Le monothéisme authentique selon la compréhension de nos pieux prédécesseurs.
Par ce conseil général, le Prophète (alayhi salat wa salam) a montré que si le serviteur reconnaît la foi intérieurement et en apparence, puis reste ferme sur ceci dans ses paroles et ses actes, dans ce qu'il fait et délaisse, alors il aura parfait sa situation et restera sur la voie droite. Ainsi, on pourra espérer pour lui qu'il entre parmi ceux dont Allah (subhanahu wa ta'ala) dit :
"Ceux qui disent : Notre Seigneur est Allah, et qui se tiennent sur le droit chemin, les Anges au moment de la mort descendent sur eux [en leur disant] : N'ayez pas peur et ne soyez point affligés, mais réjouissez-vous d'entrer au Paradis qui vous était promis. Nous sommes vos protecteurs dans la vie présente et dans l'au-delà; et vous y aurez ce que vos âmes désireront et ce que vous réclamerez, un lieu d'accueil de la part d'un Pardonneur, Miséricordieux" (S41, V30-32)
De même dans le hadith de Ibn 'Abbâs, lors de la visite d'une délégation de 'Abd Al-Qays au Prophète (alayhi salat wa salam) et qu'ils lui ont demandé : "Commande-nous une parole claire que nous transmettrons aux nôtres et qui nous fera entrer au Paradis". Ils l'interrogèrent également sur les boissons. Il leur ordonna quatre choses et leur en interdit quatre autres : Il leur ordonna la foi en Allah Seul. Il leur dit : "Savez-vous ce qu'est la foi en Allah Seul? - Non, Allah et Son Messager sont plus savants. - Attester qu'il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah et que Muhammad est Son serviteur et messager, accomplir la prière, s'acquitter de la Zakât, jeûner le mois de Ramadan et donner un cinquième du butin ... retenez et transmettez-le aux gens après vous". (Al Boukhari 53, Mouslim 17)
Cela montre également clairement que les oeuvres apparentes de l'islam font partie de la foi, comme la prière, la Zakat, le jeûne et le don du cinquième du butin. Tout cela vient nous expliquer en details ce qu'est la foi, lève toute difficulté et nous montre que la foi englobe les croyances du coeur et les oeuvres du corps. Ainsi, tout ce qui rapproche d'Allah comme parole, acte ou croyance fait partie de la foi.
Abû Umâmah (radhia-llahu anhu) rapporte que le Messager d'Allah (alayhi salat wa salam) a dit : "Celui qui aime pour Allah, déteste pour Allah, donne pour Allah, refuse pour Allah, a certes parfait sa foi". (Abû Dawud 4681, As Sahihah 380)
L'amour et la haine sont [un acte] du coeur et sont intérieurs, alors que le don ou le refus sont [des actes] apparents. Et le Prophète (alayhi salat wa salam) a donné comme condition [à la validité de tous ces actes] la sincérité envers Allah (subhanahu wa ta'ala) qui est l'essence de la foi, son coeur et sa source.
L'amour en Allah consiste à aimer Allah, aimer ce qu'Il aime comme actes, temps, lieu ou situation, et aussi aimer ceux qu'Il aime parmi les prophètes et leurs disciples.
Détester en Allah consiste à détester tout ce qu'Allah déteste parmi la mécréance, la perversité et la désobéissance, et aussi détester tous ceux qui montrent cela ou y appellent.
Le don pour Allah consiste à ce que le serviteur donne tout ce qu'on lui a ordonné de doner, comme dans la parole d'Allah (subhanahu wa ta'ala) :
"Celui qui donne, craint Allah, et croit en la plus belle récompense, Nous lui faciliterons la voie la plus aisée" (S92, V5-7)
Cela englobe tout ce qu'on a ordonné au serviteur de donner, et pas uniquement les biens matériels, qui ne sont qu'une forme de don parmi d'autres. Et à l'inverse il en est de même pour le refus.
C'est par ces quatre choses que le serviteur complète sa foi et sa religion.
Abû Hurayrah (radhia-llahu anhu) rapporte que le Messager d'Allah (alayhi salat wa salam) a dit : "Le croyant est celui dont les gens sont préservés de tout tort en leur sang et leurs biens" (Sahih At-Tirmidhi 2627, An-Nasa'i 5005, As-Sahihah 549)
Cela montre que la véritable foi amène celui qui la possède à preserver le dépôt et lui interdit la traîtrise, si bien que les gens sont apaisés à ses côtés et lui confient ce qu'ils ont de plus précieux : leur sang et leurs biens.
Tous ces Textes exposent le sens de la foi et sa réalité. Et comme l'a dit Al-Hasan et d'autres : "La foi n'est pas espoirs et parures, mais elle est ce qui s'ancre dans le coeur et est attesté par les actes". Ainsi, les actes apparents et intérieurs attestent de la foi et permettent de la réaliser. Comme Allah (subhanahu wa ta'ala) dit :
"Celui qui croit en Allah, Allah guide son coeur" (S64, V11)
Lorsque le serviteur est atteint par une épreuve et qu'il croit qu'elle vient d'Allah (subhanahu wa ta'ala), qu'Il est Sage et Miséricordieux en ce qu'Il prédestine, et qu'Il sait mieux que quiconque où est le bien pour Son serviteur; Allah guide son coeur d'une manière spécifique vers l'agrément, la patience, la soumission et la sérénité. Comme Allah (subhanahu wa ta'ala) dit :
"Ceux qui croient et font de bonnes oeuvres, leur Seigneur les guidera en raison de leur foi". (S10, V9)
Allah (subhanahu wa ta'ala) n'a pas cité ce vers quoi Il guidait, afin que cela inclut la guidée vers tout bien et le délaissement de tout mal, et ce en raison de leur foi.
Ainsi, les oeuvres sont en même temps : partie intégrante de la foi, un fruit de la foi et une implication nécessaire de la foi. Et c'est Allah qui accorde la réussite.
Allah (subhanahu wa ta'ala) dit :
"Et Allah ne veut pas vous faire perdre [la récompense de] vos prières [litt : votre foi], car Allah est Clément et Miséricordieux envers les hommes" (S2, V143)
De nombreux exégètes ont expliqué que la foi ici désignait la prière que les croyants ont effectué [un temps] en direction de Bayt Al Maqdis [en Palestine] avant que cela ne soit abrogé. Ceci car certains sont morts avant le changement de direction vers la Ka'bah, et ainsi certains ont douté de leur sort, et c'est pourquoi Allah (subhanahu wa ta'ala) a révélé ce verset. Ce qui signifie que la prière qu'ils accomplissaient dans cette direction à cette époque n'était qu'une obéissance à Allah et Son Messager, et c'est cela la foi.
Ce verset comprend une bonne annonce qui est qu'Allah (subhanahu wa ta'ala) ne fait pas perdre la foi des croyants, que celle-ci soit importante ou faible, comme cela est rapporté dans le hadith :
"Allah fera sortir de l'Enfer, celui qui aura dans le coeur ne serait-ce que le poids d'un grain de moutarde de foi" (Boukhari 7439, Mouslim 183)
Egalement une bonne annonce pour toute personne accomplissant un acte voulant obéir à Allah et Son Prophète, alors qu'en agissant de la sorte il interprète faussement [un Texte], se trompe ou que cet acte a été abrogé. Car il n'a accompli cet acte que par foi en Allah et en voulant Lui obéir. Mais il s'est trompé dans son interprétation, ou s'est trompé sans interprétation. Son erreur est pardonnée, et son intention et son orientation vers Allah et Son obéissance sont récompensées et préservées par Allah, c'est pourquoi Allah (subhanahu wa ta'ala) dit à propos des croyants :
"Seigneur! Ne nous châtie pas s'il nous arrive d'oublier ou de commetre une erreur" (S2, V286)
Et Allah (subhanahu wa ta'ala) a dit par la bouche de Son Prophète (alayhi salat wa salam) : "Je l'ai fait" (Mouslim 126)
On trouve également ce hadith du Prophète (alayhi salat wa salam) :
"Lorsque le juge fait un effort d'interprétation et qu'il voit juste, il obtient deux récompenses. Et s'il fait un effort d'interprétation et se trompe, il obtient tout de même une récompense et son erreur est pardonnée" (Boukhari 2352, Mouslim 1716)
De même celui qui a l'intention d'accomplir une oeuvre pieuse, s'applique à la réaliser mais en est empêché par la maladie, le voyage, une faiblesse ou autre chose, on lui écrit tout de même la récompense de l'acte qu'il voulait réaliser. Comme il est rapporté du messager d'Allah (alayhi salat wa salam) par Abû Mûsâ :
"Celui qui tombe malade ou voyage, on lui écrit la récompense des actes qu'il accomplissait lorsqu'il était en bonne santé et résident"
Entre dans ce même cadre celui qui est atteint par la vieillesse et ne peut accomplir les actes qu'il avait l'habitude de faire.
La foi augmente et diminue
D'après les preuves du Coran et de la Sunna, on peut dire que la foi est un terme désignant l'ensemble de la Législation islamique, les fondements de la foi, la réalité de la bienfaisance et tout ce que cela implique dans la religion. Plus encore, c'est un terme qui désigne l'ensemble de la religion.
On sait désormais qu'elle peut augmenter ou diminuer, se renforcer ou s'affaiblir, et cette question n'admet acune forme d'ambiguïté, sous quelque forme que ce soit, ni du point de vue religieux, ni du point de vue de la réalité que nous vivons. Ceci, car les Textes du Coran et de la Sunna montrent clairement que le foi augmente et diminue, comme la parole d'Allah (subhanahu wa ta'ala) :
"Afin qu'ils ajoutent foi à leur foi" (S48, V4)
"Certes ceux auxquels l'on disait : “Les gens se sont rassemblés contre vous; craignez-les” - cela accrut leur foi - et ils dirent : “Allah nous suffit; Il est notre meilleur garant”." (S3, V173)
"Et quand une Sourate est révélée, il en est parmi eux qui dit : “Quel est celui d'entre vous dont elle fait croître la foi ? ” Quant aux croyants, elle fait certes croître leur fois, et ils s'en réjouissent" (S9, V124)
Et bien d'autres versets encore.
De même, cela est indiqué par des éléments concrets sous tous les points de vue, les gens ont des degrés très divers dans la connaissance de la foi, ses sciences, le comportement et les oeuvres apparentes et intérieures qu'elle implique, et sous bien d'autres aspects encore.
Les croyants à la foi la plus parfaite ont une connaissance détaillée de la foi, des oeuvres et du comportement qu'elle implique que ne possèdent la plupart des croyants. La plupart d'entre eux n'en ont qu'une connaissance globale et réduite, et leurs oeuvres sont minimes et faibles. La plupart d'entre eux connaissent des contradictions, des ambiguités et des désirs qui viennent affaiblir leur foi et la faire chuter de nombreux degrés. Plus encore, les croyants diffèrent grandement concernant la science qu'ils savent faire partie des sciences de la foi.
L'un d'eux a une science forte, authentique, ne connaissant ni doute ni ambiguïté.
L'autre a une science faible et connaît de nombreuses contradictions qui viennent l'affaiblir plus encore.
De même, les croyants diffèrent grandement sur le comportement qu'implique la foi, concernant la clémence, la patience, les bonnes manières et d'autres choses encore.
De même pour les adorations apparentes comme la prière. Deux personnes accomplissent la même prière. L'une respecte les règles apparentes et intérieures de la prière et adore Allah comme s'il Le voyait, car s'il ne Le voit pas, Allah le voit. L'autre ne prie qu'en apparence alors que son esprit est occupé par autre chose. Il en est de même pour tous les actes d'adoration.
C'est pourquoi les croyants se divisent en trois degrés :
1 - Les précurseurs (As-Sâbiqûn)
2 - Les modérés (Al-Muqtasidûn)
3 - Les injustes (Ad-Dhâlimûn)
Et à l'intérieur de chaque degré, les gens diffèrent les uns par rapport aux autres.
Le serviteur croyant connaîtra des situations et des périodes pendant lesquelles ses oeuvres seront nombreuses et fortes, et parfois cela sera le contraire. Et tout cela vient de l'augmentation et de la diminuation de la foi, de son renforcement ou son affaiblissement.
Les meilleurs hommes de cette communauté, ceux qui portaient toute leur attention sur leur foi, la renouvelaient à chaque instant et s'efforçaient de la faire croître, de la renforcer et de se protéger contre tout ce qui s'y oppose et peut la diminuer. Ils demandaient à Allah (subhanahu wa ta'ala) qu'Il renforce leur foi, qu'Il augmente en sciences, actes et comportement.
Nous demandons à Allah qu'Il augmente notre foi, notre certitude et sérénité dans notre croyance en Lui et qu'Il nous accorde une foi sincère.
Les meilleures créatures d'Allah demandaient et se concurrençaient pour parvenir à la plus grande des certitudes (Haqq Al Yaqîn), après être parvenus à la certitude ('Ilm Al Yaqîn), puis à la certitude visuelle ('Ayn Al Yaqîn). [1] Comme Allah (subhanahu wa ta'ala) dit à propos de Ibrahîm :
"Et quand Abraham dit : “Seigneur ! Montre-moi comment Tu ressuscites les morts”, Allah dit : “Ne crois-tu pas encore ? ” “Si ! dit Abraham; mais que mon cœur soit rassuré”. “Prends donc, dit Allah, quatre oiseaux, apprivoise-les (et coupe-les) puis, sur des monts séparés, mets-en un fragment ensuite appelle-les : ils viendront à toi en toute hâte. Et sache qu'Allah est Puissant et Sage.”" (S2, V260)
"Ainsi avons-Nous montré à Abraham le royaume des cieux et de la terre, afin qu'il fût de ceux qui croient avec conviction" (S6, V75)
Et lorsque les apôtres qui son l'élite des disciples de 'Isâ ont demandé à ce qu'on fasse descendre une Table garnie des délices du Ciel, et que 'Isâ leur reprocha cela, ils dirent :
"Ils dirent : “Nous voulons en manger, rassurer ainsi nos cœurs, savoir que tu nous as réellement dit la vérité et en être parmi les témoins”" (S5, V113)
Ils ont ainsi rappelé leur besoin terrestre et leur besoin dans leur science et leur foi.
[1] Ibn Al Qayyim donne un exemple très facile pour comprendre ces trois degrés dans la certitude : Si je suis au-devant d'une montagne et qu'un homme digne de confiance me dit que de l'autre côté il y a un lac. Je le crois avec fermeté, j'atteints donc le degré de 'Ilm Al Yaqîn, puisque c'est une science ('Ilm) dont il me fait part et à laquelle je crois. Ensuite, je gravis cette montagne et arrivé de l'autre côté, je vois le lac dont il m'a parlé, j'atteints ici le degré de 'Ayn Al Yaqîn puisque je vois de mes yeux ('Ayn) le lac dont il m'a parlé. Enfin, je m'approche de ce lac et plonge ma main dans l'eau atteignant ainsi le plus haut degré de certitude Haqq Al Yaqîn.