Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
Sur l’habitude qu’avaient les Compagnons de respecter, d’honorer et d’exalter le Messager d’ALLAH.
Al-qâdî Abû ‘Alî al-Sadafî et Abû Bahr al-Asadî nous ont rapporté (au cours de notre répétition devant eux) d’après une chaîne de transmetteurs qui remonte jusqu’à Ibn Shumassa al-Mahl : ‘Amrû Ibn al-‘Ass nous a raconté un long hadîth où il dit :
« Personne ne m’était plus cher que l’Envoyer d’Allâh et personne n’était à mes yeux plus illustre que lui. C’est si vrai que je ne pouvais pas le dévisager par respect pour lui. Et si on me demandait de le décrire, je ne pouvais le faire parce que j’étais incapable de le fixer de mon regard. »
De même, At-Tirmidhî rapporte d’après Anas que l’ Envoyé d’Allâh rejoignait ses Compagnons parmi les Emigrés et les Ansârs (Auxiliaires) pendant qu’ils étaient assis. Aucun d’eux ne levait son regard vers lui, à l’exception d’Abû Bakr et de ‘Umar qui échangeaient des regards et des sourires avec lui.
De son côté Usâma Ibn Sharîk rapporte ceci : Je suis venu voir le Prophète et j’ai vu ses Compagnons assis autour de lui, complètement immobiles et silencieux.
Et dans un hadîth qui le décrit, il est dit : Lorsqu’il parlait, ceux qui étaient autour de lui baissaient la tête et restaient immobiles et silencieux.
Pour sa part ‘Urwa Ibn Mas‘ûd rapporte, lorsqu’il a été envoyé par la tribu de Quraysh au cours de l’année d’al-Hudaybiyya auprès de l’ Envoyé d’Allâh , ce qu’il a vu comme respect voué par ses Compagnons : « lorsqu’il accomplissait ses ablutions mineures, ils se bousculaient pour recueillir les quelques gouttes d’eau qui restaient ; il se disputaient la salive qu’il crachait pour enduire leur visages et leurs corps ; ils ramassaient chacun de ses cheveux qui tombaient. Par ailleurs, ils s’empressaient dans l’exécution de ses ordres, ils baissaient leurs voix lorsqu’il parlait et ils ne le fixaient pas du regard par respect. »
Lorsque ‘Urwa Ibn Ma‘ûd revint dans la tribu Quraysh, il dit à ses membres : « Ô Gens de Quraysh ! J’ai vu les réceptions en grande pompe de Chosroés, j’ai vu aussi les grandes réceptions de César ainsi que celles du Négus. Par Allâh ! Je n’ai jamais vu un roi devant son peuple comme Muhammad au milieu de ses Compagnons. »
Il a dit dans une autre version : « Je n’ai jamais vu un roi vénéré par sa suite comme l’était Muhammad par ses Compagnons. J’ai vu des gens qui ne l’abandonneront jamais. »
De même, Anas rapporte ce détail : J’ai vu le coiffeur qui coiffait l’Envoyé d’Allâh et ses Compagnons autour de lui ne rataient aucun cheveu qui tombait.
Quant à ‘Uthmân , il a refusé d’accomplir le Tawâf autour de la Ka‘ba malgré la permission de Quraysh, lorsque le Prophète l’a dépêché à la Mecque au cours de l’année d’al-Hudaybiyya. Il a dit : « Je ne le ferai pas tant que l’Envoyé d’Allâh n’accomplira pas lui-même le Tawâf autour de la Maison Sacrée. »
Qayla rapporte un hadîth où elle dit : Lorsque j’ai vu l’Envoyé d’Allâh assis, j’ai tremblé de frayeur. Ceci par crainte et respect pour lui.
Et il est dit dans un hadîth que rapporte al-Mughîra que les Compagnons de l’Envoyé d’Allâh frappaient à sa porte avec le bout de leurs ongles.
Enfin, al-Barrâ’ Ibn ‘Azib disait : Il m’arrivait de vouloir interroger l’Envoyé d’Allâh et d’ajourner cela des mois durant, par crainte et respect pour lui.
[Extrait : Ach-Chifa par al Qadi `Iyad – rahimahoull-Lahu ta`ala]