'est conclu». Il fut effectivement imprévu, mais Allah préserva ce serment et aucun mal n'en découla. Par contre, aujourd'hui, aucun de vous ne dépasse en piété les autres de très loin (alors qu'Abou Bakr nous dépassait de très loin I). Voilà ce qui s'est passé quand le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, est mort. Ali, Zoubèyr et d'autres sont restés entre eux dans la maison de Fatima la fille du Messager d'Allah. Les ançars se réunirent entre eux dans la cour des Bènou Sèîida tandis que les mouhajirins se groupèrent autour d'Abou Bakr. J'ai dit: «Abou Bakr! Partons rejoindre nos frères les ançars». Nous partîmes à la tête des mouhajirins et nous rencontrâmes deux hommes pieux (dans une autre version: Ôouwaym Ibn Sèîida et Maâan Ibn Âadiy). Ils nous informèrent de ce que faisaient les ançars et nous questionnèrent: «Où allez-vous, les mouhajirins?
- Nous voulons rejoindre nos frères, les ançars, répondis-je.
- Ce n'est pas nécessaire. N'allez pas chez eux et décidez entre vous, les mouhajirins.
- Par Allah! Nous partirons les voir». Nous partîmes et nous les rejoignîmes dans la cour des Bènou Sèîida. Ils étaient réunis et un homme parmi eux étaient enveloppé. J'ai demandé: «Qui est-ce?
- Saâd Ibn Ôoubèda, dirent-ils.
- Qu'a-t-il?
- Il est malade».
(Omar continue) Nous nous assîmes et leur orateur se leva et félicita Allah comme il le mérite. Puis il dit: «Vous, les mouhajirins, vous êtes la tribu de notre Prophète. Certains parmi vous ont émigré vers nous, et veulent nous prendre notre terre et nous écarter du pouvoir». Quand il se tut, je voulus prendre la parole. J'avais élaboré des paroles que je considérais pertinentes et je voulais les dire devant Abou Bakr. Je freinais mon élan à cause de lui et il me dit: «Doucement, Omar». Je ne voulus pas le fâcher et il parla. Il était plus sage et plus posé que moi. Par Allah! Toutes les paroles que j'avais arrangées et préparées, il les dit spontanément dans son discours ou il dit d'autres encore meilleures jusqu'à ce qu'il se tut. Il dit: «Les vertus dont vous parlez, vous les méritez effectivement. Mais les arabes n'admettront pour souverains que les qouraychites car ils ont l'ascendance la plus noble et la terre la plus noble. Je trouve convenables pour vous diriger ces deux personnes, prêtez serment à celui que vous voudrez». Il attrapa ma main et la main d'Abou Ôoubeyda Ibn Aljarrah, et ce fut la seule parole que j'ai désapprouvée parmi ce qu'il dit. Par Allah! J'aurais préféré qu'on me tranche la tête sans que je commette de péché plutôt que d'être le chef d'un groupe contenant Abou Bakr - à moins de changer d'avis face à la mort. Un des ançars (dans une autre version: Alhoubèb Ibn Almondhir) dit: «Je vais vous donner la solution idéale: un émir de chez nous et un émir de chez vous, gens de Qouraych». Les voix s'élevèrent et ce fut un brouhaha. Nous craignîmes que la situation dégénère en dispute et nous dîmes: «Tends ta main, Abou Bakr!» Il la tendit et je lui ai prêté serment, puis les mouhajirins lui prêtèrent serment, puis les ançars suivirent. Nous piétinâmes Saâd Ibn Ôoubèda et un d'eux cria: «Vous avez tué Saâd!» J'ai répliqué: «Allah a tué Saâd!» Par Allah! Nous n'avons pas trouvé dans ces circonstances de solution plus sage que de prêter serment à Abou Bakr. Nous avons craint que si nous les quittions sans serment, ils auraient prêté serment en notre absence. À ce moment-là nous aurions soit rallié leur serment à contrecoeur soit formé notre groupe à part et ç'aurait été le désastre. Sachez que quiconque a prêté serment à un émir sans consulter les musulmans, le serment qu'il a prêté est nul et le serment que son émir a reçu est nul, et s'ils persistent, ils seront tués.
1.5 Discussion au sujet du califat dans la cour
Ibn Âabbès, qu'Allah les agrée, rapporte: Omar, qu'Allah l'agrée, raconta: voilà ce qui s'est passé quand le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, mourut. On vint nous dire que les ançars s'étaient réunis dans la cour des Bènou Sèîida pour prêter serment à Saâd Ibn Ôoubèda, qu'Allah l'agrée. Je me suis levé précipitamment ainsi qu'Abou Bakr et Abou Ôoubeyda Ibn Aljarrah, qu'Allah les agrée. Nous craignîmes qu'ils ne causent un tort à l'Islam et nous partîmes les rejoindre. Nous rencontrâmes deux hommes véridiques des ançars: Ôouwaym Ibn Sèîida et Maâan Ibn Âadiy, qu'Allah les agrée. Ils demandèrent: «Où allez-vous?» Nous répondîmes: «Rejoindre votre tribu, à cause de ce qu'ils préparent». Ils proposèrent: «Retournez, car ils ne vous désobéiront pas et ne feront pas une chose que vous désapprouvez». Mais nous insistâmes pour partir. Je me mis à arranger des paroles que je voulais dire jusqu'à ce que nous arrivâmes. Ils étaient autour de Saâd Ibn Ôoubèda qui était malade et couché sur un lit. Quand nous entrâmes, ils prirent la parole et dirent: «Ô mouhajirins! Un émir des nôtres et un des vôtres!» Houbèb Ibn Almondhir dit: «C'est moi le stratège et le politicien hors pair! Par Allah! Si vous voulez, nous rallumerons la guerre!» Abou Bakr dit: «Doucement». Je voulus parler mais il dit: «Écoute, Omar!» Il loua Allah et le félicita puis dit: «Ô ançars! Par Allah! Nous ne nions pas vos vertus, ni votre valeur dans l'Islam, ni nos devoirs envers vous. Mais vous savez bien que cette tribu, Qouraych, tient une place parmi les arabes qu'aucune autre tribu ne possède, et que les arabes ne se soumettront qu'à un homme d'entre eux. Nous serons donc les souverains et vous les ministres. Soyez pieux envers Allah! N'ébranlez pas l'Islam et ne soyez pas les premiers à causer du tort à l'Islam. Je vous propose un de ces deux hommes (moi et Abou Ôoubeyda), lequel choisirez-vous, vous pourrez lui faire confiance». Par Allah! Il avait dit tout ce que je voulais dire, à part cette dernière parole. Par Allah! Je préfère être tué et être ressuscité, puis être tué encore et revivre, sans avoir commis de péché, plutôt que d'être le chef d'un groupe contenant Abou Bakr. Puis je dis: «Ô ançars! Ô musulmans! La personne qui mérite le plus la place du Messager d'Allah, prière et paix sur lui, après lui est le [Deuxième de deux quand ils étaient dans la grotte] (9/40): Abou Bakr qui a de loin dépassé tous les autres». Puis je pris sa main et un homme des ançars me précéda et tapa sur sa main avant moi. Puis les gens se suivirent et on laissa Saâd Ibn Ôoubèda.
1.6 Abou Bakr et Omar se rejettent le califat dans la cour
Ibn Sirine rapporte: ce jour-là, Abou Bakr et Omar, qu'Allah les agrée, rejoignirent les ançars. Abou Bakr dit: «Ô ançars! Nous ne nions pas vos vertus, et aucun croyant ne nie vos vertus. Par Allah! Tout bien que nous avons atteint, vous y avez participé. Mais les arabes n'accepteront qu'un homme de Qouraych et ne resteront pas sous l'autorité d'un autre. Les qouraychites sont les meilleurs orateurs, ils ont les origines les plus nobles et la terre la plus noble, ils sont aussi les plus généreux parmi les arabes (car ils accueillent les pèlerins C). Prêtez donc serment à Omar!
- Non, répondirent-ils.
- Pourquoi donc? questionna Omar.
- Nous craignons d'être défavorisés.
- Tant que je vivrai, affirma-t-il, cela n'aura pas lieu. Prêtez donc serment à Abou Bakr.
- Tu es plus fort que moi, dit Abou Bakr à Omar.
- Tu es meilleur que moi, répliqua Omar.
- Tu es plus fort que moi, répéta Abou Bakr». Omar donna la même réponse. Abou Bakr répéta une troisième fois et Omar répondit: «Ma force est à ton service en plus de ta supériorité». Ils prêtèrent alors serment à Abou Bakr, qu'Allah l'agrée. Quand on prêta serment à Abou Bakr, certaines personnes allèrent voir Abou Ôoubeyda Ibn Aljarrah. Il rétorqua: «Vous venez vers moi alors que le [Deuxième de deux] (9/40) est parmi vous!»
1.1 Récit de la mort du Prophète et discours d'Abou Bakr
Ôorwa Ibn Zoubèyr, qu'Allah les agrée, rapporte: Abou Bakr, qu'Allah l'agrée, revint alors du Sonh (quartier des Bènou Alharith Ibn Alkhazraj au plateau de Médine à un mille de la maison du Prophète, Abou Bakr vint en apprenant la mort du Prophète, voir le début de l'histoire ch6 §2.2 C) sur sa monture et s'arrêta devant la porte de la mosquée. Il vint, affligé et attristé, et demanda la permission d'entrer dans la maison de sa fille Aïcha, qu'Allah l'agrée, et elle l'autorisa à entrer. Il entra, le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, était mort sur son lit et ses femmes étaient autour. Elles voilèrent leurs visages et se cachèrent d'Abou Bakr sauf Aïcha. Il découvrit le visage du Messager d'Allah et se pencha sur lui en l'embrassant et en pleurant. Il dit: «Ce que prétend Ibn Alkhattab est faux (Omar affirmait que le Prophète n'était pas mort, mais qu'il était monté parler avec Allah et qu'il reviendrait C). Le Messager d'Allah, prière et paix sur lui, est bien mort, par celui qui tient mon âme dans sa main! Miséricorde d'Allah sur toi, Ô Messager d'Allah! Tu es si bon, vivant et mort». Puis il le couvrit de son habit et sortit rapidement à la mosquée. Il passa au-dessus des épaules des gens et arriva au minbar (chaire d'où on prononce le discours le vendredi T). En le voyant venir, Omar, qu'Allah l'agrée, s'assit. Abou Bakr se leva à côté du minbar et appela les musulmans. Ils s'assirent et écoutèrent.
Abou Bakr prononça l'attestation de foi et fit une introduction très touchante. Puis il reprit: «Allah puissant et glorieux a annoncé à son Prophète sa mort alors qu'il était vivant et parmi vous, de même qu'il vous a annoncé votre mort. La mort est une vérité et il ne restera aucun parmi vous sauf Allah puissant et glorieux. Allah élevé a dit: [Mouhammed n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés. S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos pas (quitteriez-vous l'Islam C)? Quiconque retourne sur ses pas ne nuira en rien à Allah; et Allah récompensera bientôt les reconnaissants] (3/144).
-Ce verset est dans le Coran?! s'exclama Omar. Par Allah! Je ne savais pas avant ce jour que ce verset avait été révélé (j'étais inconscient de son sens C)!