Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
Ce chapitre est sur la permission de se faire juger par une personne qui n'a pas le statut de juge et sur les paroles des Savants en cas d'absence du juge officiel.
Al Khatabi (Rahimahou Allah) a dit dans « Sharh Sounnan Abi Dawoud » lorsqu'il expliquait le hadith de Al Imara durant le voyage (quand 3 personnes partent en voyage elles doivent désigner un émir) il a dit : ''Le Prophète (Sala Allahou 'Alaihi wa Salam) a ordonné cela afin d'éviter toute divergence entre les voyageurs ainsi que le désaccord. Et ce hadith est une preuve pour dire que si deux personnes ont choisi une tierce personne afin de juger entres elles dans un litige et que ce juge a tranché correctement alors son jugement est valable.''
(Ma'alim As Sounnan, Volume 2 Page 260)
Abou Bakr Ibn Al Moundhir Al Nissabouri (Rahimahou Allah) a dit dans son livre « Al Ijma' » : (Ijma' 254) : ''Il y a consensus des Savants sur la permission qu'une personne juge sans que celle-ci ne soit juge, cependant son jugement doit être permis.''
La signification de sa parole ''juge sans que celle-ci ne soit juge'' signifie, une personne qui n'a pas été nommé juge dans l'Etat Islamique.
La signification de sa parole ''son jugement doit être permis'' veut dire que son jugement doit être dans la limite de ce qui est permis en Islam.
Ibn Qoudama (Rahimahou Allah) a dit dans « Al Moughni » : ''Si deux personnes se jugent chez quelqu'un après leur accord sur la personne qui va juger et si cette personne est capable de juger entre les gens, alors ce jugement est valable et doit être mis en application. Ceci est l'avis de Abou Hanifa, cependant Ach Chafi'i a deux avis sur ce sujet, l'un de ses deux avis ne rend pas valable un jugement pareil car le jugement doit être basé sur l'accord des deux parties concernant la personne du juge en question, et cet accord vient après le jugement.
Abou Chouraih a rapporté que le Prophète (Sala Allahou 'Alaihi wa Salam) lui a dit :
« C'est Allah Le Juge (Al Hakam) alors pourquoi te nomme t-on Abou Al Hakam. Abou Chouraih a répondu : chaque fois qu'il y avait une divergence entre les gens de ma tribu, ils me prenaient comme juge et étaient satisfait de mon jugement par la suite.
Le Prophète (Sala Allahou 'Alaihi wa Salam) a dit : cela est bien ; qui est l'ainé de tes enfants ?
Abou Chouraih répondit : Chouraih
Alors le Prophète (Sala Allahou 'Alaihi wa Salam) lui dit : tu es Abou Chouraih. » (Rapporté par Al-Nassai)
Il a été rapporté aussi que le Prophète (Sala Allahou 'Alaihi wa Salam) a dit : « Celui qui juge entre deux alors qu'ils sont d'accord pour qu'il juge entre eux, cependant celui-ci n'est pas juste, alors il est maudit. »
On tire de ce hadith que si ce jugement n'était pas valable le juge en question n'aurait pas été blâmé. Aussi 'Omar et Obay ont pris Zayd comme juge.
'Omar et un bédouin se sont fait jugés par Chouraih avant la nomination de Chouraih au poste de juge. 'Othman et Talha se sont fait jugés par Joubayr Ibn Mout'am ; et toutes les personnes que nous avons cité n'avaient pas le statut de juge. » (Al-Moughni, Volume 11 Page 483)
Al Mawardi (Rahimahou Allah) a dit : ''Et si deux personnes prennent pour juge une autre personne pour un litige le jugement de ce dernier est valable dans le cas où il n'y a pas de juge dans la région ou même s'il y en a un, car 'Omar Ibn Al Khattab et Oubay Ibn Ka'ab se sont fait jugés par Zayd Ibn Thabit, ainsi que 'Ali qui a accepté de se faire juger pour Al-imama (le statut du gouverneur général en Islam).
Alors se faire juger pour ce qui est moins important que cela doit être permis. Et il y a aussi eu le jugement de 'Abd Ar Rahman Ibn 'Awf dans Al Choura (la consultation pour choisir un gouverneur après la mort de 'Omar).''
(Al Hawi Al Kabir, Volume 16 Page 325)
Al Qadhi Abou Ya'la Al Hanbali a dit dans « Al Hakam Al Sultania » : "Si les habitants d'une ville n'ont pas de juge, et en nomment un, car n'ayant pas d'Imam (gouverneur général), alors cette nomination est valable et le jugement de ce juge doit être mis en application. Par contre, si il y avait eu un Imam, alors cette nomination aurait été vaine."
(Al Hakam Al Sultania, Page 73)
Ibn 'Abidine Al Hanafi a dit : "En l'absence du gouverneur à cause du pouvoir des mécréants, les Musulmans sont dans l'obligation de nommer un gouverneur (Wali) et un Imam pour les prières du Vendredi." Il a aussi dit : "Concernant les territoires qui sont gouvernés par des gouverneurs mécréants, ses habitants Musulmans peuvent accomplir les prières du Vendredi et de Al 'aid et le juge désigné devient officiellement juge après l'accord des Musulmans concernant sa nomination ; cependant ils doivent nommer un gouverneur (Wali) parmi eux."
Il a dit également : "Dans le cas de l'inexistence du sultan (gouverneur général) comme c'est le cas actuellement à Kortouba, les Musulmans doivent désigner un Wali (gouverneur) parmi eux, qui à son tour, doit lui même désigner un juge pour juger entre les Musulmans, ainsi qu'un Imam pour les prières du Vendredi."
(Hachiyat Rad Al Mouhtar 'ala Al Dour Al Moukhtar, Volume 4 Page 307 / Volume 3 Page 253)